ÉTAT DE L'INDE
Les possessions portugaises dans l'Inde sont comprises entre les lat. N. 8° 05' et 2(r 42', et les long. E. de Lisbonne 86° 44' et 80*^05', c'est-à-dire entre le cap Comorim et le golfe de Guzerate. De tous les immenses domaines du Portugal dans l'Inde il ne nous reste que les établissements de Goa, de Damao et de Diu.
Le gouvernement général de l'État de l'Inde portugaise est établi à Nova Goa sur la rivière Mandovi> par 15^29' de lat. N. et 83® 02' de long. E. de Lisbonne. Les îles de Goa et les presqu'îles de Salsete et Bardez constituent ce que l'on désigne sous le nom à' Anciennes Conquêtes^ lesquelles soat entourées par les NotweUes Conquêtes qui s'étendent du Cap Rama jusqu'à la forteresse de Tifacol. Les Gates séparent à l'E. les possessions portugaises de celles de la Grande-Bretagne, lesquelles touchent aussi au territoire portugais au nord et m sud, leur partie occidentale se trouvant baignée par la mer.
La population de l'État de l'Inde Portugaise est évaluée i 444,617 âmes, ainsi qu'il suit:
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Gomme dans tout llndoustan, la population portugaise de FÉtat de rinde se compose d'une grande variété de races et de castes. La population indigène se divise en trois castes principales : les brahmanes, les charades et les sudras, toutes rivales entre elles, et dont les deux premières se disputent incessamment la suprématie. A la caste des sudras appartiennent les individus qui exercent les plus infimes métiers et que l'on désigne sous les noms de boiazes, ferazes, ftattodeiras et mordangueiros. Le pays est encore habité par des parses, des gugires, des banecmes, et d'autres individus, de races et de religions différentes.
Le climat de l'Inde portugaise est très chaud pendant les naois d-avril, de mai, d'octobre et de novembre; cependant la brise du N. E. rafraîchit l'air et rend la chaleur assez supportable même au soleil. L'hiver conunence vers la fin de mai et dure jusqu'au mois de septembre qui y est le mois le plus agréable de l'année. Pendant les mois de décembre et de janvier on y jouit d'une fraîcheur relative.
A vrai dire il n'y a dans l'Inde portugaise que deux saisons bien caractérisées, l'été, saison pendant laquelle il ne pleut jamais, et l'hiver pendant lequel, au contraire, il pleut très fréquemment.
C'est à l'époque des changements de saison, et surtout au début de l'hiver, que les fièvres intermittentes attaquent les Européens. Pendant les plus fortes pluies (juin à septembre) le thermomètre ne monte pas au-dessus de 31** et descend quelquefois au-dessous de 20" centig. Pendant les autres mois (octobre à mai) la température ordinaire se maintient entre un max. de 34® et un min. de 22® centig. D'après les observations faites à Goa, du l®' juin au 10 novembre 1877, la pluie tombée dans la capitale de l'État de l'Inde Portugaise a marqué mill. 1,755,875, quantité assez inférieure à celle qui y était tombée pendant les années précédentes:
La moyeooe aqwelte est représentée par mill. ^MiAOO.
Le soi de l'Inde qui est très fertile fournit abondammeût dea produits de toute espèce, tant des tropiques que des pays de l'Europe et doiuie d'excellents bois de construction et de nftenuiserie.
L^ sel est l'un des articles les plus importants du commerce de tout l'État. U y a 383 salines en exploitation où sont employées près de 2,000 personnes, La production ordinaire de m^ s^ine$ atteint chaque année environ 300,000 candis, le amdi correspondant à 266 livres anglaises. Le prix du sei varie depuis un minimum de 8 séraphins (8 francs) par cumbo jusqu'à 180 séraphins, prix exceptionnel déterminé par l'irrégularité de la pluie. Le prix moyen a été de 20 séraphins, 6â et 33 re^ectivement aux îles de Goa, à Salsete et à Bardezi 1872-1876.
Le sel lourd que l'on consomme dans le pays est toujours à ban marché, mais le boiada, que l'on exporte à l'étranger représente une valeur plus considérable.
L'expprtation du sel par les douanes de Goa est représentée par les chiffres suivants:
Années
De 1874-72.
fie 1873-74.
De 4874-75.
De 1875-76.
Quantité par mer Candis Cttros
Quantité par terrô
Candis Curos
Des mines fort abotidantes quoique irrégulièrement ex* ploitées fournissent à l'industrie le fer dont elle a besoin. Ces mines occupent plusieurs centaines d'ouvriers.
On pêche facilement des perles dans les eaux de la barfe d^ Mwpugâq. Une exploitation entreprise dans de boimes
ccmditiaefô dcmmmis sans dttetm âoote, tes iti6llteffi*9 résultats.
A Goa on vdt de beaux jardina pteins de fleurs i&digêâes et exotiques où de nombreux oiseaux mt YiVes ôouteH^ tmi etttèQdre leur ramage.
Le bétail e^ géuèraleinent petit et faible. Le buffle y est employé aux travaux de ragricrfture et aux fraosports. La YtgfatfUe y est Vetidue à fort boft marché.
Le port de Goa, cm ï^tftôt cetai tf Aguada, est le seul qtti poisse recevoir de grands natires.' !1 possède tm plfàrë dtl système Argaud, à luiuière catopirique, faisatit 30 tours par heure, et tisiUe de 2t6 lutUes géc^aphiqws. C^ pbare est situé par 16*^ 39' 17" de lat. N. et 73<> 45^ 46" de loùg B. de Ghreen. Le foyer est à 85>âtt mètres au-dessus de la plus haute marée.
D'autres ports demueut aceès à de petits bâtiments comme \e$ patamiirins.
La navigation facile des rivières et des affluents sans uopi-^ bre qui coupent le sol de FÉtat de Flnde aefaitaumoyeftde petits bateaux nommés tônm qui rendent frécpiMtes les eotn^ numications entre les différents points de l'Inde portugslise.
Les vastes forêts qui aj^rtiennent au gouverfienieilt, et qui jadis fbumisaaient du bois pour la construction âesQavires de guerre sont Vime des {urincipalee ridieases de rinde. ^rtugaise.
L'instruetion est assez développée à Goa, relativ8me|it:à d'autres cokHiies portugaises* Outre les écoles primaires dont le mouvement est assez considérable, il y a up lycée où Voà apprend le latin, les langues française, anglaise et mMtithe^ la géographie, la rhétorique et l'histoire ; un institut prcrfes* sibnneletnne école de médecine.
La moyenne des éiffns dans les écoles d'instt'uctioli pri^ maire dQ l'État de l'Inde est de 2,Q0Q environ; de &0Q au lycée national, et de plus de 300 à l'institut professioniîe)^ où l'on apprend les mathématiques élémentaires, la mé(îanique, la physique, la chimie^ récenûmle pKditiqtie, la ocm^ struction, l'agriculture, le dessin, lecotnmercaetlepilolagei
Plusieurs médecins d'une certaine réputation sont sortis de l'école de médecine de Goa, dont les élèves pour la plupart entrent au service officiel de santé dans l'État de l'Inde et dans les autres colonies portugaises.
Malgré sa décadence actuelle, l'État de l'Inde portugaise témoigne encore de la grandeur du Portugal d'autrefois. On y remarque partout des traces de l'étendue de la domina^ tion portugaise en Orient. La ville chef-lieu de l'État contient encore quelques palais, de bonnes constructions tant publiques que particulières, et l'on y trouve presque toutes les conditions de la vie et de la sociabilité européenne.
Le tarif douanier en vigueur dans l'État de l'Inde a été décrété le 12 novembre 1869. On y spécifie 129 articles à l'importation, dont 74 seulement sont passiUes de différents droits, et 1 1 à peine à l'exportation. Tout article non spécifié au tarif de l'exportation est tout-à-fait libre; pour l'importation on taxe à ô^/o ad valorem tout article non indiqué dans le tarif.
Les articles de production nationale ou les articles nationalisés par le paiement des droits de consommation dans les douanes de la métropole sont passibles de 507o à peine des droits payés pour l'importation.
Quoique le tarif en question représente un grand pas dans la voie du progrès économique, il y a cependant lieu d'espérer une réforme plus radicale sous un certain aspect, en même temps qu'un arrangement avec les colonies anglaises voisines au sujet du commerce du sel et touchant les privilèges dont les Portugais jouissent depuis 200 ans d'importer par Surrate des produits du Portugal soumis à un tarif différentiel fort réduit.
Le revenu total des douanes de tout l'État de l'Inde a été de 222,277,435 réis (1,250,000 francs) pendant l'année économique de 1876-1877, dont 650,000 francs pour les droits d'importation, et le reste pour ceux de l'exportation.
Comme on le voit dans le tableau suivant, une diminution d'environ 100,000 francs s'est produite sur le revenu respectif à l'année 1875-1876:
Douanes
Nova Goa,
Betul
Chapord
Doromaroffo.
Sanquelim
Sanjuen]
Tinem
Talpona
Damâo
Diu
Total
P^ciîoi&fiempnf pu i87Q-i877.
Revenv — ré'n
isr^ à iâ7#
ï^es tisons (Je cotop, Je ^bac, I^s boissons, etc. figHr^nt en premier lipu au tableau de l'iroportatiop. Pour l'exportation le sel, \e riz, Yarec, le bois, atP. tienneut la première Place.
Le mouvement des ports de l'État de l'Ipde portugaise, en 187Q» est indiqi)§ dans le tableau suivant:
Navires
Équipages
Passagers.
une.
Bateaux à Toiles. . . j
\Pen4i0
]^ateau3^ i\ yWW • • • • •
Entréw
Sorties
C'est entre les ports de Goa et de Bombay que le mouvement maritime est le plus considérable, tant de navires portugais que de navires anglais.
Damao est située sur la rive gauche de la grande rivière du même nom, par 20^22' de lat. N. et 82M1' de long. E. de Lisbonne. Au N. de la place forte on voit un large quai qui était jadis le plus beau peut-être de tout le Malabar. Sur la rive opposée il y a un village appelé Petit Damâo, où se trouvait anciennement un arsenal dans lequel on construisait des navires de fort tonnage.
Le climat malsain de Damao a obligé un grand nombre des habitants à abandonner cette ville pour d'autres contrées de rinde Portugaise. La vaste province de Praganà ou Nagar-Avelly, riche en bois de tec, en bétail, en gibier, etc., est placée sous la juridiction de Damao.
Diu est une petite île de 6,5 milles de longueur sur 1 ,5 de largeur, située près ût la côte S. de la presqu'île de Guzerate, à 80 lieues de la capitale de l'État de l'Inde Portugaise. La ville de Diu est située par 20^2' de lat. N. et à 80^05' de long. E. de Lisbonne. Une forteresse assez remarquable et la tour de San-Thiago défendent cette ville que le fameux siège du xvi' siècle a rendue à tout jamais célèbre.
Il n'y a pas d'agriculture proprement dite à Diu, on y cultive cependant le riz, le poivre et quelques autres produits. On y fabrique un vin connu sous le nom de vin-juif et qui est extrait du riz et de certaines plantes médicinales.
Diu était jadis renommée pour son industrie du tissage et de la teinturerie. Ces industries n'en ont pas tout-à-fait disparu, cependant elles ne sont plus que l'ombre de ce qu'elles furent autrefois. L'eau de source qui manque à Diu est suppléée par l'eau de la pluie recueillie dans des citernes immenses. On n'y fait plus d'autre commerce que l'importation des produits indispensables à la vie, et l'exportation du poisson, aussi l'industrie principale de Diu est-elle ta pêche et la salaison de ce poisson.