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La Guerre franco-aUemande, page

p-auclie, n'étaient pas plus heureux; ils perdaient plus de la moitié de leur monde, au point qu'une compagnie était commandée par un sergent. Quant au commandant de la brigade, colonel de Knappstœdt, il était obligé de quitter le champ de bataille, la main fracassée par une balle de chassepot.

Restaient les 2 bataillons et demi du 3" grenadiers (Reine Elisabeth), qui jusqu'à ce moment avaient été tenus en réserve. Le colonel de Zenner, investi du commandement provisoire de la brigade, les appelle à lui, et les lance entre les deux bataillons du régiment Empereur Alexandre, séparés par les hasards du combat. A leur toui', ils sont décimés par la fusillade, et voient tomber presque tous leurs officiers. La ligne formée par la 3' brigade de la Garde restait donc arrêtée tout entière, sur la crête qui s'étend à 600 mètres à l'ouest d'Amanvillers, et ses pertes étaient telles, qu'elle se trouvait hors d'état de dépasser cette position'.

Mais ce mouvement offensif de la 3" brigade de la Garde avait été appuyé, à gauche, par la 49° brigade (hessoise), qui avait essayé d'attaquer Amanvillers en s'avançant des deux côtés du chemin de fer en construction. Débouchant du bois de la Cusse, elle avait cherché à s'emparer, au nord, du mamelon coté 325 (carte de l'État-majon, au sud, de la maison de garde-barrière à moitié construite au passage à niveau du chemin d'Habonville à Amanvillers. Au nord, ses efforts échouèrent; au sud, la maisonnette fut un instant occupée, et les Hessois songèrent alors à opérer, grâce à ce point d'appui, une diversion en faveur de la 3° brigade de la Garde, si cruellement éprouvée : leur tentative échoua « devant le feu, réellement écrasant, sous lequel le défenseur (division de Gissey) tenait toute la pente en forme de glacis qui descend vers l'ouest. Les contingents, fort maltraités, de la 49" brigade furent rejetés jusqu'à hauteur de la maison du garde et ramenés en partie vers le bois de la Cusse \ »

Toutefois CCS différents mouvements, bien qu'avortés, avaient permis à l'artillerie, mieux couverte par les troupes à mesure ([u'elles s'avançaient vers l'est, de reprendre un rôle actif. Les obus s'abattaient maintenant sans interruption sur Amanvillers, rendu intenable, et la violence de ce feu mettait obstacle à toute tentative analogue à celle dont les batteries du IX° corps avaient eu, au début de la bataille, tant à souffrir. Au surplus, cette intervention si puissante du canon n'était rien moins qu'inutile, car, à ce moment, la situation des troupes prussiennes engagées aux abords de Chantrenne ne laissait pas de présenter de graves périls. Il y avait là, dans le bouquet de bois situé entre cette "ferme et la Folie, un parti du 3° corps, qui, appuyé de deux mitrailleuses, résistait victorieusement à tous les efforts tentés ])ar l'ennemi pour le débusquer, et imposait à celui-ci de lourdes pertes, avec la menace d'un retour offensif que l'épuisement du IX" corps rendait particulièrement dangereux. En vain l'artillerie du 111" corps, amenée de Vernéville, avait-elle, à sept heures du soir, ouvert sur le petit bois une l(Mi'il)l(' canonnade (|ui ouvrait dans « les taillis de larges trouées ». En vain ce corps lui-même s'avanra-t-il jusipi'au

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