COLONIE A PLACEMENT FAMILIAL
C'est une colonie, où les enfants sont répartis dans un village bien situé, dans un pays salubre, parmi des familles de cultivateurs aisés, présentant des qualités moralessuffisantes pour recevoir les jeunes pupillesde l’œuvre.
Le premier point qui retient notre attention est la désignation de cette localité. Nos œuvres lorraines ont toutes fait des choix excellents, et que ce soit à Xonrupt, à Celles-sur-Plaine, ou à Vagney, c’est le même bon air vivifiant des Vosges que l'on respire, dans des conditions de climat très favorable. Nos œuvres se sont d’ailleurs tellement bien trouvées d’un premier séjour dans ces jolis villages, que, régulièrement chaque année, elles y renvoient leurs colons. Il n’est pas à dire pour cela qu’elles le font sans s'inquiéter de l’état sanitaire de la commune, au moment où elles se proposent d’y faire séjourner les jeunes colons. Les Présidents des œuvres s’entourent chaque année de tous les renseignements désirables, et demandent quelques semaines avant le départ fixé, aux personnes compétentes, docteurs ou maires généralement, s’il n'y a pas d’épidémie régnante alors dans la localité. Nous extrayons, à titre d'exemple, le passage suivant emprunté à une lettre écrite en 1910 par M. le Docteur Briffaut, de Gérardmer à M. le Docteur Ficatier et concernant l'envoi de la colonie meusienne à Xonrupt.
« L'état sanitaire de Xonrupt est très satisfaisant, aucun cas suspect à signaler, elil y a lieu de n'avoir aucune appréhension à y mettre les enfants.cette année encore. »
Une autre question maintenant à envisager est le choix des parents nourriciers. On désigne ainsi sous ce nom les braves gens de ces villages des Vosges, qui veulent bien se charger de donner le logement et la nourriture aux jeunes colons pendant toute la durée du séjour. Ordinairement, ils sont désignés par l’instituteur du lieu, qui connaît bien toutes les familles, et sait chez qui l’on peut placer en toute confiance les jeunes citadins.
Là encore, les Présidents de nos œuvres lorraines à placement familial s'entourent de toutes les garanties désirables. Résolument on écarte du choix, toutes les personnes qui vendent de l'alcool ou ont une réputation de buveurs incorrigibles, de même celles chez qui les préceptes les plus élémentaires d'hygiène ne sont pas observés. Ordinairement, les enfants se trouvent tellement bien chez leurs hôtes, ils y sont tellement gâtés qu’ils demandent à retourner chez eux l’année suivante, quand ils sont encore admis à la colonie.
Il est fait aux parents nourriciers certaines recommandations qu'ils sont obligés de suivre, s'ils veulent continuer à recevoir des colons.
On leur demande de tenir les enfants très proprement ct de veiller à ce que les enfants se lavent avec le plus grand soin chaque matin. On exige aussi d'eux qu'ils ne fassent pas coucher plus de deux enfants dans le même lit, et qu'ils mettent les enfants de même sexe dans la même chambre. :
Quaud les enfants sont levés, la chambre où ils ont couché doit être largement aérée, le lit défait et les draps mis à l'air une grande partie de la matinée. Les parents
AU Mr see
nourriciers ne doivent pas donner de vin pur aux enfants, à plus forte raison d'alcool ou de liqueurs, peu de café aussi. Il est bien entendu également que les jeunes colons ne seront pas astreints à travailler et ne pourront pas être occupés à porter de lourdes charges ni à remplir le rôle de petits bergers, de peur d'accidents pouvant entraîner de graves infirmités.
Enfin, il est demandé aux parents nourriciers de signaler immédiatement aux surveillants ou surveillantes de la colonie tout enfant qui se conduirait mal et qui serait une cause de mauvais exemples continuels pour ses petits camarades. Après une première admonestation sévère, l’enfant est renvoyé à la maison paternelle à ses frais, si le mauvais caractère persiste et si le scandale continue.
Monsieur le Docteur Ficatier, dans un très intéressant article publié dans « Gérardmer-Saison »(l’excellente revue due à l'initiative de Monsieur Géhin, le distingué Directeur de l’école supérieure de garcons de Gérardmer), Monsieur le Docteur Ficatier, dis-je, écrit ainsi ses impressions, lors d’une visite faite à la colonie meusienne à Xonrupt : « Les enfants reçoivent de la part des familles vosgiennes, les soins les plus intelligents et les plus affectueux. J'ai visité presque toutes les demeures qui abritent nos chers protégés et je suis revenu ravi. Partout, j'ai trouvé le logis propre et gai, les hôtes aimables, bons et serviables. On ne saurait trop vanter les grandes qualités de ces braves gens; pendant cinq semaines, ils deviennent ainsi les parents adoptifs de nos pupilles qui les aiment sincèrement et ne les oublient pas de retour au pays natal. Quant à la Directrice de la colonie, Mademoiselle Chailly, institutrice à Xourupt, comment dire toute son affectueuse sollicitude pour nos