VOYAGE
Le départ est proche, les enfants se pressent à la gare, arrivés bien longtemps avant l'heure du rendez-vous. C'est d’une oreille distraite, qu'ils écoutent les dernières recommandations des parents. La joie est sur les visages de ces bambins pâles, amaïgris, qui vont demander la santé au grand air ensoleillé de la campagne.
La Compagnie des chemins de fer de l'Est, toujours prête à donner son large concours à toutes les œuvres philanthropiques qui s'adressent à elle, accorde très généreusement à toutes nos œuvres lorraines une réduction considérable, 66 °/, sur le prix du parcours. Elle facilite de plus le trajet, en évitant tout transbordement des . enfants en cours de route, en particulier pour l’œuvre meusienne. Elle réserve de grands wagons à couloir pour le voyage des jeunes colons.
Ceux-ci sont accompagnés par les personnes chargées de veiller sur eux pendant toute la durée de la colonie. Certains présidents d'œuvres, entr'autres M. le Docteur Ficatier, de l’œuvre meusienne, poussent le dévouement jusqu’à accompagner le convoi et à s'assurer par euxmêmes, si tout se passe normalement.
Beaucoup d'enfants n'ont jamais quitté la maison paler-
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nelle, c'est un spectacle tout nouveau pour eux que celui de ces paysages se déroulant devant eux, comme des tableaux de cinématographe (c'est là leur réflexion naïve |)...
Mais le train approche de la gare destinatrice, c’est un remue-ménage sans pareil dans le wagon, on se précipite aux portières, et quand la machine s'arrête, ce sont des cris joyeux, qui sortent de leurs jeunes poitrines, saluant le pays hospitalier qui va les recevoir.