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La Guerre franco-allemande, page

2. Le 13 juin 1862, le (;apitaiiic Dôtrio, à la tcto de IW tiominos du 99» di^ Up:M', avait escaladé, par une nuit obscure, les pentes aljiuptes du Corro-Borrego, enfoncé et oulljulé 300 Mexicains ipti s'étaient installés sur la crête, pris un drapeau, deux fanions, trois obusiers, 200 prisoiniiers, tué

Frœschwiller, l'autre à Elsasshausen. A sa gaviche, le 3° bataillon du 56' (commandant I^aman), le 4S" de ligne (colonel Rogier) et le 2° tirailleurs (colonel Suzzoni) étaient déployés jusqu'au bois de Frœschwiller, occupé par ce dernier régiment et les deux premiers bataillons du 36° (colonel Krien). A sa drnitf, k- 1" bataillon du 20° (de la division Conseil-Dumesnil) était formé en bataille en avant du Petil- Bois. Enfin le 3" de ligne (colonel Champion) et le 17' bataillon de chasseurs (commandant jNIerchier), tous deux de cette même division, formaient réserve, à l'ouest d'F^lsasshausen.

Les Prussiens, embusqués dans les maisons de W'u'rlh, et grossis par des renforts incessants, commencèrent par diriger sur ces troupes un feu de mousqueterie des plus violents. Comme, dans le même moment, le TS" de ligne (de la division Douay) accourait renforcer notre ligne et recevait conp sur coup une série de projectiles qui produisaient dans ses rangs quelques flottements, l'ennemi crut l'occasion favorable et se lança avec beaucoup de hardiesse à l'assaut des hauteurs. Le 2" zouaves l'arrêta net, mais ne put empêcher ses compagnies, abritées dans les vergers, de recommencer leur feu meui'trier. Le 2"" zouaves alors, au signal de la charge et aux cris répétés de « En avant! », se jeta sur elles à la baïonnette, les bouscula et les rejeta dans Wœrth, pêle-mêle avec une colonne de renfort ipii leur arrivait à ce moment, v\, (jui ne put même pas les recueillir.

L'offensive des Allemands é't#it donc partout brisée; renouvelée partiellement encore à deux ou trois reprises, elle ne fut pas plus heuratise, et sur toute l'étendue de son front, l'ennemi dut, pour le moment, se borner à garder la route de \\'œrth à Haguenan, et à entretenir une'fusillaisle noirt-rie avec nos fantassins, ipie l'arlillerie élnil malheureusement hors d'état de soutenir. Entraîné par sou él;iii, le 2' zouaves leiila même de prendre Wo-rth à son tour, el parvint à en occuper (|ii('l(iiies maisons; cil dépil d'une bravoure superbe, (pii se Iraduisil par des perh's sanglanles, il diil bieninl les abandoiUK'r, el reprendre ses pusilidiis xis-T-vis du \ilhii;(' '.

Vax détinilive, xci's midi, le i^V'uéi'al de Kirclibacli M'i'lailrieiininiiis que \ iciorieux, et ses troupes se l'usseiU Innixées Inrl avi'iiluri'es, si li' I"' curps, pi'oliliud de ses succès partiels, el de,réloignemenl des aulres e.oi'ps iinissiens, nvail été loidcnliei' lancé à l'alhupie, dans un vigoureux mouvenieul offensif. L'idée persislanli- du maréeiial était luallieureusenu'id d'attendre des renlT)rls pour lixi'ei' balaille, el il ne songeait, pour le moment, qu'à garder ses jiositions. Cependaul, de sou a\eu même, la silualiou de l'euueuii de\eiiail des |ilus précaires :

« liallues pal- un l'eu Icrrible, les liMUpcs prnssieiiucs ne se maiulcuaieul ([ii'av(-e peine conlrc les énergiques et ineessaules alliupics de l'ciunMiii. l'Jilrc |eiii|is, celui-ci avait misa [irolil, pour s'y'cinlilir solidciiicul, les murs el les haies, les fermes el l(>s

«I ou blessé 200 iiomniys, et sauvé d'un désasti'o la garnison IVam-aise d'Orizaba. Le capitaine Détrio, qui n'avait pas un mois do grade, fui promu ^hof do bataillon. Il est atijonrd'liui général do division, ot commandant de la division d'Oian.

1. 'l'ont ceci prouve combien l'ociMipalion ot la |U'lso do )ins>;ossion prealalilos dos dobonclios do la Sauer auraient été précieuses pour nous, el vr qu'il on aurait cdùio à l'adversaire pour les conquérir. Mais, comme le maréchal ne croyait pas à nno action poiii le r., il n'y avait placé personne, et l'ennenii, après s'en être empare sans coup férir, les garda.

Combattants

plantations qui couvraient la pente et lui ménageaient partout d'excellentes occasions d'assaillir à Timproviste Tinfanterie prussienne, aussitôt qu'elle tentait de se reporter en avant, et de la couvrir alors d'une grêle de balles. Sur aucun point, on ne parvenait à s'avancer au delà de Wœrth ; on payait par des pertes nombreuses chacune de ces inutiles tentatives et surtout les retraites qui les suivaient. C'est ainsi que le major de Sydow, groupant toutes les fractions du régiment de fusiliers encore en état de combattre, avait débouché de Wœrth et abordé de nouveau la pente ; mais, après quelques centaines de pas, un retour des Français le rejette encore une fois dans le bourg. Serré de près, ce n'est qu'à grand'peine et grâce au concours de la 19° brigade, qui s'engage à son tour, qu'il parvient à s'y maintenir ^ »

Et, quelques pages plus loin, la Relation allemande ajoute : « En résumé, les trois corps de première ligne de la IIP armée s'étaient trouvés entraînés, pour des fractions plus ou moins considérables de leurs effectifs, dans une action qui, en se prolongeant, les avait contraints à renoncer sur certains points aux avantages déjà obtenus, tandis que, sur les autres, on ne se maintenait plus qu'avec peine contre les énergiques attaques des Français -. »

Le général de Kirchbach, se voyant gravement compromis, avait déjà appelé à son secours les deux corps les plus voisins, et fait demander aux généraux de Bose et de Hartmann d'activer l'entrée en ligne de leurs troupes. Le premier, arrivé vers 11 heures à Gunstett, venait d'assister au sanglant échec de son avant-garde, refoulée en désordre, ainsi qu'on l'a vu, sur la rive gauche de la Sauer par le colonel Gandil ; il répondit qu'il n'abandonnerait pas le V corps, fit déployer son artillerie et chargea la ''2'2° division d'attaquer la droite française. Quant au second, il fit connaître que, bien qu'il eût cessé le combat par ordre supérieur, il reprendrait l'offensive dès qu'il le pourrait ^

Le commandant du V corps était, à ce moment, en proie à de grandes perplexités. Il venait, en effet, de recevoir du Prince royal, qui ne voulait, tout comme le maréchal, livrer bataille qu'avec toutes ses forces, l'ordre « de ne pas accepter le combat et d éviter tout ce qui pourrait en amener la reprise ' ». ÎSIais il comprenait fort bien que, dans la position désavantageuse de ses troupes, rompre le combat serait non seulement exposer à des perles énormes les avant-gardes déployées le long de la Sauer, mais encore donner aux échecs partiels et peu décisifs qu'elles avaient subis l'effet déprimant d'une défaite. 11 crut donc devoir pousser jusqu'aux limites extrêmes l'esprit d'initiative et de décision dont il avait fait preuve le matin, avec des conséquences jusqu'ici peu heureuses, et répondant au Prince royal « qu'il ne leur était plus possible de rompre le combat et qu'il avait fait appel aux deux corps des ailes », il donna l'ordre à ses deux divisions de se reporter en avant.

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