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PROVINCE DE MACAO ET TIMOR

HACAO

La ville de Macao (Santo Nome de Deus de Macao) est située par 22M2' de lat. N. et 122H3' de long. E. de Lisbonne. Macao est une presqu'île faisant partie de la grande île d'Ançam. La ville est défendue par les forts de S. Paulo do Monte, Nossa Senhora da Guia, Santiago da Barra, Bom Parto, D. Maria II et Maoua sur Tisthme, S. Francisco et 1®' décembre.

Le port de Macao ne donne pas accès aux bâtiments de fort tonnage et est très exposé aux vents S. et SO., N. et NE. dont les deux premiers sont surtout dangereux pendant les mois d'août, de septembre et d'octobre.

Le climat de Macao est sain et tempéré. Le thermomètre centigrade n'y monte pas au-dessus de 35^ pendant les mois de la plus grande chaleur, c'est-à-dire de mai à septembre, époque des grandes pluies. Il descend jusqu'à 12? pendant les mois de décembre et de janvier.

La ville de Macao est en graïide partie habitée par une population assez nomade de Chinois. Il est donc difficile de fixer le chiffre de cette population que l'on porte toutefois approximativement à 70,000 âmes. Les Chinois sont très actifs et fort industrieux, et travaillent sans cesse pour amasser quelque fortune.

Une preuve pratique de l'activité des Chinois se trouve dans la réparation presque prodigieuse, en peu de mois, des ruines résultant du grand cyclone du 23 septembre 1874 qui a détruit une énorme quantité d'habitations.

Map^o possède m^ épole de pilotage, quatre pcotes d'ms^

truction primaire, dont deux pour le sexe féminin, mi cours de langue portugaise pour les Chinois et un séminaire où les élèves peuvent choisir entre l'instruction rehgieuse et l'instruction laïque.

La fréquentation de toutes ces écoles pubUques et des écoles particulières, en y comprenant celles des sœurs de charité, est assez faible et prouve le peu d'empressement de la population à s'instruire.

Un décret daté du 20 novembre 1845 a déclaré le commerce de Macao entièrement libre et y a aboli les douanes. Macao était jadis l'entrepôt du conmierce de la Chine avec [l'Europe et l'Amérique; aujourd'hui son commerce, quoique fort réduit, est toutefms assez important en soitiôs, opimn, et huiles. La pèche occupe un grand nombre d'individus a Macao même et dans les petites îles portiigaises nommées îles da Taipa et Clowane.

Le mouvement commercial de Macao, pendant l'année dé 187©-1877 a été de Q,31l,QS8patacas (la patam valant un peu plus de 5 francs), en y comprenant le chiffre de l'importation pour 3,779,804 patacas et celle de l'exportatiofii pour 2,591,884 patacas. L'importation compte en première ligne l'opium, 4,913 caisses 2,854,983 patacas; viennent ensuite les cotonnades, les soieries, le thé brut, les vins d'Europe, etc. Dans l'exportation tes soieries (3,493 caisses, 1,163, 169 ^atacas) et le thé préparé (212,719 caisses, 810 fidi pataeasj tiennent la première place. Le commerce de Macao a lieu principalement avec Honkong, Kanton, Batavia et Goa.

Le commerce a beaucoup souffert de la défense de l'émigration chinoise par le port de Macao; les chiffres attestent une réduction de 50 7o, à peu près, le mouvement commercial, importation et exportation, atteignant en moyenne 10,000,000 de patacas avant l'abolition du trafic des coolies. Macao fournit tous les produits inhérents à sa situation géographique, mais l'agriâdture s'y fait sur une petite échelle, faute de terrain. On y voit cependant de beaux jardins d'agrément et des jardins potagers. Entre autres fruits on y trouve lé leûoia qui est d'un goût extrêmement agréable.

L'industrie de la préparation du thé est assez importante à Macao.

La ville capitale de la colonie portugaise en Chine est plutôt une ville de plaisirs que d'industrie. Ses revenus proviennent principalement de l'exploitation de monopoles, et d'établissements de plaisir, tels que les jeux de Fantan et autres, les théâtres, etc. La ville est très pittoresque et contient d'assez beaux édifices comme le palais du gouvernement, la caserne Saint-François, l'hôpital Saint-Janvier (Januario). L'éclairage s'y fait encore au moyen de pétrole ou d'huile.

La fameuse grotte de Camoes est située au milieu d'une forêt que tout étranger visite à peine arrivé à Macad.

Il y a autour de la ville une route assez large qui ^ert de promenade habituelle aux habitants. A Macao personne n'est inquiété pour motifs de religion, tous les cultes y sont librement exercés sans que l'autorité s'en préoccupe autrement que pour garantir les droits civils de chacun.

Il y avait jadis à Macao un dépôt pour les coolies recrutés en Chine. Ces ouvriers étaient engagés pour les colonies espagnoles et le Pérou, et l'autorité portugaise exerçait une fiscalisation sévère sur leurs contrats. Toutefois le gouvernement portugais voyant que, malgré tous les efforts de ses délégués à Macao, il était impossible d'empêcher les cruautés auxquelles les malheureux Chinois étaient en butte dès qu'ils montaient à bord des navires étrangers, ordonna, le 20 décembre 1873, la suppression complète du trafic à Macao et de l'embarquement des ouvriers dans le port portugais. L'émigration chinoise maintenant défendue dans le port de la colonie portugaise a pris le chemin de Hong-Kong.

TIIOK

L'île de Timor, située par 10" 23' de lat. S. et 132^24' dé long. E. de Lisbonne, a une superficie de 60 Ueues de long sur 18 de large en moyenne.

Timor compte de nombreux ports, dont le meilleur est celui dé Babao qui peut contenir des flottes entièrôâ. Une châtoé

de montagnes orientée à peu près du N. au S. partage lïle en deux provinces qu'on appelle Serviao et Bellos. A l'exception de la côte du sud, où il y a, pour ainsi dire, deux hivers chaque année, on ne connaît à Timor que deux saisons bien définies, Tliiver ou saison des pluies, et Tété; la température y est de 28® à 32* cent, à l'ombre dans les deux saisons, n se produit à Timor un phénomène digne de remarque : les saisons, dans les deux provinces séparées par la chaine de montagnes, sont inverties; tandis qu'il pleut à Serviîo, c'est-à-dire, tandis que l'hiver y règne, à Bellos on est en plein été, et vice-versa.

Le sol de Timor est extrêmement fertile et fournit, presque sans culture, tout ce qui est nécessaire à la vie ; quelques produits même donnent chaque année deux récoltes abondantes.

L'île est couverte de belles forêts produisant d'excellents bois de construction et de menuiserie.

Les mines abondent à Timor et les eaux qui descendent des montagnes charrient des parcelles d'or, de cuivre et de tombac. Le fer, le soufre, le salpêtre, la houille ef le pétrole s'y trouvent aussi. Malheureusement, l'indolence des naturels et le manque de capitaux sont cause que ces richesses ne sont pas mises à profit.

Dans quelques baies de l'île on pêche des perles d'une certaine valeur et des branches de corail. A elle seule, la canelle de Timor, convenablement exploitée, pourrait donner un produit supérieur à tous les calculs ; sa qualité et ses propriétés égalent, si elles ne les surpassent pas, celles de la canelle de Ceylan.

Le sol de l'île convient à la culture de toutes sortes d'épices. On voit dans toute l'île, mais surtout dans sa partie sud, des forêts de cotonniers fournissant un excellent coton que les indigènes travaillent et dont ils font des vêtements qu'ils teignent des couleurs les plus vives et les plus variées.

Le sel y est très abondant; on le récolte sans travail dans un lagon situé à peu de distance de la mer. Les bœufs, les porcs, le^ bufliçs, et des chevaux de petjte tnillç abondept

dans toute Vue. On en fait une grande exportation. Le buffle y est employé aux travaux de l'agriculture.

Il est à remarquer qu'on ne trouve pas à Timor ces botes féroces qui désolent tant d'autres colonies; on y voit cependant plusieurs espèces de chauve-souris d'une énorme envergure, mais ces animaux ne sont aucunement nuisibles.

Le chef-lieu de l'établissement portugais, situé autrefois à Lifau, endroit relativement plus salubre, a été transféré à Dilly dont le port est plus accessible et plus abrité. La ville de Dilly occupe une étendue de 1,500 métrés de longueur sur 500 de largeur ; elle est divisée en rues très larges, bordées d'habitations en bois, couvertes de feuilles et séparées les unes des autres par des jardins peuplés de palmiers, d'orangers et d'autres arbres. Les habitations, malgré leur pauvre apparence, sont assez confortables à l'intérieur. Le palais du gouverneur est placé à 1,500 mètres de la viUe, à Lahane ; on y jouit d'un point de vue admirable.

Le traité signé à Lisbonne le 20 avril 1859, et ratifié le 18 août 1860, a fixé les limites des possessions portugaises et hollandaises dans l'ile de Timor. Ces limites sont, au N., les frontières qui séparent Gova de Juanilo, et au S. celles qui séparent Suai de Lakécune. Ainsi presque toute la province à ro., qui porte l'ancien nom de Serviao appartient aux Hollandais, tandis que l'autre province à l'E., nommée province de Bellos, se trouve sous la domination portugaise.

Une cinquantaine de tribus gouvernées par des chefs indigènes reconnaissent la suprématie du Portugal et lui paient un tribut annuel. Par la corruption du mot Leoray, titre du chef de chaque tribu, on est arrivé à donner à ce chef le titre pompeux de roi (rei)^ d'où il est résulté que ces tribus ont été appelées royaumes.

Nous n'avons point de données certaines sur la population de la partie portugaise de l'île de Timor. On l'évalue en chiffres ronds à plus d'un million d'individus, tant indigènes que portugais et étrangers. L'instruction y est fort peu développée et malgré l'école publique de Dilly défrayée par la colonie, il est rare de rencontrer un indigène sachant lire et écrire.

I^a culture du café et de la canne à sucre, qui y a pris iin certain développement, offre un excellent emploi m capital. 1^8 café de Timor est fort apprécié, et }a canne à sqcre y fournit 4'fiicelteiïts produits.

{4'^^pprtation du café par le port de Dil]y a atteint à peu près le chiffre de 1,000 tonneaux (14,485, pkos 95 cotes) du 16 juin au 30 qptpbre 1877-

L^ topif douanier, décrété le 7 déc^mbre 1869 ppur Timor, egt très simple. On y paye 6 pour cput ad vcUçrem sur tou^ 1#^ produits importés sous un paviJton quejponqjie, excpption faite d^ }a poudre, des fusils, du tabac, du vin, de Teau-devj^ et 4'4utres boissons fermeutées ou distillées qui sont §QUr nûsps à m 4roit de lj5 pour cent» ^^ ^^ l'opium qui paie 40 PQUr Qent.

l\ n'y 4 de prohibition que pour les canons et le billon national ou étranger.

Le gouvernement portugais, accé42tnt à L'invitation du gquv^Remeut des Pays Bas, a défendu dernièrement l'importation ^ Dilly des amaes à feu et de tout matériel de guerre, et a ordopué Hue fiscalisation sévère de la contrebande de ces articles sur la pôte, afin d'éviter les guerres que les indigèlies fout h la colonie hollandaise»

l»'^ WQrtation des produits de Timpr est taxée à 5 pour cent q4 mkirm sous tous le^ pavillop^.

Le commerce est presque exclusivement exercé à DiUy par le§ Chinois venus de Mapao. l^e mouvement du port de Dilly a été en 1876-1877 de plus de lOQ navires, la plupj^rt hpU^udaig, sans compter la navigation de cabotage. D^ius l'espace dp huit mois, pendant la dernière année économique, le ipouve^pent commercial y a atteint i,00O,QQQ de rpupie^, 300,000 pour l'importation ( t plus du double pour l'exportfitipu, et ^ donné à la douane un revenu supérieur à 100,000 fr^ucs.

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