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La Guerre franco-oKemande, page

(le maisons jusqu'au delà de la route en question\ Voyant le danger qui les menaçait, les Bavarois firent avancer des renforts, avec deux pièces qui, à une distance de 60 mètres, canonnèrent les bâtiments que nous occupions ; nous ne pouvions donc plus avancer, mais nous tenions bon dans la villa Beurmann. En vain les deux pièces sont-elles amenées à bras face à celte petite forteresse; privées bientôt de presque tous leurs servants, elles ne peuvent se retirer que grâce au concours de fantassins qui les traînent à l'abri.

La lulte continua alors, acharnée et brutale, sans amener de résultats appréciables. De notre côté, la brigade Garteret-Trécourt, envoyée par le générai Ducrot sur la demande du commandant du 1-2° corps, s'approcliail de P.alan, avec quelques régiments du 5° corps, mais n'était pas encore entrée en ligne. Du côté de l'ennemi, un bataillon avait gagné la place de l'église, mais n'avait pu pousser au delà; à peu près toute la partie nord du village était occupée par nous, et les efforts exaspérés des Bavarois se heurtaient à une résistance à laquelle un certain nombre d'habitants de Bazeilles participaient en gens de cœur. Cette circonstance poussa à son paroxysme la rage impuissante de l'ennemi, et alors on vit commencer une série d'horreurs qui se prolongèren malheureusement trop pour que l'excitation de la lutte puisse leur servir d'excuse L'incendie fut allumé, non plus par le canon, mais avec des torches flambantes, et soigneusement entretenu même après que la bataille eut pris fin. Des soldats, ivres de sang et de fureur, se ruaient à travers les ruines fumantes du village, fusillaient des blessés, s'emparaient des haliihmls et massacraient impitoyablement tout ce qui leur tombait sous la main, sans pitié ni pour les femmes, ni pour les enfants, ni pour les vieillards. Il s'est commis là des actes de barbarie sauvage, qui ont déshonoré à jamais le nom bavarois, et dont la Relation allemande donne une idée suffisante par son récit volontairement réservé: « La population de Bazeilles, dit-elle, prenait une part très active à la lutte, soit en opposant une résistance ouverte, soit en faisant feu des caves de maisons déjà enlevées. Des brancardiers, des blessés même n'avaient pas été épargnés, et les Bavarois se voyaient enfin dans la nécessite d'user de vigueur à regard des haljitants trouves les armes à Ja main. Ces circonstances portaient à son comble l'exaspération des deux partis ([ui, depuis si longtemps, se disputaient avec acharnement la possession du village déjà en /lamines sur plusieurs points. »

La vérité tout entière est que ces flammes avaient été allumées de parti pris, et (pic, ])armi les habitants fusillés, une minime partie seule fut prise les armes à la main. \'oici d'ailleurs des chiffres, dont la doulouinnisc éloquence n'a nul besoin d'être commentée. Sur A^-] maisons que comptait le bourg, iM seulement furent brûlées par les obus, tandis que SG^i furent incendircs volontairement. A:i habitants des deux sc.xes ont été massacrés sur place ■; cnlin les perles

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