ÉCOLES DE PLEIN AIR
Il y a longtemps déjà, un de nos ministres de l’Instrucüon publique, à l'esprit poétique, mais qui était en même temps un sage, avait fait paraître une circulaire invitant les Instituteurs et les Institutrices à faire souvent leurs classes en plein air, pendant la saison d'été.
On quittait avec joie l'école maussade et bien triste dans son cadre austère, pour aller s'asseoir sur le vert gazon à l'ombre de grands arbres.
Tel l’enseignement des philosophes de l’ancienne Grèce ! Cette bien heureuse circulaire, nous ne savons pas jusqu'à quel point elle a été appliquée. Est-elle restée dans les cartons de quelques bureaux! Ou s'est-elle envolée pour le pays des chimères, à la chute des feuilles ? Mystère !
Toujours est-il qu'actuellement en France, nous n'avons en tout et pour tout que deux écoles de plein air organisées par les municipalités de Lyon et de Rouen.
Chez notre voisine de l’Est, ces écoles au grand air, ou écoles de la forêt, fonctionnent avec beaucoup de succès à Charlottenbourg, Mulhouse, Munich, Gladbuch, Leipzig.
Il serait à souhaiter que pour une fois ces articles de : fabrication étrangère s'importent chez nous, et que l'Ecole de Mulhouse, entr'autres, soit prise comme exemple par notre Lorraine.
Cette « Ecole de la forêt » se trouve au milieu d'une immense propriété au lieu dit « l'Ermitage », aux environs de la ville. Les enfants, cent en moyenne, y sont amenés par le tramway. Il y a là des salles de classe, réfectoire, cuisines, salles de bains. Le jardin est divisé en platesbandés, cultivées chacune par les enfants entre les heures de classe. Dans ce même jardin, sont placées des chaises longues, où obligatoirement les enfants font la sieste de deux heures à quatre heures. Les jeunes écoliers repartent le soir par le tramway dans leurs familles. — La journée d’enfant coûte environ 0 fr. 70 à la Direction de l'Ecole.
L'idéal serait d’avoir dans chaque ville, deux sortes d’Ecole, des écoles de plein air en été de mars à novembre et des écoles d'hiver à la ville.
Cette création exigerait sans doute de lourds sacrifices pour les finances de nos villes. — Si les ressources budgétaires ne permettent pas de tenter ces essais sur une grande échelle, on pourrait tout au moins pour commencer n'édifier qu’une de ces écoles de plein air pour chaque grand centre urbain. Ÿ seraient admis les enfants de la ville, qui, par leur état général, auraient le plus besoin immédiatement de faire une cure d'air prolongée. En se plaçant sur le terrain pédagogique, nous avons déjà fait remarquer que ces enfants maladifs sont tous des retardalaires au point de vue de l'instruction générale. Tous réunis, ils pourraient recevoir là un enseignement spécial qui conviendrait mieux au développement de leur intelligence. [ls seraient mieux suivis, qu'étant isolés