PROVINCE D'ANGOLA
La province d'Angola occupe sur la côte occidentale de l'Afrique toute l'étendue comprise entre 5** 12' et 18® de latitude S., et à peu près 21 et 28® de longitude E. de Lisbonne.
Malgré ses droits sur ce vaste territoire, le Portugal n'a pas été à même d'en rendre effective l'occupation.
Cette province se divise en trois districts: Loanda, Benguella et Mossamedes. Chacun de ces districts se divise en municipalités (concelhos), comme il suit:
District de Loanda. — Alto-Dande, Ambaca, Ambriz, Barra de Bengo, Barra de Dande, Calmnbo, Cambambe, Cazengo, Duque de Bragança, Encoge, Golungo-Alto, Icolo et Bengo, Loanda, Libongo, Malange, Massangano, Muxima, Novo-Redondo, Pungo-Andongo, Zenza de Golungo.
District de BengueUa. — Benguella, Caconda, Dombe-Grande, Catumbella, Egypto, Quillengues.
District de Mossamedes. — Bumbo, Huilla, Mossamedes.
Le climat d'Angola est fort changeant ; généralement chaud et humide, surtout le long de la côte ou près des grands fleuves qui traversent la province, il devient plus frais, moins humide et même très salubre dans l'intérieur, à Pungo-an- Dongo, Ambaca, Caconda, Bihé, etc, et sur la côte même à Mossamedes.
D'après la marche du soleil, la température s'élève considérablement pendant les mois de février et d'octobre, le thermomètre marquant alors parfois de 48 à 50® centigrades. Cette chaleur tombe à 36® pendant les mois de décembre et de janvier, et à 27® pendant les mois de juin à septembre.
Les mois de mars et d'avril forment la saison des grandes pluies. C'est vers la fin de cette saison pluvieuse que les maladies endémiques deviennent à Angola plus dangereuses pour les Européens.
La saison la plus favorable à l'acclimatation des étrangers est comprise entre le mois de juin et le mois de septembre. On l'appelle la saison du cacimbo. C'est encore à cette époque qu'ont lieu les récoltes qui sont toujours fort abondantes lorsqu'il est tombé de la pluie en quantité suffisante.
Les étrangers qui veulent se prémunir contre l'influehce délétère du climat de l'Afrique doivent surtout mener une vie sage et régulière et se garantir contre l'humidité très nuisible des nuits.
La province d'Angola produit abondamment le coton, la canîieàsucre, l'indigo, le riz, le café, la noix de coco, la noix d'acajou, l'huile de palme, l'arachide, le blé, la gcanme copale, le ricin, le tabac,, toute espèce de légumes, l'ananas et la bâiiane, des fruits des dijfiférentes contrées de l'Europe, et d'excellentes oranges.
On trouve partout du bois de construction et de menuiserie en grande quantité, ainsi que des matières animales d'un grand usage dans l'industrie et dans les arts.
Le gros bétail y est fort abondant; l'élevage et le développement des races chevalines y trouvent des conditions favorables.
Dans toute la province et spécialement à Benguella on voit une grande variété d'oiseaux au plumage éclatant qui sont fort estimés en Europe.
La pêche est très productive sur toute la côte ainsi que dafis les nombreuses rivières qui traversent le territoire portugais en Afrique et spécialement à Mossamedes, où l'on fait un considérable commerce d'exportation de poisson salé.
L'industrie minière y est encore fort peu développée, quoique la province possède de riches et abondantes mines de charbon, de pétrole, de soufre, de sel, de salpêtre, de cuivre, de fer et même d'or.
La culture du café et dû coton, et la fabrication de ThUile et de l'eau-de-vie de canne, pourraient à elltîs séutes enrichir en peu d'années cette vaste possession portugaise.
Le chef-lieu de la province d'Angda est la ville de Saint- Paul d'Assomption de Loanda, résidence du gouverneur général, et située sur la côte par 8° 48' de latitude S., et 22° 16' de longitude orient, de Lisbonne, vis-à-vis de File (Jui a donné son nom à la ville.
On y voit de bonnes habitations, ainsi que de vastes édifices appartenant à l'État. Le principal défaut de la ville est le manque d'eau que l'on apporte dans de petits bateaux (talaveiras) des rivières Bengo et Dande, pour suppléer aux besoins auxquels ne peuvent suffire les citernes et les puits de la ville et des environs.
Le gouvernement portugais s'est beaucoup occupé d'y porter remède. Il a fait, le 14 novembre 1877, un contrat avec une compagnie pour l'introduction de l'eau de la rivière Bengo dans la capitale de la province. L'eau doit être prise à Tandabondo, à 60 kilomètres de l'embouchure de la rivière, et, conduite par un canal de 70 kilomètres, divisé en quatre sections : 1*'® de Tandabondo à Cabiri, 22 kilomètres de longeur et 10 mètres largeur; 2^ de Cabiri à Funda, 20 kilomètres et 7 mètres; 3^ de Funda à Quifandongo, 18 kilomètres et 5'°,40; 4^ de Quifandongo à Cacuaco, iO kilomètres et 3™,iO. L'entreprise se propose aussi l'irrigation de toute la vallée du Bengo de lun et Tautre côté du canal. La dépense de tous les travaux est estimée à 6,000,000 de francs.
Le port de Loanda est très sûr et bien abrité.
Les gros bâtiments y trouvent un excefient ancrage à un demi mille de l'île de Loanda ; le port de Benguella est moins sûr à cause des vents de SO. jusqu'à ceux du N., lesquels sont toutefois assez doux; à Mossamedes il y a un excellent ancrage pour les gros navires à un quart de mille du rîVàge, au N. de la tour de Tombo.
La ville de Saint-Philippe de Benguella est située par 12° 34' de lat. S. et 22° 28' de long, orientale de Lisbonne.
La ville de Mossamedes est située par 15** 13' de lat. S., et 21** 11' de long, orientale de Lisbonne.
Le dernier recensement de la province d'Angola porte la population à 433,307 individus en y comptant les blancs pour un dixième. Elle se partage ainsi:
District de Loanda 323,064
District de Benguella '. 87,880
District de Mossamedes 22,363
Voici quelques-unes des municipalités les plus peuplées :
« Municipalités
Ambaca
Malange
Cazengo
Golungo Alto
Huilla
Hommes
Femmes
Le mouvement commercial de cette province a doublé dans une période de sept années. De 12,600,000 frs. pour l'importation et l'exportation, par toutes les douanes de la province, en l'année 1867-1868, il a monté jusqu'à 28,200,000 francs en l'année 1873-1874. Cet accroissement s'est ralenti depuis à cause des mauvaises récoltes. Les plus sûres données que nous ayons pour les dernières années se rapportent spécialement à la douane d'Angola et indiquent le suivant mouvement total, importation et exportation:
CD
co Ci O
•f •*" ocT
!>• t>. ao
ï S Se
lO «^ a^
oc
go '^
Se 00
Od t>* «i^
i^ «5 rtj»
S se o
CD rtf çf
Od 2^ »d4
ÇO i^ t^
•J< ao <o
Le frauc valant ISP réis) monnaie portugaise^ le mouvetaeM commercial, dails la Seule douane de Loalida, représente en moyenne 1 1 J0OO,0bO de francs .
Le mouvement daiis laîdousuae de Mossamèdes a été de 1,100,000 francs, bn 1876, et a rapporté 72,000 francs de droits: » »
: [mp^irtati^tii
F»" des navires portugais.
Par des navireg é^angefs.
Valears
Droits
i>irtatiQn
Par des navires portugais Par des navires étrangers
Valenrs
Droit»
Le coton brut, le pèisson'sec, l'eau-de-vie de fîanne à sucre, le bétail et la cird sont les produits qui prenhent la plus ^ande place dans l'etport^ion par Mossamede^
Dans la douane d'Arabriî l'importation a repi^ésenté une valeur de J,600,OOo| franés en 1876, et rex|)ortation a dépassé ce chiffre. ! \ <
Dans la douane deî Benguella le mouvement tonmierciai moyen est représenté:par 1^ chiffre de 7,000,00^ de francs. L'importation y mont^ à uil chiffre i peu près ^gal à celui de rexporta|tion. ! ',
Les produits qui oiccupfent la première place dans l'importation dans les douanes de toute la province sont ceux
qui proviennent de l'industrie européenne, tissus de coton
et de laine, vêtements, chaussure, boissons, instruments e^
i]iiifeliiiiM>ptout*rMd(i^iièy'p(yiiAré/ t^Uiof Manufacturé, etcj
Par mi les produits d'exportation figure nt rhuile de jga^fnel le coton brut, le caoutchouc, la cire, le coco, les cuirs, 10 café, le s gomm es. Tivoire. le tabac en feuille et l'orseillej "Le ^arif en vigueur dani les douanes de Loanda, de Benguella iet de Mossamedës ajéte décrété le 13 Aécewibre 1867, il spédfle 96 articles à rijnporliation ;et 21 à l'exportation, Ceux fui n'y 5ontpa^ désignés payeilt un droit de IS^o ad mlareflfi à Finiçortatiin^ et^de l^o « l'exportation. Il y a des 4roits jdiflféirenti^ts' de 30. 7o pour les articles réexporté^ des dcjuanes de. la i|iétroj)ole, et de 80 ^/tf'pou^ ,çeuît.dë pt*bdu()tion nationàlev impiortés! les uns et le?' autres par des bâtiments portugais. '] * ".'1:! *" *
. Ou rè^kwm» en^^e liaiywettt ,le).Urif car oii.a recotuau ({a'ii était nécessaire dedilHkiuerqttejqiies droits qui, sur certains articles", dépassent 2^ */o d^ leur valeur. ' '
Pour la douàn^'d''AiîiBriK Te décret du 42 novembre ISdO a étabK un çlroit upiqijé de 4 ^/at' ad, valorem à l'importsitiç^iy et a rendu tout-à*-fait libre rexpôrtation. __ .
Le tableau suivant montre le mouvement des navires dans les différents ports de la province on Tannée 1877.
TABLBAU DU MOUVEMENT MAÛTIMEDES
Aegiitre
NiTires entrés
Loaadt
INatuMiaui. .
îlafirp«»àToilw{ .
f Etrangers. .
. . . INationaux. .
Navires à fapeori.
(Etranfrers. .
Tônnag* fin mètrss cubM . .
ForoB (te la nachine (clieva«x)
Bouchos à feu
Équipa^
Malles. . . ;
Passagivs
Si