‹ Les colonies portugaises;Chapitre 16 sur 23 · S. VICENTE · texte numérisé non relu

S. VICENTE

L'ile S. Vicente (Saint- Vincent) a une étendue de 5 lieues de l'E. à 0. et une largeur de 3 lieues du N. au S. Elle est bordée de hautes montagnes dont la plus élevée ne dépasse pas 3,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Sur la côte NO. de l'île Saint-Vincent, et ouverte au N., se trouve une baie majestueuse, le meilleur port de tout l'archipel du Cap- Vert, et peut-être de toutes les possessions portugaises. Le bassin du port a une entrée d'une lieue de largeur et une échancrure pouvant abriter 200 navires de tout tonnage. Cette grande baie est située par 16® 54' de lat. N. et 15° 56' de long, occidentale de Lisbonne.

Le sol de Tîle Saint- Vincent ne se prête pas au développemont de l'agriculture; aussi les matières indispensables à la vie y sont-elles importées des autres îles de l'archipel et de la métropole. Cependant on y récolte en abondance de l'orseille et du séné. Le coton et même le tabac pourraient facilement y fournir un bon rev(M)u.

Grâce à son excellent port, (îette île joue un rôle très important comme entrepôt de commerce, et comme point obligé de relâche pour tout bateau à vapeur qui a besoin (le combustible. C'est pourquoi on a étabh à Saint- Vincent de grands dépôts de charbon minéral qui pourvoient à la navigation à vapeur pour l'Amérique et pour l'Afrique.

Le câble transatlantique de Lisbonne à Pernambouc touche à Madère et à Saint-Vincent.

s.mo mu

L île Santo Aiitâo a une étendue de 8 lieues du NO. au SO., et de 4 lieues du N. au S., à son centre, car cette étendue s'amoindrit vers le NE. La superficie de Tîle est évaluée à 240 milles carrés.

Le port le plus fréquenté est Ponta do Sol (Pointe du Soleil), situé par iTi2' de lat. N. et 1601' de long, occidentale de Lisbonne. Le meilleur port est peut-être le Tarrafal (16° 57' de lat. N., et 16** 13' de long, occidentale de Lisbonne).

L'île contient de Teau en abondance, mais qui jusqu'ici a été peu exploitée. Le sol se prête à toute espèce de culture comme celui de Madère ; on y trouve de beaux minerais et des eaux thermales; quant au climat il est assez doux et aussi salubre que celui du Portugal.

Depuis ([uelques années on a essayé dans cette île la plantation du quinquina, lequel y trouve des conditions climatériques assez favorables. Le développement de cette plante serait fort productif pour toute entreprise sérieuse qui exploiterait ce produit médicinal si généralement cherché en Afrique, comiue partout ailleurs.

SAmilJZIA

Llle Santa Luzia (Sainte-Lucie) a une étendue de 2 lieues de l'E. au NO., et une largeur d'une demi lieue au SE., largeur qui s'accroît proportionnellement jusqu'à une lieue au NO. Ponta da Cruz (Pointe de la Croix) est son unique port (16^ 49' de lat. N. et 15° 40' de long, occidentale de Lisbonne).

Cette île est presque abandonnée, et pourtant son sol est assez favorable aux plantations des cotonniers; le gros bétail s'y reproduit et s'y développe très facilement. On y trouve peu de plantations quoique le climat soit assez bon.

Entre les îles Santa Luzia et S. Nicolau sont situés les deux îlots, Branco (Blanc) et Raso (Plat). Lîlot Branco se trouve par 16° 40' de lat. N.. et 15° 30' de long, occidentale de Lisbonne.

Cette petite île a une lieue d'étendue du NO. au SE. et forme un rocher très élevé, tout couvert d'orseille, et peuplé seulement de quelques oiseaux qu'on nomme Cagarrm, On y trouve de l'eau potable.

On débarque à l'îlot Branco suî- une petite plage près

de la Ponta de Sueste (Pointe du Sud-est), située par 16^39' de lat. N., 15'' 30' de long, occidentale de Lisbonpe.

L'îlot Raso a 2 milles de 10. à 1 E, et une demi Ji^ue du N. au S. ; il est situé par IG^ 38' de lat. N. et 15^ 30' de long, occidentale de Lisbonne. On y peut aborder du côté duN.

L'îlot pnxluit du C/Oton, le pignon d'Inde et de la résine de dragonnîer.

fiUINÉE PORTUGAISE

Vers la fin du xvi*' siècle le Portugal possédait encore tout le territoire qui s'étend du Cap-Vert jusqu'à Sierra Leone, comprenant la Sénégambie et une étendue de côtes de 450 milles.

Pendant la domination espagnole le Portugal perdit tout le territoire situé au N. du cap Sainte-Marie, et au S. du cap Verga. Ce qui lui reste aujourd'hui est compris entre 13** 10' et 10^ 20' de lat. N.

La Guinée portugaise se compose de trois municipalités (concelhosj:

Cacheu, 12** T de lat. N. et T 24' de long, occidentale de Lisbonne.

Bissau, ir51' de lat. N. et 6^28' de long, occidentale de Lisbonne.

Bolama, 11^29' de lat. N. et 6*^ 22' de long, occidentale de Lisbonne.

Cette municipalité comprend l'île de Gajlinhas (11° 27' de lat. N. et 6° 38' de long, occidentale de Lisbonne).

Tout le district est assez insalubre, surtout de juin à décembre. Les pluies y commencent vers la fin de mai et durent jusqu'à la fin de septembre.

L'ardeur du soleil et l'humidité des soirées fcaeimbo) sont fort nuisibles à la santé des individus récemment débarqués. Une maladie nommée dans le pays carneirada y lait do nombreux ravages; toutefois ceux qui résistent à ses premières atteintes jouissent, à partii' de ce moment, d'une excellente santé.

Les conditions climatériques de la Guinée portugaise peuvent s'améliorer considérablement au moyen de travaux qui dépendent seulement d'un certain capital et d'un nombre de bras suffisant, et qui se feront un jour grâce au développement croissant du commerce et de l'agriculture. La Guinée portugaise contient 1,38G feux et 6,154 individus, dont 3,507 du sexe masculin et 2,647. du sexe féminin :

Jusqu'à 5 ans ol7

De 5 à 15 1,039

De 15 à 25 1,825

De 25 à 35 1,722

De 35 il 50 862

De 50 à 70 152

Au-dessus de 70 • 37

lesquels pour la naturalité se divisent on individus

individus

Masc.

Fera.

Du pays

De la métropole

Des autres provinces outremarines .

Étrangers

Les municipalités (concelhos) du district de la Guinée se placent dans Tordre suivant, par rapport à leur population:

Bolama 3,731

Cacheu 1,881

Bissau 542

6,154 CACBEI

La municipalité (concelho) de Cacheu se compose de Casa Forte en y comprenant la population des environs du fleuve S. Domingos et celle des présides de Bolor, près de Tem-

bouclmre du même fleuve, de Zeguichor sur la rivière Casamansa, et de Farim dans l'intérieur, sur le territoire des Mandingas. Ces factoreries ont environ 1 mille carré d'étendue chacune.

L'agriculture s'y réduit à la production du riz, de quelques fruits et légumes et à l'élève du bétail. Ce cmcelho fournit une sorte de riz nommé riz de Gambia, qui est très estimé en Europe et qui peut se comparer à celui de la Caroline. Le bétail est de petite taille mais fort gras, les cuirs en sont très demandés par les commerçants de l'Europe et de l'Amérique, autant à cause de leur qualité que de leur prix. La cire, l'ivoire, l'huile de palme ou de Dendé y abondent. L'huile de Cola, excellente pour l'éclairage, possède en outre des qualités médicinales très appréciées par les indigènes, qui l'emploient à la guérison des piqûres des insectes.

On y trouve également du coton blanc en abondance et de l'encens, ainsi que du sel alcalin qui est extrait de certaines plantes aquatiques au moyen de la coclion.

Les ports de Cacheu, de Bolor et de Zeguichor sont bien abrités ; cependant les deux premiers ne donnent accès qu'à des navires ne tirant pas plus de 9 à 40 pieds deau; le troisième ne donne accès qu'à de petites embarcations.

BISSAII

La municipalité (concelho) de Bissau se compose du fort de- S. José dans l'île de Bissau et des présides de Fa et de Geba dans l'intérieur, sur le territoire des Mandinga?.

L'étendue de chacune de ces factoreries est la même à peu près que celle des factoreries de Cacheu; quant à la production, elle est à peu près identique à celle de ce dernier concelïw.

L'île de Bissau a une étendue de 12 milles de l'E. à l'O.

sur 10 milles du N. au S. Le fort Saint- Joseph est presque

entouré par six villages qui sont gouvernés par des chefs

(regUlos) indigènes, dépendants du roi de Jantim.

Le port de Bissau se trouve en face d'un îlot (ilhéu do Rei

ou dos Feiticeiros) d'un mille de longueur sur un demi mille de largeur. De même que Farim et Zeguichor sont les points qui alimentent le commerce de Cacheu, Geba fournit à Bissau les principaux articles de son commerce.

BOLAIA

La municipalité (concelho) de Bolama comprend aussi l'île das Gallinhas (des Poules) dans l'archipel des Bijagoz à l'embouchure du Rio Grande. Sa production est généralement la même que celle des autres districts de la Guinée portugaise, cependant Bolama produit en outre la inancaira, article de très bonne qualité et dont on fait une grande exportation. Les tortues abondent dans les eaux de ces îles, et la pêche en est fort productive.

L'île de Bolama, découverte par les Portugais en i 446, fut cédée an Portugal en 1607 par le roi de Guinala. Une tentative d'occupation de la part des Anglais, et une soi*disant cession qui leur aurait été faite en 1792, ont laissé croire que l'Angleterre avait des droits sur cette île; néanmoins la première cession faite en faveur des Portugais fut ratifiée en 1828. Les Anglais ayant insisté sur la question de leur prétendu droit, un protocole fut signé à Lisbonne le 13 janvier 1868, qui nonmia le Président des États Unis (Mr. Ulyses S. Grant) arbitre entre le Portugal et l'Angleterre. Le 21 avril 1870 la question fut décidée en faveur du Por-

Voici le texte de la sentence de Mr. U. Grant : Ulysses S. Grant, président of the United States to whom it shall concern, greeting.

The functions of Arbiter having been conferred upon the Président of the United States, by virtue of a protocol of a conférence held in Lisbon in the foreignr office, on thirteenth day of January, in the year of Our Lord eighteen hundred and sixty eight, between the minister and secretary of state for foreign affairs of His Most Faithfùl Majesty the King of Portugal, and Her Rritannic Majesty's envoy extraordinary

and mi&ister plenipc^atiary, whereby it was agreed that the respective daims of His Most Faithfui Majesty's Government and of the Government of Her Britannic Majesty, to the island of Bolama on the Western coast of Àfrica, and to a certain portion of territory opposite to that Island on the mainland, shonld be submitted to the arbitration and award of the Président of the United States of America» who siiould^decide thereupon, fmally and without appeal;

«And the written or printed case of the two parties, accompanied by the évidence offered in support of the sattie, having been iaid before the Arbiter wiUiin six months from the date of the said protocol; and a copy of such case and évidence having been commmiicated by each party to the other, through their respective ministers at Washington; and eadi party, after such communication had taken place, havîfig drawn up and laid before the ArMter a second and définitive statement, in reply to the case of the other party so communicated, which said définitive statement were so laid before the Arbiter, and were also mutually communicated in the same manner as aforesaid by each party to the other, witliin six months frcnn ttie date of laying the first statisment before the Arbiter;

And it appearing that neither party desires to apply for any report ot document in the exclusive possession of the other party, which bas been specified or alluded to in any of the cases submitted to the Ait)iter, and that neither party desfaiôs to be heard by counsel or agent in relation to any of tbe matters submitted in this arbitration;

And a person named by the Arbiter for that purpose, acconding to the tenus of the said protocol, having carefully considered each of the said written or printed statements so laid before tiie Arbiter, and the évidence offert in support of each of the same, and each of the said second or defiffltive statements;

And it appearing that the said Island of Bolama, and the said mainland opposite thereto were discovered by a Portuguese navigator in 1446: that long before the year 1792,

a Portuguese seulement was made at Bissau on the river Jeba , which said seulement bas ever since been mantained under Portuguese sovereignty; that in the year 1699, or about that time, a Portuguese settlement was made at Guinala on the Rio Grande, which last named settlement in the year 1778 was a large village, inhabited only by Portuguese, who had been there from father to son for a long time ; that the coast line from Bissau to Guinala, after crossing the river Jeba includes the whole coast on the mainland opposite to the Island of Bolama; that the Island of Bolama is adjacent to the mainland, and so near to it that animais cross at low water ; that in 1752 formai claim was made by Portugal to the Island of Bolama, which claim bas been ever since asserted ; that the island was not inliabited prior to 1792, and was unoccupied, with the exception of a few acres thereof at the west end which were used by a native tribe for the purpose of raising vegetables ; that the British title is derived from an alledged cession by native chiefs in 1792 at which time the sovereignty of Portugal had been established over the mainland, and over the Island of Bolama ; that the Portuguese govemment bas not relinquished its claim, and now occupies the island with a Portuguese settlement of about seven hundred persons ; that attempts bave been made since 1792 to fortify the British claim by further similar cessions from native chiefs ; and that none of the act doue in support of the British title bave been acquiesced in by Portugal ;

And no further elucidation or évidence with regard to any point contained in the statements so laid before the Arbiter beingrequired:

Now, therefore, I, Ulysses S. Grant, Président of the United States, do award and décide that the claims of the govemment of His Most Faithful Majesty the King of Portugal to the Island of Bolama on the Western Coast of Africa, and to a certain portion of territory opposite to this island on the mainland are proved and established.

In testimony whereof, I bave hereunto set my hand, and bave caused the seal of United States to be bereto affixed.

Done in triplicate in the city of Washington on the 2i/^ day of aprii in the year of Our Lord one thousand eight hundred and seventy, and of the independence of the United States of America the ninety fourth.=(L. S.)=f/. S. Grant. =By the Président, Hamilton FisK Secretary of State.

Le gouverneur général du Gap^Vert se rendit à Bolama le 30 septembre, et prit solennellement possession de Tîle le 1®' octobre, en observant toutefois les égards dus aux occupants.

Llle de Bolama a une étendue de 8 milles de l'E. à TO. sur 3 à 4 milles du N. au S. ; sa circonférence est de 8 à 9 lieues, et son port nommé port das Prainhas (des Petites Plages) est excellent (H« 31' de lat. N. et 6^ 23' de long, occidentale de Lisbonne).

L'île est toute couverte de plantations ; on y trouve d'excellents bois de construction; son cHmat est fort salubre.

En outre, Bolama jouit d'un grand mouvement commercial, et la fertilité de son sol lui assure un avenir des plus prospères.

GALLINHAS

L'île des Gallinhas (Poules) donnée par Damiao, roi de Canhabaca, au colonel portugais Joaquiri Antoine de Matos, qui la céda à la couronne du Portugal en 1830 et qui fut acceptée le 14 janvier 1831, a une étendue de 8 milles sur 2 et 5 lieues de circonférence. Elle est aussi fertile que l'île de Bolama, située à deux milles SO. de l'autre côté du canal; elle produit d'excellent bqis, et possède de l'eau en abondance; on y pêche des tortues, et on y récolte de l'ambre. Son meilleur port toutefois n'est accessible qu'à de petites embarcations.

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