Général Frossard, loe. cit., i)ago il
rrie.
?44 BATAILLE DE SPICHEREX
dt-meiU modilié à nnlre avantage une situation gravement compromise. Mais les troupes de cette division étaient les dernières sur lesquelles on put compter. La non-intervention des forces du maréchal Bazaine privait le i" corps de tout secours ultérieur. Les défenseurs de Sliring n'avaient plus une seule compagnie de réserve, et tandis que nos fantassins, épuisés jjar la lutte opiniâtre qu'ils soutenaient depuis le matin, se trouvaient réduits à la seule ressource de leur indomptable courage, les Allemands voyaient au contraire entrer successivement en ligne les colonnes que de savantes dispositions avaient groupées aux abords de la Sarre et que le sentiment de la solidarité des armes amenait les unes après les autres au comljal. Les conséquences d'une pareille disproporlion de forces n'étaient pas douteuses, et le moment arrivait où elles allaient se manifester brutalement.
Cependant le général Frossard, comprenant enfin que ses troupes livraient une grande bataille, venait d'arriver à Stiring. De son côté, le général de Steinmelz, qui ne s'était pas non plus Ijeaucoup hâté, était apparu sur les hauteurs de Sarrebruck à sept heures du soir, à l'instant où « le grondement de l'artillerie française de Pfaffenberg, mêlé au bruit plus faible de la fusillade, y marquait les dernières convulsions de cette lutte gigantesque ^ » Les deux généraux en chef se trouvaient donc face à face; mais si le second arrivait à temps pour assister à une victoire, au gain de laquelle il n'avait pris d'ailleurs qu'une part insignifiante, le premier n'avait plus qu'à enregistrer une défaite dont la responsabilité lui incondiait dans une large mesure. Déjà le combat prenait à ce moment une tournure que l'intervention du commandenn'ut supérieur ne jjouvait plus modiiicr, et hi nuil seule riait capable de mettre un terme à cette sanglante hécatombe.
Du côté prussien, en effet, lui réginienl du III" corps (le b"!"} venait de déboucher des ponts de la Sari'e : son an'i\ée, iiiqu'iinaut à l'atlaque une énei'gie nouvelle, ravivait l'ardeur de l'enneun, vl devenail le signal d'iuie re|)i-ise de l'offensive; le mouvement eii\('l(i|ipau[ (pii meuaeiul la gauche de la division N'ergé se dessinait d'une manière plus nelte, et bienlùl mis lrou[)es, écrasées par une arlillerie qu'étaient venues renlurcer les balteries à che\al de la cavalerie, se voyaient pres(iue conqilètement prises à revers. Harassées de fatigue, épuisées et découragées, elles faiblissent; mais leur défaillance ne dure pas. « Un vigoureux retour offensif, que le général \'ala/t' fait opérer par le ô5" de ligue, nous remet en i)Ossession du terrain iierdu el du bois en a\aiil mi le eommandant Milhd, avec un balaillon de cette li'oupe, se d'auipoune ('nergiquemenl . Kii mènie leuqis, le ."!" balaillon de chasseurs, soulemi pai' un luilaillon du TU' de ligne, reprend les taillis qui bordeid, à droite, la l'onle de Sarrebru(l\. L'einiemi é|irouve des perles énormes, les nôtres sont considi'Tables aussi. Il est alors se[)t heures el demii' du soir. Les Prussiens redoublent leurs efforis. Les ïi'â", 55" de ligne et lui bataillon du 77" les l'cpousseid avec la môme vigueui', protégés [)ar 1*2 pièces de l'arlillerie de réserve. .\