‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 229 sur 262 · l'jid., page · texte numérisé non relu

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gisait à terre, mortellement atteint. Le colonel Berthe, du S6% son lieutenantcolonel, le commandant de Laevivier, du 46*, étaient grièvement blessés. Le 68° avait déjà perdu son chef, le lieutenant-colonel Pallier, ses trois chefs de bataillon, 26 officiers et 750 hommes'. Nous avions en face de nous, à cette heure de la journée, six bataillons et demi, c'est-à-dire 6,000 hommes appuyés par 48 pièces, et si les deux brigades Saurin et Fontanges représentaient une force à peu près égale, elles avaient contre elles le désavantage de la position et l'émotion de la surprise. Les Allemands eurent donc assez facilement raison de leur mouvement offensif et purent, après l'avoir repoussé, couronner la hauteur de la Petite-Forêt, où venait bientôt s'établir toute l'artillerie de corps. Tandis que tout le reste du IV° corps s'approchait du théâtre de la lutte, le général d'Alvensleben faisait demander aux Saxons et au I" corps bavarois de prendre leurs dispositions pour entrer en ligne.

Cependant, le général de Failly s'était porté sur le plateau de la Harnoterie, oîi la brigade Maussion était postée avec 5 batteries de la- réserve qui ripostaient énergiqueraent à l'ennemi. Apercevant de là des colonnes profondes qui s'avançaient sur les deux ailes du IV cor])S déjà en position, il craignit d'être bientôt débordé, ou jeté à la Meuse, et jugea prudent de replier sa première ligne. Malheureusement ce mouvement décida l'ennemi à une offensive générale. Les 7' et 8' divisions prussiennes, les premières troupes saxonnes qui débouchaient par la route de Stenay, tout ce qui se trouvait disponible fondit sur notre camp, pendant que l'artillerie en position redoublait la violence de son tir. Sous cette avalanche de projectiles, la confusion se mit dans nos troupes, dont l'état moral et physique était si déprimé; le désordre gagna les brigades Abbatucci et Nicolas, placées en seciinde ligne devant Beaumont, et la retraite sembla un instant devoir tourner à la déroute, à travers les rues encombrées du bourg oîi les soldats se ruaient pêlemêle avec une population affolée de terreur. Tout ce qui restait dans le camp devient la proie de l'ennemi ; tentes, bagages, vivres, munitions, pièces et mitrailleuses, avec les blessés qu'on ne peut secourir. Le taldeau est épouvantable, et la leçon terrible. Puisse celle-ci nous garder à jamais de la honte des surprises, et nous montrer (jue de toutes les négligences, la plus coupable est celle qui livre ainsi à la merci de l'adversaire les forces vives d'un pays.

Quelques groupes de braves gens cependant avaient su résister à la panique, et continué à diriger sur l'assaillant un feu destructeur. Ils ne purent empêcher la S' division de pénétrer dans la -ville, mais, au moins, ils firent payer cher son succès au vain(jueur. « Cette attaque, tlit la lieUi/ion nlloman'le, avait coûté de lourds sacrifices, qui, pour certains bataillons, s'rlovru'rnt h plus du r/iiiir/ de l'offi'ctif..... Vn grand nombre d'officiers étaient hors de combat". )>

A deux heures, l'ennemi était niailrc de la ville et du camp. Nos troupes, harcelées sans répit, cherchèrent alnix une nouvelle jiosition défensive sur les

1. Ce brave régiment s'était lancé sur la gaucho de la Petite-Forêt, avait poussé jusqu'à .50 pas dos Iiioces prussiennes, refoulé le fi6' prussien, et ne s'était replié, que devant des forces supérieures amenées de t'eus les points de la lisière des l)ois.

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