‹ Les colonies perdues [microforme]Chapitre 64 sur 88 · ÉGLISE DES PAMPLEMOUSSES · texte numérisé non relu

ÉGLISE DES PAMPLEMOUSSES

de cette mer des Indes où La Bourdonnais et Dupleix portèrent à son orgueil et à sa puissance de si rudes atteintes, et où Pondichéry nous reste, illustrée par tant de héros dont Lally-Tollendal et le bailli de

Suffren furent les derniers et non les moins illustres.

L'Ile-de-France, aujourd'hui l’île Maurice, ne pouvait échapper à la convoitise des Anglais. Cette perle semblait manquer au riche écrin qu'ils avaient conquis, et ils guettaient l'occasion de s'en emparer, sans coup férir. La marine de Louis XVI, qui avait promené, avec tant de gloire, le pavillon français. dans l'Atlantique et dans la mer des Indes, ne permettait pas ces coups de main. Pour les tenter, avec grandes chances de succès, il fallait que notre marine fût détruite, réduite à néant, comme sous l'Empire, après les désastres d’Aboukiretde Trafalgar. En 1810, l'Ile-de-France nous fut enlevée, et cependant, le souvenir des premiers colons y est demeuré si vivace, qu'on y vénère encore le nom français, et qu'on y parle la langue francaise. Mahé de la Bourdonnais y a sa statue, sur la place de Port-Louis, depuis longtemps; et Dupleix n'a pas encore la sienne en France

L'Ile-de-France, ou île Maurice, plus sûre que la Réunion, offre des abris aux navires de commerce et même aux vaisseaux de guerre. Peuplée comme un département français ordinaire, et possédant un climat très doux, à cause surtout des brises de mer, elle compte quatre chuînes de montagnes, qui viennent mourir, en pente douce, jusqu'à la côte même. La plus élevée, le Piton des Neiges, a plus de trois mille mètres de hauteur. La nature orientale y montre toutes ses splendeurs. C'est là, en vue de la capitale Port-Louis, que Bernardin de Saint-Pierre a placé les différentes scènes des touchants récits qui bercèrent notre enfance, et que nous ne relisons pas sans une secrète envie de contempler ces sites et ces

paysages merveilleux, où la poésie semble éclore d'elle-même et qui ont valu, à notre littérature, d’admirables tableaux, et notamment la page suivante

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