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la nécessité d’une durée assez longue du séjour en plein air.
Nos œuvres de colonies lorraines cherchent à garder le plus longtemps possible leurs jeunes clients : c'esi souvent la terrible question financière qui intervient pour limiter la durée du séjour.
Un des maîtres en la matière de colonies scolaires, Monsieur le Pasteur Comte exprime, pour cette question de durée, une opinion très catégorique : « Dans les premiers jours, de sa vie de colon, l'enfant ne profite pas ou peu. Îl traverse la période de l'adaptation au milieu, il a de la peine à s’habituer à la nourriture lactée. Le pain bis lui répugne... Ce n'est que däns la deuxième période de son séjour, que les forces reviennent à l’enfant, que ses joues se remplissent, que ses muscles se fortifient, et c'est précisément le moment qu'on choisit pour le ramener à la mansarde, où il étouffe, dans la chambre étroite et surchauffée où 1l peut à peine respirer... Rendre après trois semaines de vacances, l’enfant à sa famille, c’est illogique et: cruel, parce qu'on ne fait qu'ébaucher un semblant de traitement et qu'on enlève ces pauvres petits êtres aux plaisirs des champs... »
Monsieur le Pasteur Comte a adopté pour l’œuvre qu'il a fondée en 1892, à St-Etienne : l'œuvre des enfants à la Montagne, il a adopté, dis-je, quarante-cinq jours comme durée de séjour de la colonie.
Sans aller peut-être jusque-là, tout en reconnaissant pourtant qu'une durée convenable est nécessaire, si l'on veut obtenir un bénéfice appréciable au point de vue santé, et que les résultats acquis sont en rapport direct avec le nombre de journées passées à la campagne, nous dirons, en nous appuyant sur les exemples que nous avons sous les yeux et donnés par nos œuvres lorraines, que l'on
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peut admettre très bien une durée minima de trois semaines, mais que descendre au-dessous de cette limite, serait s'exposer à des mécomptes certains. Cela serait réduire la colonie de vacances au rôle de voyages scolaires. Nous ne voulons pas médire de cette dernière institution, nous nous rappelons encore le célèbre « voyage en zigzag », dont la lecture a charmé notre enfance ; mais nous estimons que cette création a un caractère bien spécial et tout différent du but poursuivi par les œuvres de colonies de vacances : dans un cas, on recherche surtout l'’amélioration intellectuelle du jeune écolier, dans l’autre, au contraire, c'est plutôt son amélioration physique que l’on a en vue, associée naturellement aussi avec la précédente.
En règle générale, c'est au mois d'août que fonctionnent nos colonies de vacances. Les journées sont chaudes, mais déjà sans excès, rarement pluvieuses ; c'est le moment où la campagne est encore belle de ses moissons dorées et de la verdure de ses prés. Les soirées ne sont pas encore fraîches, et le magnifique firmament constellé d'étoiles, à la fin d’une de ces journées d’un été déjà au déclin, fait rèver les enfants contemplant tous ces mondes inconnus, si lointains, à l’immensité de la nature, en face de laquelle la créature humaine est bien peu de choses: un misérable atome perdu dans l'infini!
Voici quelles sont les durées du séjour à la campagne adoptées par nos œuvres lorraines:
Colonie protestante : 33 jours.
Colonie Le Monuier : 30 jours.
Colonie israélite : 37 jours.
Meurthe-et-Moselle { Colonie municipale: 30 jours, puis 22 jours.
Colonie Berger-Levrault : 33 jours.
| Colonie de Sion : 22 jours.
Meuse: (OEuvre Meusienne : 35 jours.
Vosges : OEuvre Vosgienne : 30 jours.
Mais le séjour à la colonie est sur le point de prendre fin. Une dernière fois encore, on regarde la maison hospitalière, avec la grande cour de ferme, où l’on a été si heureux. On dit adieu, le cœur gros, à tous ces lieux familiers, où l'on à passé de si bonnes vacances et où l’on a pris des forces nouvelles.
Rentrés dans leur famille, à la ville, nos colons parleront longtemps de leur agréable séjour à la campagne: il sera un souvenir durable pour eux et ils garderont une profonde reconnaissance à toutes les personnes charitables, dont l'obole généreuse leur a permis de retrouver la santé et leur a procuré aussi tant de joie: éclair de bonheur d'un jour dans leur triste vie de brume de futurs ouvriers de la ville!
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