PROVINCE DE MOZAMBIQUE
ia province portugaise de Mozambique cQmpi^ud jui^e ètandue de plus de tipis cent» lieues sur ]a côt^ oçieipitale d'Afrique, eiBtre 10' 41' et 25' 58' ^ laUt^de$ au^t^ftlj^s, depuis te cap Pelgado jusqu'à la baie de J^ourenço ifi^ifffes. Sa plus grande étendue, de l'est à l'ouei^tp e§t à pe» près de deux cents lieues comprimes entre les bouche^ -du 2!!ambeze et celles du .Zumbo.
^ Le gouverne!»ent général de I4 province e^t éta))li 4ws la ville de Saint-Sébastien, à l'ile de Mçiç^mibiqufe.
Il est divisé m gou^eraenieiiits aubaltarnes4istrij;^liiés dpns les districts deQuelin^ne, ïete, Loiirenço Marques, Çat^pelgado, Safalla, Angoche^ Iiatombane, le préside dp Baisaruto et4a oajpitatoei'ie des Terres Fermes. ;
Dans cette vaste province le climat suibit.de païKjes alt^natives, .cepe^ndant la tepipérature ji^oyesBieannu^llq y, est partout assez élevée.
La saison la plus fraîche commence au mois d'avril et finit au mois d'août. Pendant l'année 1877 le thermomètre a marqué une moyenne de 19**7 au mois de juillet. La saison des pluies commence entre décembre et janvier et se prolonge jusqu'en mars; la chaleur devient presque insupportable lorsque les pluies manquent, ce qui n'est pas fréquent.
La température moyenne du mois de février 1877 a été de 28** cent.
Jadis les Européens étaient, dans toute la province de Mozambique, fort maltraités par le climat dont l'influence les rendait victimes des maladies endémiques. Aujourd'hui les conditions de salubrité s'y sont beaucoup améliorées, soit
naturellement, soit à l'aide de quelques mesures hygiéniques et de l'exécution de différents travaux publics.
Les districts d'Inhambane, de Sofalla, de Tête et des iles du Cap Delgado, se recommandent plus que les autres districts de la province par une atmosphère bien moins chargée d'émanations paludéennes.
Le sol de toute la province est d'une fertilité qui semble prodigieuse, eu égard au peu de soin que l'on apporte à sa culture. On y récolte des céréales et des fruits de toute espèce. Le bétail, la volaille, le gibier et le pcwsson y abondent. Les forêts y sont pleines d'excellents bois de construction, de menuiserie, etc. Les mines d'or, de fer et de houille quoi(Jue nottibreuses n'y sont pas exploitées, faute de capitaux et de compagnies qui sachent les mettre à profit.
Lès cultures que l'expérience recommande comme étant celles qui offrent les plus grands avantages au capital employé sont celles du sésame, du café, du coton, du tabac, de l'indigo et de la canne à sucre.
Le mouvement commercial de toute la province de Mozambique, d'après les chiffres officiels des douanes, est représenté par une moyenne annuelle de 13,000,000 de frs. environ. Le revenu douanier se monte également en moyenne à 1,000,000 de frs.
Pour l'année 1876-1877 ces chiffres se décomposent comme il suit:
CO -^ CO ^^ ÎO Oi
00 ?o r^ o eo
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çg .çb oô o t»»' ej
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^ flQ ço tC ao
Les articles que leur valeur place en tête des listes d'importation par les douanes de Mozambique sont: l'eau-de-vie, les cotonnades, les pioches, les f\isil$, la Terroterie et les Tins. Pour l'exportation ce sont la cire, Tivoire, les fraines oléagineuses, le caoutehouc, les cuirs, les gommes, le maïs, etc.
La fertilité du sol, les nécessités peu nombreuses des indigènes et la chasse à l'éléphant fiyant pour but le conimerce de l'ivoire, sont les caisses qui c(Mitribuei4 le plus à l'état arriéré dans lequel se trduve l'industrie sous tous les rapports.
Le commerce doit naturellement s'en ressentir ; néanmoins H se développe et prqnd chaque jour m certain accroissement entre Mozambicpie et les marc^s de Bombay et de Marseille.
Le mouvement maritime de tous les ports de la province de Mozambique dépasse, en moyenne annuelle, le nond)re de 400 navires, dont âOOde tong cours et tes autres.de cabotage. Parmi les navifes de long cour^, ceux qui poijtent le pavillon anglais sont, ^'après les dèraiers chiffres, les plus nombreux (79 navires jaugeant 30,000 tonneaux à peu prés), viennent ensuite les bâthnents français (72 navires jaugeant 43,000 tonn.). Les nafires portugais sont au nombre de 41, puis viennent les navi^s arabes (19), les navires hollandais (S), et les navires allefiands (6).
Les ports les plus fréquentés par lés navires de long cours et de cabotage sont Mozambique, Lourenço Marques, Ibo et Quelimane.
Pour faciUter le seitvice dBciel -et le service public entre les ports de la province on a fait construire à Londres dans les ateUers «Thames |r(» Works» un bateau ià vapeur, le prince Don Carlos,, d'fne force de 360 chevaux, d'une marche de 9,5 milles à 1 hejire et pouvant recevoir ua chargement supérieur à 250 tonne|ux.
Grâce à un contrat jsignépap le gouv^'i^mant portugais le 2 août 1875, une na^gatio^ r^guliéne m naoyem de bateaux A vapeur sur les fleuvfs Chirent |ai]^>^e 4oit commencer trèsj^rocb»i»ement. .
Le décret du 30 juillel dermer a rendu lUire pour tout ntvire, quelle que aoit sa nationalité» le commerce d'isaporl^tion, d'exportation et de cabotage, entre \e& ports da C^ Delgado, de Mozambique, d'Angoche, de.Quelimane^jdeSofaUa, d'Inhambane et de Lom^enço Marques.
Le. transit des marchandises parla territoire portugais pour les pays limitrophes de la province de Mozambique est à p^e «soumis à un Xaihle droit é^2^/oad mlforem sm* les articles^ non déclarés libres dans le tarjf dont nous parierous plusWn. *
• Le (Ooinmerce maritime, tant national qu'étranger, n'y paie aurwi droit de tonnage, d'ancrage^ etc., il A'^stpcâat non plus obligé de présenter aux douanes des documents coi^sulaires pour Je service spécial des mêmes douanes,
.On dooorde à toute marchandise j)assible des droits àllimpoiPtationi'emmagasinage gratuit .pe9da^t.six.mois9. au bout desquels les liquides doivent payer 1 îibcU (fr. 0,018) par .litre,» et les autres denrées SO réis «r.rO,277) per i^lOO Iwlogrammes. : , ;/ . . .
L'emmagasinage est accordé gratuitement pendant huit jours seulement à tout article non taxé à l'importation.
Le service des douanes a été fort réduit; ainsi le capitaine d'un bâtiment de commerce n'a qu'à présenter à la douane son manifeste en duplicata, désignant le nom et le tonnage du navire, sa nationalité, le port où il a pris son chargement, le nom des expéditeurs et des consignataires, la quantité et la qualité des volumes, de même que leurs marques et numéros.
Le manifeste doit, d'après le règlement, être écrit en portugais, mais il peut l'être en toute autre langue pourv^u que le capitaine en présente la traduction portugaise dans les vingt-quatre heures de son arrivée au port.
Le transport des marchandises d'un port à un autre est permis sans le payement préalable des droits respectifs, lesffuels ne sont exigibles qu'à la sortie définitive des douanes.
Le dépôt des marchandises dans les douanes ne peut dépasser le délai de deux ans au bout desquels elles sont ven-
dues aux enchères; ce qui reste du produit de cette vente, après que les droits de douane ont été perçus, est déposé dans la caisse de la junte des finances, pour être remis aux ayantdroit s'ils le réclament dans les dix ans.
Les droits sont payés à vue s'ils ne dépassent pas 100,000 réis (fr. 585); passé cette somme, leur payement jouit d'un délai de trois mois.
Les marchandises, passibles des droits à l'importation d'après le tarif respectif, sont bonifiées d'une réduction de 50 ^/o sur les dits droits, lorsqu'elles proviennent de l'industrie portugaise ou, lorsque étant de provenance étrangère, elles auront été nationalisées dans les douanes de la métropole.
On ne défend l'importation d'aucune marchandise excepté celle des canons, des livres ou objets contraires à la morale, du billon ne provenant pas des ports portugais, et des articles de contrefaçon de l'industrie nationale.
Voici la traduction des tarifs décrétés le 30 juillet 1877 pour les douanes de la province de Mozambique :
TAKIFA
Tnipo]rta,tioii
Marcluudises ...
Unllés
Taxe rIïs
Sucre en un état quelconque
Kil<>gramme
Huile d'olive • . . .
Litre
Boissons distillées, dulcifiées ou non, en
un état quelconque, de toutes qualités, et dans n'importe quels récipients
Boissons fermentées, de toutes qualités
(excepté le vin), en un état quelcon-
âO
que, et dans n'importe quels récipients
Vin en tonneaux, bouteilles ou damesjeannes
Kilogramme
Thé
Verroterie de toute espèce (perles de ver-
re ou d'autres matières, faux corail,|etc.)
Embarcations neuves, ou en état de na-
viguer, qui passeront sous le pavillon
ad valorem
' portugais
Embcircations jugées incapables de navi-
guer et pour être démolies, qui seront vendues par lots ou séparément, excep-
té les vi\Tes 1
Embarcations jugées incapables de naviguer et pour être démolies, qui seront
reconstruites et prendront le pavillon
national, quels que soient les frais de
reconstruction
Pioches n'ayant pas d'application dans
l'agriculture, appelées cafreaes, landi-
L'une
nas, ou pioches deBeja
Fusils, canons de fusils et revolwers . .
Unité
Harehawllsct
Unités
Taie Réis
Beurre de l'Europe ou de l'Inde ....
Mélasse
Kilogramme
Litre Kilogramme
/ A l'état brut, excepté le fer. .
l Travaillés, y compris le plomb 1 de munition etlestubesqnii
meiaux < . , * .
J ne soient pas en rer, et ex-
ad vdlorm
f cepté les marchandises men-
\ lionnôes aux art. H, 12 et 16 ^ Pistolets et canons de pistolet
Unité '
IS
'Poudre. .
Tabac non manipulé
Kilogramme »
Tabac manipulé en cigares
Tabac manipulé sous toute autre forme .
Tissus de coton, ser- \
rés, lisses, piqués Écni, blanc, y comou tressés, y com- pri s les mouchoirs
pris le coutil et Imprimé, 'teint, en les ouvrages des 1 pièce ou]en fil, id.
mêmes tissus . . /
Tissus de coton, à jour ou transparent, \ comme les mousselines, les dentelles et les tulles; poileux comftie la flanelle
et les couvertures ; veloutés ; peluches : ) ad valorem
matellassés ; autres tissus non désignés l dans les articles précédents et ou\Ta- 1 ges des mômes tissus. ..."..../
Tissus de laine, lin, soie ou quelque autre fil ou mélangés, dans lesquels il entre du coton, quel que soit le fil qui y domine ; et ouvrages des mêmes tissus. . .
Toutes les marchandises non menfîon- '
io»/«
.. ii^
f liibi)es nées dans lo présent tarif )
tf. ."ji
TAUFB
m ml i'^gtg,^^^^„itMàà,MÊàÈà^Ê^M4»àààm^mémÊàÊàÊÊÊ^^^Ê^ÊkmtM
Mtreh^Mlises
Arachide, sésame et autres graines oléagineuses
Orseille
Gommes
Peaux et cuirs
Gomme élastique
Cire . . .
Cauris
Ivoire '
Toutes les autres marchandises non mentionnées dans le présent tarif ....*...
Libres
D'après l'article 59 des préliminaires du tarif décrété le 30 juûlet 1877, le gouverneur général de la province de Mozambique est autorisé, en conseil de gouvernement, à régler et à limiter l'importation des armes à feu et de la poudre en transit pour les pays voisins.
Dernièrement, et dès le commencement de la guerre dans le sud de l'Afrique, le gouvernement portugais a absolument défendu l'entrée de ces articles et a expédié des ordres pour que la surveillance la plus sévère fût exercée au sujet de la contrebande qui en pourrait être faite.
Gomme nous l'avons déjà dit, la ville chef-lieu de la province de Mozambique se trouve dans l'île du même nom, par 15« 01' de latitude S., et 49^ 45' de longitude orientale de Lisbonne.
Elle est assez salubre et a reçu dans les derniers temps des améliorations importantes.
Outre le palais du gouverneur général, ancien collège des jésuites, situé sur une vaste place, on y voit des édifices remarquables tels que la douane, l'hôtel de ville, l'hôpital, les églises de Notre-Dame de l'Assomption et de la Miséricorde, etc.
L'île est défendue par trois forts: celui de Saint-Sébastien, celui de Saint-Laurent et celui de Saint-Antoine. L'eau de source n'y est pas très abondante, mais de nombreuses citernes pourvoient aux besoins de la population.
En face de l'île, sur le continent, dans la presqu'île de Mossuril, on trouve quelques villages qui appartiennent au district de la capitale.
On voit près de ces villages de jolies villas dont l'une appartient au gouverneur général.
La juridiction du district de Mozambique s'arrête aux lagunes d'Impoensia, de Saula-Saula, d'Entemuda et de Mutuamulamba, qui séparent à l'intérieur les domaines de la couronne portugaise de ceux des rois indigènes.
L'on manque de renseignements positifs sur la population de Mozambique, laquelle toutefois est évaluée à 350,000 personnes.
L'instruction y est fort peu répandue. Dans toute la pro- Yince, rÉtat défraye quinze écoles publiques. D'a[M*ès le nombre des élevés ces écoles sont classées de la manière suivante sur une moyenne totale de 400 élèves: écoles pri* maires de Quelimane, 120 élèves; ile de MozamUque, 90; Inhambane, 50; les autres de 20 à 30 élèves.
On voit, d'après ces chiffres, que la soif de l'instmcticm n'est pas ce qui tourmente le plus les indigènes de l'Afrique Orientale.
La ville chef-lieu du district de Quelimane est située par 1 7^ 52' de latitude australe et 46<* 04' de longitude orientale de Lisbonne.
Elle est assez importante, car elle est le centre de tout le commerce du Zambeze; son port est le meilleur de la province après celui de Mozambique.
Le riz abonde dans le district de QueUmane, grâce au terrain qui est fort approprié à ce genre de culture,mais cela aux dépens toutefois de la. salubrité du pays fort compromise par de nombreux marais que l'on n'a pas encore trouvé le moyen de mettre à sec.
On construisait jadis des navires dans le port de Quelimane et l'on y employait de magnifiques bois de construction coupés dans les forêts du district. L'entrée du fleuve Quelimane a une largeur de trois kilomètres à peu près entre la pointe Tangalane au nord et celle du Gavallo Marinho au sud.
Depuis longtemps le besoin d'un remorqueur destiné au service maritime de l'entrée de la rivière Quelimane se faisait sentir. Le 20 janvier dernier est arrivé à Mozambique im remorqueur construit à Marseille, par contrat passé entre le gouvernement portugais et MM. Fabre & Fils, de cette ville. Ce remorqueur a reçu le nom A'Auxiliar. Sa force est de 160 chevaux et sa vitesse dépasse 9 nœuds« Une baleinière de 7"*,50 avec une forte ceinture de liège qui la rend insubmersible, aide le nouveau bateau à vapeur dans le service qu'il doit rendre à la province et spécialement au port de Quelimane.
lu
Sur la même rivière est situé le viUage de Saint-Marçal de Sena, par l?"" 30' de latitade australe et 44"" 46^ de longitude orientale de Lisbonne. Ce village est le cheMieu d'un gou>vemement militaire subalterne. Autour de ee village et sur une étendue de pluâ de 300 lieues on trouve des mines d'or abondantes et faciles à exploiter; malheureusement les tra^ vailleurs et les carpitaux manquent pour une exploitation sérieuse.
La ville de Saint-Thiago Maior est le chef-lieu du district de Tête. Elle est située également sur le Zambeae^ à 600 kâomètres de son entrée, par 46^ 05' de latknâe australe, et 42° 31' de longitude X3rientale de Lisbonne.
Le district de Tête est assez salubre et non mcûns riébe en mines d'or que celui de Sena. On y trouve aussi des mines de houille; cependant on n'exploite régulièrement ni les tmes ni les autres, faute de capitaux et de travailleurs.
Tête est située au milieu d'un vaste gisement de cbarbon minéral qui s'étend depuis Lupatà jusqu'au Zumbo, lequel est entouré de mines de fer d(mt la qualité ne parait pas inférieure à celle du fer de Suède.
Le scrii du district de Tête est fort productif en blé, maïs, tabac, coton, canne à sucre, etc. Le climat de Tête est assez doux.
La juridiction portugaise s'étend aux foires de ZunAo et de Manîca, où l'on fait le commerce avec les peuplades plus ou moins sauvages qui avoisinent le territoire portugais.-
La ftrirë de Zumbo située par 15*» 37' de latitude australe et 39** 35' de longitude orientale de Lisbonne, et aujourd'hui presque abandonnée, est pourtant, par sa positicnl, le potot le mieux adapté au commerce avec l'intérieur; de là on a des communications fluviales dans trds directicms différentes; par TAruangoa avec le Cazembe; par le Zambeze avec rOcêàn, et par le Xafué avec quelques tribus de l'intérieur. On trouve abondamment autour de Zumbo des produits mé*didnaux dont les Cafres dû Zambeze font un grand usage.
La foi^e de Manica, à une distance de 300 kilomètres de Sena, est située à peu près sur 18® 50' de lat. australe et
4*^20' da long, orienlàte die Lisbonne. Près de Maaicaon trouTe d'abondantes mines d'or et d'autres métaux.
Le sol de Manica produit beaucoup de bétail et possède UM V6gétati€e magnifique. On peut eneore y expkntei* ie cristal/ les émeraudes^ les saphirs^ etc.
La ville de Lourenço Marques, chef-h^du distiicfe du mtoi6 nom, est située par 28^ 58' de lat. .australe et 41^35' de long, orientale de Lisboniwî. Le sol de Lourenço Marques est propre à toute espèce de culture, même à celle des produits de l'Europe. Entre autres espèces végétales on y trouve Yincachnle, plante fibreuse dont on tire des âls assez résistants pour le tissage et pour les appareils de pèche. La baiô a une grande étendue et est généralement fort abritée des vents-
Les Anglais ont disputé au Portugal leur droit à la possesr sion de la baie de Lourenço Marques.
Le diflërend a été soumis à l'appréciation de M. lO'I^ésidenl de la R^ublique Française, qui a prononcé l'arrôt suivant:
Nous, Mari^Edme Patrice Maurice de Mac-Mahon, duo de Magenta, maréchal de France, Président de la République Française.
Statuant, en vertu des pouvoirs qui ont été conférés^ au Président de la République Française aux termes du protocole i^gné à Lisbonne le 45 septen^re 187â, par lecpiel le goutemement de Sa Majestë la Reine de la Grande-Bretagne et d'Irlande et celui de Sa Majesté le Roi de Portugal sont ckmvenus de déférer au Président delà République i^an^aise, pour être réglé parhiidéflnitivemmit et saris ^pel, le litige qui est pendant entre eux depuis l'année 4823 au sdjet de la possespion des territoires de Tombe et de Mapfuto et des îles d'Inyack et des Eléphants, situés sur la baie de Delagoa du Lourenzo Marques à la êôte orientale d'Afrique;
Vu les mémoires remis à l'arWtre par les r^résentaùts des deux parties, le 45 septembre 4873 et les contre-piémoires également remis par evm les 44 et iS sept^nbre 4874; ,
Vu les lettres de s. exe. M. TAmbassadeur d'Angleterre et de M. le Ministre de Portugal à Paris, en date du 8 février 1875;
La commission instituée le 10 mars 1873 à l'effet d'étudier les pièces et documents respectivement produits, nous ayant fait part du résultat de son examen ;
Attendu que le litige, tel que l'objet en a été déterminé par les mémoires présentés à l'arbitre et, en dernier lieu, par les lettres ci-dessus citées des représentants à Paris des deux parties, porte sur le droit aux territoires suivants, savoir:
1*' Le territoire de Tembe, borné au nord par le fleuve Espirito Santo ou English River et par la Rivière Lourenzo Marques ou Dundas, à l'ouest par les monts Lebombo, au sud et à l'est par le fleuve Maputo, et de l'embouchure de ce fleuve jusqu'à celle de l'Espirito Santo par le rivage de la baie de Delagoa ou Lourenzo Marques;
2 Le territoire de Maputo, dans lequel sont comprises la presqu'île et l'île d'Inyack, ainsi que l'île des Eléphants, et qui est borné au nord par le rivage de la baie, à l'ouest par le fleuve Maputo, de son embouchure jusqu'au parallèle de 26 degrés 30 minutes de latitude australe, au sud par ce même parallèle et à l'est par la mer ;
Attendu que la baie de Delagoa ou Lourenzo Marques a été découverte au xvi* siècle par les navigateurs portugais et qu'aux xvii* et xvni* le Portugal a occupé divers points sur la côte nord de cette baie et à l'île d'fiiyack dont l'îlot des Éléphants est une dépendance;
Attendu que, depuis la découverte, le Portugal a, en tout temps, revendiqué des droits de souveraineté sur la totalité de la baie et des territoires riverains, ainsi que le droit exclusif d'y faire le commerce; que, de plus, il a appuyé à main armée cette revendication contre les Hollandais, vers 1732, et contre les Autrichiens, en 1781 ;
Attendu que les actes, par lesquels le Portugal a appuyé ses prétentions, n'ont soulevé aucune réclamation de la part du Gouvernement des Provinces-Unies, qu'en 1782 ces prétentions ont été tacitement acceptées par l'Autriche, à la suite
d'explications diplomatiques échangées entre cette Puissance et le Portugal;
Attendu qu'en 1817, l'Angleterre elle-même n'a pas contesté le droit du Portugal, lorsqu'elle a conclu avec le Gouvernement de Sa Majesté Très-Fidèle la convention du 28 juillet pour la répression de la traite; qu'en effet, l'article 12 de cette convention doit être interprété en ce sens qu'il désigne, conmie faisant partie des possessions de la couronne de Portugal la totalité de la baie, à laquelle s'applique indifférenunent l'une ou l'autre des dénominations de Delagoa ou de Lourenzo Marques;
Attendu qu'en 1822, le Gouvernement de Sa Majesté Britannique lorsqu'il chargea le capitaine Owen de la reconnaissance hydrographique de la baie de Delagoa et des rivières qui y ont leur embouchure, l'avait reconunandé aux bons offices du Gouvernement Portugais;
Attendu que, si l'affaiblissement accidentel de l'autorité portugaise dans ces parages a pu, en 1823, induire en erreur le capitaine Owen et lui faire considérer de bonne foi comme réellement indépendants de la couronne de Portugal les chefs indigènes des territoires aujourd'hui contestés, les actes par lui conclus avec ces chefs n'en étaient pas moins contraires aux droits du Portugal;
Attendu que, presque aussitôt après le départ des bâtiments anglais, les chefs indigènes de Tembe et de Maputo ont de nouveau reconnu leur dépendance vis-à-vis des autorités portugaises, attestant ainsi eux-mêmes qu'ils n'avaient pas eu la capacité de contracter;
Attendu que les conventions signées par le capitaine Owen et les chefs indigènes du Tembe et du Maputo, alors même qu'elles auraient été passées entre parties aptes à contracter, seraient aujourd'hui sans effet: l'acte relatif au Tembe stipulant des conditions essentielles qui n'ont pas reçu d'exécution, .et les actes concernant le Maputo conclus pour des périodes de temps déterminées, n'ayant point été renouvelée l'expiration de ces délais;
Par ce& motifs,
Nous avons jugé et décidé que les prétenticms du Gouvernement de Sa Majesté Très-Fidèle sur les territoires de Tembe et de Maputo, sur la presqu'île d'Inyadc, sur les îles d'Inyack et des Éléphants sont dûment prouvées et établies.
Versailles, Je 24 juillet 1875. = (Signé) Maréchal de Mac- Mahon, Duc de Magenta.
La ville dlbo située dans l'île du même nom par 12® 20' de latitude australeet 49** 36' de longitude orientale de Lisbonne, est le chef-lieu du district des îles du Cap Delgado.
L'archipel se compose de vingt-huit îles fort rapprochées les unes des autres. Quelques-unes de ces îles autrefois habitées sont aujourd'hui presque désertes, et pourtant leur climat ainsi que celui du continent voisin est assez bon.
Ces vingt-huit îles se nomment: Ibo, Querimba, Fumbo^ Matemo, Amiea (qui est la plus grande), Macalué ou Mahâto, Quiriba, Namego, Quipaco, Calaluhia, Samucar, Rolas ou Grianvé, Molandulo, Inhate, Mastros, Xanga, Zanga, Minhnge, Timbuza, Ztma, Luamba, Mistunso, Numba, Quia, Conga, Caiamimè, Cungo, Ticoma.
La production principale du district consiste dans la pêche de la tortue et ia récoàte du sésame, de la manne et de l'orseiHe.
L'agriculture y est encore, comme partout ailleurs dans la province africaine, fort arriérée et cependant le sol des îles et du continent se prête à plusieurs cultures d'un produit assez considérable.
L'autorité d'Ibo a sous sa juridi^ttoi ^ur le contin^t les établissements de Mucimba, de Pangane, de Lumbo, de Qttissanga, de Montepes et d'Arimba, outre la colonie d'Européens fondée en l'année 1857 sur la baie de Pemba.
♦Cette baie est située par 12^ B8' de latitude a«fêtrale, et 49® 36' de longitude orientale de FJsbonne. Elle a une étendue de 9 milles marins du nord au sud et de 6 milles de l'est à l'ouest;. on y peut entrer à toute heure, et c'est le meilleur abri qu'il y ait sw toiHe la côte orientale. Le sol de Pemba est très fertile et produit toute espèce de fruits et de végé* taux, grâce à la douceur de son climat.
Fumbo, Pangane et Mocimba sont situas sur la riTÎère Caramacôma m face d'Ibo, Àrimba, Montepes et Quîssan^a. •Apfl^ba eat située par 12® 38' de latitude australe et .^9*^ 48' de longitude arisntale de Lisbonne; son port est abrité. Les eocotiers y prennent un prodigieux développement. On y récoite d'excellentes céréales, des légumes, des fruits, etc.
Montepes est situé sur la rivière du même nom par It^ 42' de latitude australe, et 49** 42' de longitude orientale de Lisbonne. Son port abrite convenaMement les petits navires.
Enfin Quissanga, vis-à-vis hle dlbo, par 12** 24' de latitude australe, et 49** 34' de longitude ori^tale de Lisbonne, est remarquable par sa production et par le dévelo{q)emeïrt qu'y prend l'agriculture et le commerce.
La viHe de Sofalla, premier établissement des Portugais sur la côte orientale de l'Afrique et qui a été longtemps la capitale de la colonie portugaise, est le chef-lieu du district du même nom et se trouve par 20** H' de latitude australe et 43** 48' de longitude orientale de Lisbonne.
Le district de Sofalla est borné au nord par le district de Quelîmane, m sud par celui d'Inhambane, à l'est par des terfeS appartenant aux Gafres et à l'ouest par la mer.
Sofalla est entourée de deux rivières, Cavone et Inharucuary, qui se croisent à Quissanga et forment le port de te tîïle qui est inégalement divisée en deux parties par vax bras du Cavone.
Le port n'est pas toujours très aecessMe et esige de bons Idiotes. Le district de SofaDa abonde en mines d'or et autres, et produit aussi d'excellent blé, des fruits, du bétail, de la voîaiiie, etc. Itest assez ricbe en bois de qualités supérieures ^ï fort estimées (é*)ène, bois de fer, cèdre^ santal). On y f éctH*é abondamment l'orseiile et l'ivoire.
Le chef4ieu du district de Sofalla e^ maintenant dans î'île Chiloane, que les indigènes nomment ShibtUe. Cette tte est ^ôcupée à son centre par une grande lagune-, et séparée du oQittifeent p*r un étroit bras de mer.
Ire district d'Afigt>che a font cfeef-lieù lifte des lies ùa
même nom, autrefois nommée Galdeira. La ville est située sur la Pointe de Parapato, au nord de la rivière d'Angoche, par 16** 15' de latitude S. et 48^ 48' E. de Lisbonne. Quelques-unes des îles d'Angoche sont inhabitées, cependant, comme dans toute rAfri<}ue portugaise, les conditions de développement de ragriculture et du commerce n'y font pas défaut.
La viUe dlnhambane est située sur la rivière du même nom par SS"" 50' de latitude australe, et 44'' 30' de longitude orientale de Lisbonne.
Malgré les quelques marais que l'on y rencontre encore, le climat d'Inhambane est favorable aux Européens. Les naturels y sont doués d'une plus grande activité que sur les autres parties de la côte.
Le port d'Inhambane est assez abrité, mais pour y pénétrer il faut avoir recours à de bons pilotes.
La producti(»i du sol du district d'Inhambane est la même que celle de la grande vallée du Zambeze, en outre on y trouve des fruits des zones tempérées et, entre autres, le raisin.
Inbambane fournit en abondance une espèce de suif végétal ayant plusieurs applications industrielles et que les naturels nomment Mafurra. L'ambre y est fort abondant. On y récolte aussi la salse pareille en très grande quantité.
Le poisson y est excellent et on y pêche aussi des perles.
Les terres d'Uhoca s'étendent depuis la rivière Gavuro qui entre dans la mer par 21^ lO' de latitude australe, jusqu'au cap San Sebastiao par 22^ 6' de latitude australe.
L'archipel de Bazaruto près de la côte se compose des îles Bazaruto, Benguerua, Xegine, Bango et Santa Carolina. Les quatre premières îles forment avec le continent la baie de Bazaruto ou Punga; la dernière occupe le centre de la baie.
Le climat du continent ainsi que celui des îles est très salubre, leur sol est susceptible de toute production agriçole. On n'y « pa^ eqcore découvert <le mines. Le poisson y
est très abondant et la pèche est rindustrie dont s'occupent la plupart des habitants.
On a dK)isi File Santa GaroUna pour chef-lieu de rétablissement portugais; cette île est située par 21* 37' de latitude australe, et 44^ l(y de longitude orientale de Lisbonne.
Excepté quand le vent souffle avec violence du SO., les navires trouvent un bon abri entre Santa Garolina et la terre ferme.
Bazaruto, la plus grande de toutes ces îles, est assez riche à cause de la pèche facUe des perles.
Benguerua est remarquable par la fertilité de son sol.
Les autres îles sont peu importantes; toutefois elles possèdent quelques conditions de développement agricole.