CONCLUSION
Arrivé au terme de ce modeste travail, c'est une pensée consolante qui nous vient à l’esprit et que nous voudrions faire partager , plus de 900 enfants répartis dans nos différentes œuvres lorraines profitent à chaque vacance des bienfaits d'un séjour dans les Vosges. Ils reviennent à la maison paternelle avec une fraîcheur de sentiments et une force morale qui n’a d’égal que l’accroissement des forces de leur corps.
Est-ce suffisant, quant au nombre de ces enfants ? Nous avons foi en l'avenir, nous espérons fermement voir prendre chaque année une extension nouvelle à chacune de nos œuvres lorraines.
Que des appels pressantssoient adressés au public, qu'on lui fasse comprendre que dans la lutte ouverte contre la tuberculose, les colonies scolaires de vacances constituent la première ligne de défense contre le formidable ennemi, que c’est elle la plus forte et la plus importante, car derrière elle, comme barrière pour arrêter le mal envahisseur, il faudrait compter désormais sur les sanatoria et les hôpitaux. Il importe donc de renforcer de toutes ses forces, cette première ligne de défense et de la rendre infranchissable.
Dans un rapport sur les œuvres de colonies de vacances un éminent savant écrit: « Nous faisons, par les colonies
de vacances, une véritable guerre à l'accroissement d’un prolétariat dégénéré au point de vue physique et intellectuel. Quand les colonies de vacances auront existé pendant vingt ans de suite et avec succès dans nos grandes villes, il y aura sûrement dans les couches inférieures de la population plus de force et de santé, plus de vigueur naturelle et de gaité. »
Nous voudrions que chaque année, en Lorraine, ce soient deux mille enfants de nos villes qui puissent aller passer leurs vacances à la campagne. Si les ressources financières sont insuffisantes pour réaliser cet effort. développons le plus possible les demi-colonies de vacances ; et dans le courant de l’année, faisons-nous les apôtres de la grande croisade nouvelle, de la préservation de l’enfance : créons des jardins d'enfants, donnons notre obole aux sociétés d'habitations à bon marché, tournons nous enfin vers les pouvoirs publics ; réclamons avec fermeté l’ouverture de ces Ecoles en plein air, de ces promenades scolaires, et luttons courageusement pour faire triompher partout toujours un peu plus l'Hygiène !
Pour terminer, nous adresserons à tous les présidents de nos œuvres lorraines, cet amical conseil :
Vos œuvres sont toutes dirigées avec un talent auquel nous nous plaisons à rendre hommage, les résultats que vous obtenez sont parfaits et dignes d'éloges, mais vous êtes isolés, ne croyez-vous pas qu’il serait bon de vous réunir quelquefois, pour échanger vos impressions, vos idées, vos facons de faire.
Pourquoi n'y aurait-il pas une Fédération d'œuvres de colonies scolaires de vacances de l'Est très florissante ?
La vogue, aujourd’hui, est aux syndicats, mais il faut bien se dire que, si pendant ces dernières années ils ont pris une si formidable extension, c’est qu’ils venaient à
leur heure et qu'ils répondaient à ce besoin instinctif qu'a tout homme de se sentir les coudes avec son voisin.
Votre syndicat, Messieurs les présidents de nos œuvres lorraines, sera pacifique; vous n'aurez pas à déchainer de luttes intestines, ni à prendre parti dans des haïines malheureuses; vous formerez un bloc compact contre l'ennemi commun qui veut terrasser l'enfant.
En unissant vos initiatives fécondes et généreuses dans ce but, vous remplirez un grand devoir, et vous aurez bien mérité de la Lorraine et de la France!
Vu: Vu:
Nancy le 30 juin 1911, Nancy, le 30 juin 19r1, Le PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Le Doyen, P. HAUSHALTER. GROSS.
Vu et permis d'imprimer :
Nancy, le 5 juillet 1911,
Le RECTEUR DE L'ACADÉME, CH. ADAM,
Correspondant de l’Institut.