‹ Les colonies portugaises;Chapitre 7 sur 23 · OO M «* O · texte numérisé non relu

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Pour ce qui concerne rorganisation des impôts, les colonies portugaises ne sont pas encore tout-à-fait assimilées à la métropole; ainsi dans l'Inde la dîme créée par la loi du 15 mars 1518 est encore en vigueur; les contributions foncières et industrielles sont perçues dans les quatre provinces africaines d'après les lois du 27 juin 1808 et du 3 juin 1809; à Macao où il y a entière liberté de commerce, les revenus les plus importants sont constitués par l'exploitation de certains monopoles, le Fantcm (jeu chinois), les loteries, etc. ; à Timor le seul revenu un peu important est celui qui provient de la douane.

Les colonies portugaises défrayent toutes leurs dépenses et contribuent proportionnellement à défrayer l'augmentation des charges du ministère de la Marine; augmentation occasionnée par les stations navales dans les ports et sur les côtes de ces mêmes colonies.

La circulation monétaire dans les colonies portugaises est celle qui a été en principe adoptée par la loi du 29 juillet 1854 pour la métropole.

Toutefois des monnaies indigènes d'argent et de cuivre, appelées macutas, de la valeur de 50 réis, circulent encore dans la province d'Angola. A Mozambique on trouve encore quelques monnaies indigènes d'or, appelées barrinhas, qui seront bientôt retirées de la circulation; à Macao et Timor la circulation monétaire est presque exclusivement composée de paèacas d'argent (860 réis)\ dans l'État de l'Inde la monnaie officielle est le séraphin et ses divisions (tangos), la valeur du séraphin a été fixée par le décret du 30 avril 1874 à 200 réis (1 franc à peu près).

Différents décrets (29 décembre 1852, 19 octobre 1853, 20 août 1862) ont autorisé le cours des monnaies étrangères à Mozambique et au Cap-Vert, en attribuant au duro espagnol la valeur de 920 réis et au franc celle de 172 réis. Dans les autres provinces on ne refuse pas, même dans les bureaux officiels, la monniiie étrangère, pourvu qu'elle soit soimiise an titre adopté en Portugal.

Un* Comité Central permanent de Géographie, près le mi-

nitjtère de la Marine et des Colouies, présidé p*r le miuistre respectif, ayant été ci^éé à Lisbonne par Je décret du 47 février 1876, en même temps que se fondait d»ns cette ville mie Société de Géographie indépendante du gouver^nementi l'opi* nion publique se prononça en faveur d'une expédition scientifique dans l'intérieur de l'Afrique. Les publications parues au sujet des travaux du dr. Livingstone et des voyages de M. Stanley vinrent encore fortifier ce projet d'expédition. Le 28 février 1877 le ministre de la marine demanda au corps législatif un crédit de près de 200,000 francs pour les friûs de cette entreprise. Le crédit fut promptement accordé par les certes et la loi du 12 avril suivant autorisa le gouvernement à organiser l'expédition scientiflque projetée. Des ofiiciers de l'armée et de la narine, ainsi que bon nombre d'autres personnes s'offrirent immédiatement à faire partie du voyage. Quelques étrangers, connus dan^ le doHiaiue scientUique, présentèrent également leurs offres. Enfin le décret du 11 mai nonuna pour cette expédition Hermenegildo Carlos de Brito Capello, lieutenant de marine, Alexaadre Alberto da Rocha Serpa Pinto, major d'infanterie, et Roberto Ivens, lieutenant de marine. Ces hommes dévoués à la science quittèrent le Tage le 9 juillet 1877, suivis des souhaits chaleureux de leurs nombreux chefs et camarades, des memlH^es du Comité Central permanent de Géographie, des membres de la Société de Géographie de Lisbonne, etc. Ils arrivèrent à Loanda le 6 août et, étant parvenus non sans peine à réunir les hommes dont ils avaient besoin pour le transport de leurs bagages et de leurs instmi»ents, ils partirent vers ce centre de l'Afrique qu'ils doivent parcourir d'après les instructions du gouvernement et qu'ils auront à traverser pour gagner la colonie portugaise de Mozambique située de l'autre côté du continent africain.

Un explorateur p(Hlugâis, M. Joseph d'Anehietta, parcourt df pais dix ans llntérieur de l'Afrique dans le but de réuiin* une coëectiM de produits zoolc^iques dont plusieurs déjà sont venus enrichir le musée de l'École Polytechnique de Lisbonne.

Pendant quinze ans environ, l6 gouverneaient a rétribué Un exfriôratenr scâecktifique, M. Frederiii^ WelwiUci^) qw devait étudier la flore africaine. Depuis peu de temps, l'Éiwie Pdyteefamqne de Lisbonne est enpo&session de pr^^eu^es coUeotions de produits d'histoire ««tureUe que le gouvernement a dû disputer, devant les tribunaux anglaij^, aux re^ présentants de feu le dr. Welwitsch. La classification de ces produits de la flore d'Angola est en c^ moment confiée à une réunion de naturalistes.

M. le dr. Bocage, professeur de zoologie à l'École Polytechnique de Lisbonne a déjà publié d'importants travaux au sujet de la faune d'Angola, dont l'étude lui a été confiée par le gouvernement le 15 décembre 1873.

On a récemment ordonné aux gouverneurs des provinces portugaises d'Afrique de faire procéder à des études anthropologiques dans les vastes territoires administrés par eux, et on leur a envoyé dans ce but de sérieuses instractions d'après lesquelles ils doivent choisir pour ces travaux des hommes «ptes à remplir les désirs du gouvernement.

Il existe à Lisbonne, près du ministère de la Marine et des Colonies un musée fort curieux où se trouvent réunis les armes et les anciennes divinités des indigènes de l'Afrique, de nombreux produits de leur industrie, et une grande variété Hle spécimens naturels de toutes les colonies portugaises, spécimens qui ont été présentés dans toutes les expositions internationales où ils ont valu des médailles à leurs principaux exposants.

En résumé, les colonies portugaises sont gouvernées constitutionnellement. Les anciens privilèges ont disparu. Il n'y a plus d'esclaves. Tous les citoyens, quelles que soient leur couleur et leur origine, jouissent des mêmes droits. Personne n'est persécuté pour motif de religion, on y tolère même tous les cultes. Le droit de propriété est assuré. L'industrie et le commerce sont libres. La justice est administrée par des tribunaux réguhèrement organisés. La législation libérale de la métropole est toujours appliquée aux provinces portugaises

oulremarines, lesquelles se rapprochent chaque jour davantage de la métropole quant à leur système de vie politique et civile.

Voici maintenant, au sujet des six provinces outremarines portugaises, quelques-uns des détails qui nous ont semblé devoir le phis intéresser le lecteur.

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