‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 252 sur 262 · I. — Déploiement de i/ahmée de la Meise · texte numérisé non relu

I. — Déploiement de i/ahmée de la Meise

AtUuiuede Bazeilles par le /" corps bavarois. - Le 1" seplemhre 1S70 date dont le souvenir est à jamais couvert d'un voile de deuil, la fusillade éclata a Bazeilles avant le jour. Il faisait un brouillard épais, qui -montait des prairies de la Meuse, et jetait sur la campagne comme un tapis de ^aze blanctie, dont les plis cachaient les mouvements de l'ennemi. La fraîcheui- de l'aube était pénétrante, et les soldats du 12" corps, engourdis par une nuit passée au mvouac sans leu n, pain, hallaient la semelle devani Irurs misérables petites tentes pour ranimer un peu leurs membres endoloris ', .p.and, vers quatre heures et demie, (ro,s halaillons ennemis surgirent tout à coup dans la ijrande rue de Hazeilles.

Le général von der Thann, suivani à la lellre les instructions du Prince

devint ritiië'I^J'erl'^n" 'f'" ^'' /'-l"-'- ^u v.aduc, que le ,na.-ccl.al avait ordonné

avnit .nlaptXlnio, iT; """""'"'/^ 1"' s eta.t passé la veille de ce eôté, le général Lebrun

p.e.ant.on do fa„.e sonner le réveil ,■■, .,„atro heures, une heure .v,,n, fe moment lixé

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royal qui lui prescrivaient de contenir l'adversaire, avait voulu en elïet protiler de l'obscurité pour jeter sur la rive droite le plus de monde possible, et donné l'ordre à sa première division de se porter en silence sur Bazeilles jusqu'à la lisière nord du bourg. Les troupes devaient s'avancer, autant qu'elles le pourraient, sans tirer, et s'emparer par surprise du village, qu'on croyait faiblement gardé.

A quatre heures du matin, les troupes les plus avancées de la première division bavaroise franchirent donc la rivière, celles appartenant à la 2° brigade au viaduc du Pont-Maugy, celles de la i" sur les ponts de bateaux jetés la veille à Aillicourt. Fort peu de temps après, la colonne de gauche ' atteignait Bazeilles sans rencontrer d'avant-postes ; mais elle se heurtait bientôt, dans la grande rue du village, aux barricades établies par l'infanterie de marine, et était rejelée dans les rues latérales, barricadées également. Au même moment, le général Reboul accourait de Balan pour remplacer le général Martin des Pallières, blessé, et, suivi bientôt de sa brigade, organisait vivement la résistance.

Le village de Bazeilles avait été assez fortement aménagé et offrait à la défense des points d'appui sérieux. La villa Beurmann en particulier, située à l'intersection de la grande route et du chemin de Daigny, était crénelée et enfilait toute la longueur de la rue ; de même, des constructions massives, existant sur la face nord, étaient garnies de défenseurs. Les Bavarois furent obligés, pour avancer, d'enlever maison par maison; ils parvinrent bien à gagner la villa Beurmann, mais là tous leurs efforts échouèrent, et après de lourdes pertes, ils durent s'arrêter. « L'obscurité, le retentissement de la fusillade dans les rues, rendaient fort difficile de diriger l'action ; les liens tactiques se relâchaient de plus en plus au milieu de ces engagements confus dont chaque maison était le théâtre; chasseurs et fantassins combattaient pêle-mêle". »

A ce moment arrivait à Bazeilles la colonne de droite, venue des ponts d'Aillicourt. Le général von der Thann, avisé que le prince royal de Saxe allait jeter ses forces du côté de La Moncelle et qu'une division du IV corps s'approchait de Piémilly, pour servir de réserve, jugea qu'il pouvait maintenant s'engager à fond. Il lança aussitôt sur i^azeilles le reste de la -2° i)rigade, suivie bientôt de la 3^ et ne conserva de disponible que la 4°, pour garder les ponts. Il était alors cinq heures et demie. Une offensive générale de tout ce que le I" corps bavarois pouvait mettre en ce moment en ligne se produisit, de Bazeilles à Monvillers; elle échoua, et aussitôt la gauche de la ligne d'attaque, vivement pressée par nos soldats, dut battre en retraite précipitamment, l^n groupe de chasseurs bavarois cerné dans une maison, avec un chef de bataillon, fut forcé de mettre bas les armes, et il ne resta alors au pouvoii' de l'ennemi que deux constructions en pierre, situées à l'angle de la grande rue, au point où elle rejoint la route de Douzy, tandis que nous occupions les deux rangées

1. Cette colonne avait, on r.ctc, un bataillon do chasseurs, déployé on tirailleurs, et, derrière, deux bataillons, formés en lignes de colonnes de compagnie.

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