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placés les enfants, avaient été mal choisis. Ils n'étaient pas toujours d’une sobriété exemplaire et donnaient de mauvais exemples d'intempérance aux colons. Ils les employaient à des travaux domestiques ou des champs, et la récompense était le plus souvent un petit verre d’alcool..…, parfois plusieurs.
Les enfants occupés une grande partie de la journée par les cultivateurs s'étaient rendus trop indépendants vis-à-vis des surveillantes et échappaient à leur direction. Comme l’œuvre désiraitsurtout exercer une influence morale et religieuse sur les jeunes pupilles, elle résolut de changer de système de placement, et adopta comme modus faciendi la colonie internat.
C'est ainsi qu’en 1901, le comité de l’œuvre des colonies de vacances loua à Raon-l’Etape, à la lisière d’une forêt de sapins, la propriété connue sous le nom de châlet de la Hannotte. Le prix de la location était au débutde 800 fr. Après quelques années, l’œuvre put obtenir une diminution, et ne paya plus que 600 fr. pour la durée du séjour, soit trente-trois Jours.
. Mais le comité eut l’ambition d'avoir une maison à lui. En 1907, en quelques jours fut réunie la somme de 22.000 fr. pour la construction d’un chalet à Laneuveville près de Raon-l'Etape. Ce fut le chalet Joli-Bois, lieu de séjour actuel de la colonie. Il fut inauguré en 1908. Un terrain avoisinant fut également acheté, et le coût total s’éleva à 39.451 fr. 80. Ce chalet est admirablement situé à l’orée d’une forêt de sapins, d’où la vue s'étend au loin. et peut contenir plus de soixante-dix enfants.
Dès lors, l’œuvre fonctionnant dans une demeure à elle, donna les meilleurs résultats, à tout point de ue physique et moral.
Les enfants vivaient là en commun, sous la surveillance
d'une diaconesse très distinguée, Me Ferrand, qui veille à la discipline, en laissant d’ailleurs aux enfants une grande liberté d'action. Elle met tout son dévouement à élever l'âme des enfants qui lui sont confiés, à les rendre meilleurs moralement, pendant que l'air pur des Vosges agit sur Ja santé physique.
Les enfants présentés par leurs parents au Président de l’œuvre sont soumis avant leur départ à un examen médical fait par MM. les Professeurs agrégés Frühinsholz et Georges Gross. Sont écartés tous les enfants présentant des symptômes de maladies contagieuses, ou ceux dont l’état général est trop faible et nécessiterait des soins particuliers. Les jeunes colons sont pesés avant le départ pour la colonie et à leur retour : et la balance donne, lors de la deuxième pesée, une augmentation de poids notable: : en moyenne quinze cents grammes.
L'œuvre vit par des dons de personnes généreuses : les enfants sont admis gratuitement. Ils n’ont qu'à fournir un trousseau en bon état.
Les peuples heureux n’ont pas d'histoire : cette maxime s'applique à l’œuvre dont nous faisons l'exposé.
Nous donnons ci-après, le relevé du nombre des enfants envoyés chaque année dans les Vosges et les budgets de chacune de ces années. Ce tableau nous a été communiqué très obligeamment par M. le Pasteur Cleisz, président de l'œuvre. Il donnera une idée exacte de la situation de la colonie et de ses progrès successifs.
M l'OL.