‹ Les colonies perdues [microforme]Chapitre 9 sur 88 · VUE DU MISSISSIPI ET DE LA NOUVELLE-ORLÉANS · texte numérisé non relu

VUE DU MISSISSIPI ET DE LA NOUVELLE-ORLÉANS

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diens volontaires. Il fallait lutter continuellement contre les tribus indiennes, qui ne faisaient pas de quartier et qui coupaient en morceaux ou brûlaient à petit feu les Français qui tombaient entre leurs mains. Les Natchez furent écrasés en 1732, puis commençca contre les Chickasas une guerre qui ne dura pas moins de sept ans. Bienville quitta la colonie de la Louisiane en 1740. Les établissements français des bords du Mississipi comptaient alors une population de six mille âmes, dont quinze cents nègres. On y avait fait de vastes plantations de riz, de tabac, d’indigo, de cannes à sucre et de cotonniers. Des relations régulières s'étaient établies entre nos deux grandes colonies américaines, celle qui englobait la vallée du Saint-Laurent et celle qui comprenait toute la vallée du Mississipi. Grâce aux efforts courageux de quelques hommes de cœur, pour la plupart d'origine obscure, tels que les Lassalle, les Champlain, les Bienville, nous avions rangé sous nos lois toutes les contrées qui forment aujourd'hui la Dominion du Canada et la meilleure partie de celles qui composent le magnifique domaine des Etats-Unis.

On éprouve un sentiment d'orgueil, en même temps que de poignante amertume, lorsqu'on jette les yeux sur les cartes de l’époque, qui représentent la configuration de l'Amérique du Nord. A l'Ouest, sur le versant du Pacifique et dans le bassin du golfe du Mexique, les Espagnols possédaient la Floride et le -pays qu'avait conquis Fernand Cortezet qui avait reçu le nom de Nouvelle-Espagne. A l'Est, étaient renfermées dans un espace relativement étroit les colonies anglaises, composées alors de la Géorgie, de la Caroline, de la Virginie, du Maryland, de la Pensylvanie, du

territoire de New-Yorket de l’Acadie, aujourd’hui Nouvelle-Ecosse, que le gouvernement français avait eu la faiblesse de céder à notre rivale d’outre-Manche lors de la paix d'Utrecht: Tout le reste du continent était français. Notre domination s’étendait le long du Mississipi et des grands lacs, des montagnes Rocheuses aux Alleghanis, du golfe du Mexique aux alentours de la baie d'Hudson. Merveilleux patrimoine que le méprisable Louis XV perdit lächement.

Mais c’est au Canada, dans la ville de Québec, qu'était le centre de notre influence commerciale et de notre action militaire. C'est là que notre civilisation était bien assise; c’est là que nos mœurs s'étaient répandues, que nous avions fondé un établissement solide et véritablement florissant. L’immense Louisiane, qui, comme nous l'avons dit plus haut, comprenait les fertiles vallées du Mississipi, du Missouri et de l'Ohio, était comme une annexe du Canada auquel elle se reliait par une ligne de postes militaires. Il y avait seulement quelques milliers de Français dans la Louisiane, et ils étaient pour la plupart agglomérés à la Nouvelle-Orléans et dans les environs. Dans le Canada, la mère-patrie avait envoyé cent mille de ses enfants.

Les colons Anglo-Américains de la Nouvelle-Angleterre voyaient avec dépit la prospérité croissante de leurs voisins les Franco-Canadiens. Rivalités de races, haïines religieuses, intérêts commerciaux en concurrence, tout contribuait à allumer entre les colons anglais et les colons français de sanglants conflits. Malheureusement les premiers avaient sur les seconds l'avantage du nombre. Les colonies anglaises d'Amérique étaient quinze fois plus peuplées

que le Canada. La victoire devait se mettre tôt ou tard du côté des gros bataillons.

C’est en 1754, sur les bords de l'Ohio, que commença cette guerre implacable entre les Anglais et

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