La Guerre franco-allemande, page "(Kl
2. Le prince Frédéric-Charles, arrivé %ers une Ijciiix! trois quarts sur lu liuuteur du télégraphe, à l'ouest de Vernéville, se porta un peu après deux heures par Arnoux-la-tJ range vers la cote 281, à l'ouest d'Ilabonville, afin de reconnaître en personne le point exact, encore inconnu, où s'arrêtait notre droite.
aux-Chênes. C'était enfin le IIP corps tout entier qui arrivait à deux kilomètres au sud-ouest de Vernéville, et restait là jusqu'à nouvel ordre, constituant une réserve imposante avec laquelle, malgré l'affaiblissement résultant des énormes pertes de l'avant-veille, nous étions obligés de compter.
La situation générale, à partir de ce moment, était donc la suivante sur le front d'attaque du LV corps : au centre, une formidable ligne de 19 batteries (soit 106 pièces)' qui tiraient sur le 3% le A" corps et la droite; aux deux ailes, deux groupes d'infanterie fournis par le IX° corps et la 3° brigade de la Garde. En arrière, le IIP corps. Suffisamment protégée maintenant et rapidement venue à bout de la nôtre, l'artillerie allemande prenait pour objectif les lignes de l'infanterie française, auxquelles elle infligeait, en raison même de leur persistante immobilité, des pertes considérables. Bientôt le général de Ladmirault se vit obligé de faire relever la brigade Bellecourt (1" de la division Grenier) par une brigade de la division Lorencez. Imaginant voir dans ce mouvement un prélude de rclraile, les Hessois tentèrent alors un mouvement offensif, que la fusillade de notre infanterie arrêta net. De même, la S° brigade de la Garde, ipii avait essayé de déboucher au nord-est d'Habonville, fut refoulée avec iiertc, et obligée de regagner les abris qui bordent le bois de la Gusse au nord. La sitiuUion, malgré l'entrée en ligne du côté de l'ennemi des puissants renforts dont il a été parlé, n'était donc pas sensiblement modifiée, et les positions réciproques des deux adversaires demeuraient les mêmes. La lutte se prolongeait sans résultat, soutenue d'un côté par une artillerie puissante, de l'autre par une infanterie solide et bien armée. Mais, ainsi que l'ont écrit les Allemands, « tandis que l'on s'occupait ainsi de renforcer le IX° corps, déjà fort éprouvé, mais dont le rôle consistait d'ailleurs à demeurer provisoirement dans l'expectative, la Garde préparait un mouvement tournant contre les positions ennemies, dont on supposait alors que Saint-P rivât formait f extrême droite ».
Une chose est à remarquer en effet, dans cette première partie de la bataille : c'est la difficulté qu'éprouvent les Allemands à se renseigner exactement suria limite extrême de nos emplacements vers le nord. Les reconnaissances successives opérées par la cavalerie, par les avant-gardes, par les généraux eux-mêmes, sont impuissantes à déterminer ce point si important pour l'ennemi, qui a basé toutes ses combinaisons sur leur connaissance précise. Il croit d'abord que c'est Amanvillers, puis Saint-Frivat; et c'est seulement à cinq heures du soir qu'il s'aperçoit que nous nous étendons bien réellement jusqu'au village de Roncourt. On peut juger de la série des tâtonnements par lesquels les Allemands ont dû passer, avant d'agir d'une façon certaine, et quel long espace de temps il leur a fallu pour les franchir. Il est vraiment bien coupable, le comnumdant en chef qui n'a même pas cherché à « contrarier le moins du monde ce délicat (léploiemciit comi)liqué d'une uuu'che de flanc ' » !
1. 5 batlcrios du IX" coriis, I du lll-, l."> licssoiscs, et 1 do l:i Gardo. Certaines de ces liattcries, durement éprouvées par le coniliat dont il a été question ci-dessus, n'avaient pas leur complet de pièces.