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CE QUE PENSENT LES COLONS ET LEURS PARENTS DES RÉSULTATS

Nous laissons la parole aux intéressés eux-mêmes avec ces quelques lettres touchantes de naïveté, qui sont bien le reflet de leur âme enfantine. Le style et l'orthographe n'en sont peut-être pas très orthodoxes, mais elles ont le mérite de

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la bonne foi et de la sincérité. En parlant de semblables lettres, un conférencier éminent doublé d'un chroniqueur distingué, disait : « Ne vous scandalisez pas de cette orthographe, c’est un effet du plein air et du lyrisme. M. de Lamartine et tous les grands lyriques ont toujours professé pour l'orthographe vulgaire un dédain qui était un des signes de leur inspiration »

Ces lettres nous ont été communiquées très obligeamment par M. le Docteur Ficatier, président de l’œuvre meusienne, et auquel elles étaient adressées:

R. G.-écrit :

« Je suis tellement heureuse dans cette bonne maison que vous m'avez placée, que je viens vous remercier de tout mon cœur, puis aussi de m'avoir accepté pour venir dans ces beaux pays ; je vous aimerez toujours beaucoup et puis quand je reviendrais, en allant vous montrer comme je suis plus grasse, je vous direz comme j'étais bien, et les bontés que toutes ses bonnes personnes ont pour moi; encore une fois un bien gros mercie. Je vous embrasse bien fort. Une petite fille reconnaissante. »

Une autre, L. C., s'exprime ainsi :

« Je vous écris ces quelques mots pour vous remercier d’avoir bien voulu m'envoyer dans les Vosges, car je me sens bien, je suis chez de très bonnes personnes, je mange bien mieux que chez nous. Nous sommes allées nous promener dans la montagne, avec la maitresse d'école de Xonrupt, elle est très bonne pour nous. Nous avons été voir le lac de Longemer, il est très beau. Enfin nous sommes très bien et nous espérons en garder un très bon souvenir. Je ne trouve plus rien à vous dire pour le moment, qu’à vous remercier et vous présenter mes hommages les plus sincères. —P. S. : j'avais oublié de vous dire que j'avais été pesée et que j'ai augmentée de 3 livres. »

Une autre enfin, T. S., écrit :

«Je vous écris ces quelques mots pour vous remercier de tous les biens que nous avons en ce moment, on s'amuse bien, on

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Joue beaucoup, on se promène, le dimanche, on va à la messe, l'après-midi on va promener dans les sapins. Les autres jours on va aux brimbelles l’avant-midi, et l’après-midi on va promener avec Mademoiselle C .. Nous prenons le goûter, et nous rentrons vers 6 heures. Madame T... va tirer le lait, elle nous en fait cuire et nous mangeons de la soupe aux choux, et puis nous allons nous coucher. Quand il pleut comme aujourd’hui, nous jJouons au jeu de l’oie et nous chantons ensemble avec Henriette, Germaine, Suzanne, on rigole beaucoup. Je termine ma lettre en vous embrassant de tout mon cœur. »

Voici encore une autre lettre, cette fois écrite par un père de famille, à M. Le Monnier, président d’une œuvre de colonies scolaires de Nancy :

« Je profite de la rentrée des écoles, pour vous remercier avec un réel plaisir des soins que vous avez donnés à mon fils, qui ont contribué à fortifier sa santé et sa constitution délicate. En effet, je le regarde, et lui trouve une figure bien remplie et un air hardi que la santé donne ; tel un petit coq qui se redresse sur ses ergots. Je suis fier de venir remercier par votre intermédiaire les personnes qui ont contribué au développement de cette œuvre et surtout les fondateurs, dignes émules de Raspail. Les pères de famille vous aimeront et ne vous oublieront pas. »

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