‹ Les colons du Canada, Volume 2Chapitre 21 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le capHaine Sinclair ^ de retour aU fort Frontigndc, fit connaître au colonel Theureuse isdtie dé Texflédition; celui-ci, qui n'ignorait pas là liaison qui existait entre lui et Marie Percival, Teh félicita cordialemetit; La Jeune-Loutre qui était démettre en prison peu-* dant Tabsence du capitaine Sinclair, fut alors mis eti liberté; et le colonel, qui coitiprenait qu'après ce qui avait eu lieu, le capitaine Sinclair devait vivement désirer passer un certain temps à la ferme^ lui offiît obligeamment un congé de quelques joUrs, dont le capitaine Sinclair, comme on peut le croire, ne manqua pas de profiter. Le colonel envoya en même temps un message à M. Campbell, pour lui annoncer que dès que les bateaux seraient arrivés de Montréal, il lui porterait les lettres ou les journaux à son ' adresse, et saisirait cette occasion de lui présenter en personne ses félicitations.

Le capitaine Sinclair ne retourna, cependant, à la

— 240 — V ^ ferme qu'après deux ou trois jours, parce qu'il avait à répondre à plusieurs lettres arrivées pendant son absence. Quand il y revint il trouva tout le monde heureux et en bonne santé ; Marie était entièrement remise de ses fatigues, tout cheminait avec autant d'ordre et de tranquillité que si l'expédition n'avait jamais eu lien, et n'avait jamais été nécessaire. Rien, en elBet, ne paraissait manquer au bonheur de toute la famille, et les affaires de là petite colonie étaient en pleine prospérité. Les émigrants qui étaient venus joindre M. Campbell étaient laborieux, intelligents , honnêtes et s'acquittaient très bien des travaux dont on les avait chargés. Ils témoignaient le plus grand respect à M. et à Madame Campbell, qui de leur côté avaient pour eux beaucoup de bonté et les aidaient de tout leur pouvoir. Quoique l'étendue de la ferme se fût considérablement accrue, les travaux en étaient moins pénibles, à cause du grand nombre de bras dont on pouvait disposer; le bétail s'était beaucoup multiplié; le vieux Graves s'était chargé du moulin pendant l'absence d'Alfred et de Martin, et avait exprimé le désir de continuer à remplir cet emploi, qu'Alfred lui abandonna volontiers. En un mot, la paix et l'abondance régnaient dans l'établissement. Ainsi ces paroles qu'Alfred avait adressées à son -père quand il lui conseilla de venir au Canada paraissaient vouloir se réaliser : que M. Campbell y deviendrait sinon riche du moins indépendant, et que ce serait aussi la situation où il laisserait ses enfants.

Cortwne nous TaVons dit, le capitaine Sinclair n*avàil pu se rendre à la ferme qu'après avoir pasS^ trois jours au fort. A sbn arrivée tout le monde Taccueillit tvec empressethenl, et quand le dîner fut terminé, tf Campbell parla en ces termes à sa famille:

« Môs chers enfants, votre mère et moi nous avons eu une sérieuse conversation sur deux objets particuliers, et nous avons décidé, qu'ayant tant da grâces, à rendre à Dieu pour ses bienfaits, nous fierions égoïstes de ne pas songer au bonheur 4es autres. Nous sommes maintenant indépendants et nous avons Tespoir de le devenir tous les jours davantage; nous ne sommes plus isolés, mais tious sortîmes environnés de personnes qui nous sont attachées, et qui nous protégeraient en toute occasion. En un mot, nous vivons dans Taisance et dans la sécurité, et nous espérons que la Providence nous accordera la continuation de ce bien-être. Vous, mon cher Alfred, vous avez généreusement quitté une profession que vous aimiez, pour venir avec nous et nous protéger dans ces solitudes, et nous connaissions trop bien la valeur de vos services pour ne pas les accepter, quoique nous comprissions toute l'étendue de votre sacrifice; mais nous ne sommes plus dans la solitude, et actuellement votre bras vigoureux et votre cœur ferme ne nous sont plus nécessaires. Nous avons en conséquence décidé, que nous ne devons pas vous enlever plus longtemps à votre profession, mais au contraire vous engager à reprendre une carrière qui, avec l'aide de Dieu, sera pour vous aussi II 7**

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avantageuse qu*honorable. Recevez, mon cher enfant, nos plus tendres remerciments pour votre dévouement à notre égard, et regardez- vous dès ce moment comme libre de retourner en Angleterre et de rentrer au service aussitôt qu'il vous plaira. — Maintenant Je m'adresse à vous, ma chère Marie: vous et votre sœur vous nous avez accompagnés ici, et tant que vous avez habité avec nous, vous nous avez réjouis par vos attentions et par votre gaieté inaltérable au milieu de toutes les privations que nous avons d'abord rencontrées dans ce séjour. Vous avez gagné Tafifection d'un homme honorable et plein de mérite, mais en même temps vous n'avez jamais montré le moindre désir de nous quitter; nous savons en effet quelle a été votre détermination, mais votre faute et moi nous regardons comme notre devoir de vous dire que, malgré tout notre regret de nous séparer d'une nièce qui nous est si chère, vous devez ne pas vous sacrifier plus longtemps pour nous, mais faire le bonheur de celui qui est si digne de vous. Naturellement il ne peut être question pour vous de rester ici. Les relations de votre mari et sa fortune exigent de lui qu'il retourne en Angleterre et qu'il ne s'ensevelisse point dans les forêts du Canada. Vous avez donc notre plein consentement à ne pas différer plus longtemps votre union avec le capitaine Sinclair et à suivre votre époux: nous ajouterons même que cela nous sera très agréable. Quelle que soit l'époque de votre départ et quel que soit le lieu vers lequel vous dirige-

rez vos pas, nous vous accompagnerons de nos bénédictions et de nos prières, et vous aurez la satisfaction de savoir que voiy avez été pour nous une excellente fille, et que nous vous Chérissons autant que des parents peuvent le faire. Recevez-la de ma main, capitaine Sinclair, et recevez-la avec nos bénédictions et nos vœux les plus ardents pour votre bonheur, qui, je respère,sera aussi grand qu'il peut Tétre dans ce monde où les biens sont accompagnés de tant de maux; car une bonne fille sera toujours une bonne épouse.

Marie, qui était assise entre Madame Campbell et le capitaine Sinclair, se jeta en pleurant dans les bras de sa tante ; M. Campbell tendit la main au capitaine Sinclair, qui lui exprima la plus vive reconnaissance. Alfred, qui n'avait rien dit, s'approcha de sa mère et l'embrassa.

a Je désire que vous partiez , Alfred , lui dit sa mère; je désire que vous repreniez une profession que vous honorez. Ne croyez pas que je déguise mes sentiments, ni que je sois affligée outre mesure de votre départ.

— Allez, mon fils, dît M. Campbell en lui serrant la main, et que j'aie le bonheur de vous voir capitaine en premier avant de mourir. »

Madame Campbell emmena alors Marie dans une chambre voisine, afin qu'elle pût calmer son émotion, et le capitaine Sinclair se permit de les suivre, Chacun paraissait heureux de ce que venait de dire M. Campbell , à l'exception d'Emma, qui avait l'air

plus grave que de coutume, Alfred, qui s'en aperçut, se mit à lui dire :

a Emma, . l'idée de perdre Marie vous rend bien sérieuse , ^t cela ne m'étonne pas , mais vous aurez une copsolation, vous me verrez partir aussi, et je ne vous importunerai plus, comme vous le dites sans cesse.

— Je n'ai jamais songé à cela , répondit Emma à moitié en colère , sans doute vous m'importunez beaucoup, et plus vite vous serez loin »

Emma n'acheva cependant pas la phrase, mais qujtta la chambre pour rejoindre sa sœur.

Depuis que M. Campbell avait fait connaître ses intentions, le mariage de Marie et la rentrée d'Alfred au service furent pendant plusieurs jours le sujet continuel des entretiens de {a famille. Il fut convenu que Marie serait mariée dans un mois par le chapelain du fort qui était revenu, et que le capitaine Sinclair, sa femme et Alfred quitteraient la ferme à la fin de septembre, afin de pouvoir arriver à Québec en temps convenable poqr mettre à la voile avant le commencement de l'hiver. On était alors dans la dernière semaine d'août, en sorte qu'il ne devait pas s'écouler beaucoup de temps avant leur départ. Le capitaine Sinclair retourna au fort afin d'informer le colonel de ce q\i\ s'était passé, et afin de faire les démarches néc^ssî^ires pour se procurer pue permission de s'absenter et de retourner en Angleterre. Par son crédit auprès du gouverneur, il était sûr d'obtenir cette permission; et une fois arrivé en Angleterre il aurait

tout le temps de décider s'il quitterait le service ou s'il entrerait dans un régiment stationné dans la mère patrie. Comme il n'y avait plus alors aucune apparence de guerre ni de troubles au Canada , il pouvait prendre Tim ou l'autre de ces deux partis sans encourir aucun blâme.

Au bout d'une semaine, les bateaux arrivèrent de Montréal, et le colonel, accompagné du capitaine Sinclair, se présenta à la ferme, apportant avec lui les lettres et les journaux d'Angleterre.

M. et Madame Campbell, après avoir reçu les félicitations du colonel, lui demandèrent la permission d'ouvrir leurs lettres , car toute la famille, qui était présente, désirait vivement connaître les nouvelles qu'elles pouvaient contenir. La première let-» tre qu'ouvrit M. Campbell produisit aussitôt sur ses traits une altération qui surprit tout le mondes il la lut une seconde fois, puis la posant sur ses genoux, il parut complètement absorbé dans ses réflexions*

a J'espère, mon ami, que ce ne sont pas de mauvaises nouvelles, lui dit sa femme d'un air inquiet, pendant que le reste des assistants fixait sur lui des regards étonnés.

— Non, ma chère Emilie, ce ne sont pas de mauvaises nouvelles, mais ce sont des nouvelles bien inattendues, et telles que ma destinée a voulu que j'en reçusse déjà une fois de semblables. Vous vous rappelez sans doute, quoique Bien des années se soient écoulées depuis lors, la lettre qui nous fut apportée quand nous étions réunis dans notre petit salon.

— Et qui vous mit en possession de Wexton-Hall, mou ami !

— Oui, c'est cela. Mais je ne veux pas vous tenir tous piqs longtemps en suspens. Ce n'est qu'une répétition de cette première lettre, d

M. Campbell lut alors ce qui suit :

Le 7 piai 18...

a Mon cher Monsieur, — C'est avec un vrai plaisir que nous venons vous annoncer que vous pouvez revenir, aussitôt que vous le voudrez, pour prendre possession de la terre de Wexton-Hall.

<K Voqs vous rappelez, sans doute, que M. Douglas Campbell fit, en chassant, il y a quelques mois, une cloute de cheval. On ne crut pas d'abord qu'elle serait suivie de sérieuses conséquences, mais il paraît qu'il avait éprouvé une lésion à l'épine dorsale, et après avQÎr gardé la chambre pendant plusieurs mois, il a expiré le 9 avril. Comme M. Douglas. Campbell n'a pas laissé d'enfants, et que vous êtes le premier en rang dans la substitution, vous possédez maintenant sans contestation cette propriété, que vous avez abandonnée d'une manière si honorable il y a quelques années. J'ai pris sur moi d'agir comme votre chargé d'aflfaire depuis la mort de M. Campbell. Madame Douglas Campbell jouit d'un beau douaire sur la propriété, qui cessera naturellement à sa mort. Ëp attendant vos ordres, je suis, mon

cher Monsieur, votre dévoué

a J. Harvey. »

u M. Campbell, je vous félicite de tout mon coeur,

dit le colonel, en se ley^nt et en lui prenant la main. Vous vous êtes montré digne de cet heureux changement de fortune: Madame Campbell, je p'ai pas besoin de vous dire c^ue mes félicitations s'adressent aussi à vous. »

La surprise avait d'abord rendu muette Madame Campbell; à la fin elle se mit à dire :

a Nous sommes dans 1^ main de Dieu, et noi|s ne «faisons qu'exécuter sa volonté. Je sais à peine si je dois me réjouir de cette circonstance pour l'amour de vous, mon cher Campbell, et pour l'amour de nos enfants. J'avoue que je me sens heureuse ici, maintenant que mes enfants m'ont été rendus ; je doute que ce bonheur puisse s'accroître en lîètournant à Wexton-Hall; quoi qu'il en soit je ne quitterai pas cet endroit sans regret; nous avons éproitvé trop de changement de fortune depuis notre union, mpn cher Campbell, pour ne pas avoir appris par expérience qu'un intérieur paisible et où règne le contentement est plus nécessaire au bonheur que la richesse.

— Je pense comme vous, Epilie, répondit M. Campbell, mais nous vieillissons, et les événements d'une vie pleine de vicissitudes nous ont enseigné la sagesse d'une maniée pratique. Nos enfants, je m'en aperçois, pensent autrement; mais je ne m'en étonne pas.

— Je n'irai pas, dit Jqhn; on ne fera que m'envoyer à l'école. Je ne veqx pas qu'un maître me fouette; je suis un homme.

— Ni moi, s'écria Percival. »

Le colonel, ainsi que M. et Madame Campbell et les plus âgés du reste de la famille ne purent s'empécber de sourire en entendant ce que venaient de dire ces deux jeunes garçons. Ils avaient tous les deux été appelés à agir comme des hommes, et il n'était que trop évident qu'ils étaient peu faits pour se soumettre à la discipline des écoles.

« Vous n'irez ni l'un ni l'autre à l'école, répondit M. Campbell; néanmoins vous devez, en développant vôtre intelligence et en écoutant ceux qui vous instruisent, vous mettre en état de remplir les devoirs auxquels votre position sociale vous appellera.»

Il s^it difficile de dire si quelqu'un des membres de la famille éprouva une joie sans mélange à la perspective de retourner en Angleterre. Sans doute que Marie Percival était charmée de penser qu'elle ne serait pas si éloignée de son oncle et de sa tante , Emma de son côté préférait habiter l'Angleterre par des raisons qu'elle gardait pour elle seule. Mais ce n'était pas l'idée de rentrer en possession d'une fortune considérable qui causait la joie d'aucun d'entre eux. Cependant si cette circonstance n'était pas pour eux la source d'une grande satisfaction, M. et Madame Campbell connaissaient trop bien leurs devoirs pour hésiter, et ils firent tous les préparatifs nécessaires pour partir avec Alfred et le capitaine Sinclair. Mais John continua à déclarer obstinément qu'il ne voulait pas s'en aller, et Percival était grandement de son opinion, bien qu'il ne s'exprimât pas aussi nettement à cet égard.

Quand M. et Madame Carapbell furent sepls , Je premier dit à sa femme :

« Je ne sais ce qu'il nous faut faire à Tégard de John. II paraît tellement déterminé à ne pas venir avec nous, que je crains qu'il ne se s^uve dans les bois au moment de notre départ. H est maintenant sans cesse (ivec Malachie et Martin, et semble s'être séparé de sa famille. '

— Il est difficile de prendre un parti là-dessus, mon cher ami; j'ai plus d'tine fois pe^sé qq'il vaudrait mieux le laisser ici. C'est notre plus jeune fils; Henry héritera naturellement de la terre de Wextpn- Hall, et nous aurons à pourvoir les autres avec nos économies. Maintenant ce terrain-ci, quand John sera grand, aura acquis une valeur considérable, et ne formera point un Jot à dédaigner pour un f|ls cadet. Il paraît tellement attaché à la vie des bois, que je crains que, si nous l'emmenons en Angleterre, ce ne soit ^ne source continuelle de rpgrets et de piéçontentement ; et s'il en devait être ainsi , que gagnerions-ïious à l'avoir auprès de jqqus? Je ne sais quel conseil donner.

— J'ai pensé sérieusement h le laisser ici aux soins de Martin et de Malachie , reprit M. C^mpb^U- Il y serait heureux , et il deviendrait riche dans la suite. Que pourrait-il obtenir de plps en Angleterre? Mais c'est à vous à prononcer, ma chère Emilie. Je connais les sentiments d'iin mère, et je les respecte. »

M^td^me Campbell ayant discuté cette question

, avec ses fils, il fut décidé que John resterait au Canada> et serait confié aux soins de Martin et de Malachie, qui dirigeraient la ferme et le surveilleraient. Martin devait se charger de la ferme, Malachie accompagnerait John dans les bois, et le vieux Graves, qui dirigeait le moulin ^ s'engagea à correspondre avec M. Campbell et à le tenir au courant de Tétat des choses. Quand cela fut réglé, John parut avoir grandi de deux pouces, et promit d'écrire lui-même à sa mère. Quand le colonel connut cet arrangement, il s'engagea de son côté, tant qu'il commanderait au fort, à surveiller non-seulement John , mais encore tout l'établissement, et à écrh*e de temps en temps à, M. Campbell.

Un mois après la réception de la lettre, toute la famille , excepté John , s'embarqua dans deux bateaux pour Montréal, où elle passa un jour ou deux, et se rendit de là à Québec.

Leur agent dans cette dernière ville avait déjà retenu pour leur passage toutes les cabines d'un très beau navire; et après une traversée de six semaines ils se trouvèrent de nouveau à Liverpool, d'où ils se rendirent en poste à Wexton-Hall, Madame Douglas Campbell s'étant retirée dans une terre qu'elle possédait en Ecosse.

Notre récit touche à sa fin, et il ne nous reste plus qu'à faire connaître à nos jeunes lecteurs ce que devint dans la suite la famille Campbell.

Henry ne retourna pas à l'université, mais il resta à Wexton-Hall avec ses parents, s'occupant à diriger

pour son père la propriété dont il devint plus tard possesseur.

Alfred prit du service sur un vaisseau commandé par le capitaine Lumley. Q avança rapidement en grade, se fit remarquer comme un brave et habile oflScier, et quatre ans après son retour en Angleterre, il épousa sa cousine Emma, ce dont le lecteur ne sera pas surpris.

Marie avait été mariée au capitaine Sinclair, qui vendit sa commission, et qui, avec sa demi-solde, se retira en Ecosse pour y vivre sur ses terres.

Percival fut envoyé à l'université, et devint un très habile avocat.

John demeura au Canada jusqu'à Tftge dé vingt ans ; il se rendit alors en Angleterre pour y visiter ses parents. C'était un garçon de six pieds quatre pouces, et gros en proportion, très amusant, et qui causait assez facilement; mais sa conversation roulait essentiellement sur la chasse. La ferme avait été bien dirigée; les émigrants avaient fidèlement rempli leurs conditions, et cultivaient alors leur propre terrain.

Martin avait eu de la Fraise trois petits papouses (c'est le nom que les Indiens donnent aux enfants). Malachie était devenu trop vieux pour aller souveut dans les bois; il se tenait près du feu pendant l'hiver, et se chaufiait au soleil devant la porte de la maison pendant l'été. Oscar était mort, mais on avait plusieurs beaux rejetons de sa race. Quand John retourna en Amérique, M. Campbell lui remit un aÇÉ»^

par leijuelil lui transmettait sa propriété du Gahadâ, et peu de temps après John prit pour femme, à Québec, une petite Canadienne qui le rendit parfaitement heureux.

M. et Madame Campbell vécurent jusqu'à un âge très avancé ; ils furent fespeôtés pendant leur vie et pleures après leur mort. Ils avaient connu la prospérité et l'adversité; et sans se laisser enorgueillir par Tune tti abattre par l'autre, ils s'étaient toujours conduits d'une manière parfaitement convenable à leur situation. Ils savaient ()ue ce monde est un monde d'épreuves, et qui n'est qu'une préparation à un autre; aussi avaient-ils accompli leurs devoirs dans la condition où Dieu les avait placés, et montrant par toutes leurs actions qu'ils n'oubliaient ni ce qu'ils devaient à Dieu, ni ce qu'ils devaient à leurs semblables, ils vécurent et moururent en bons et véritables chrétiens , comme j'espère que mes jeunes lecteurs en ont le désir pour eux-mêmes.

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