Gênera! AtrBKBT, Récit» militaire
la brigade Michel, ne fut malheureusement pas aussi utile. Ecrasés par le feu de l'ennemi avant d'avoir pu agir, ses braves régiments ne réussirent point à arrêter celui-ci, pas même à le retarder, et leur sacrifice, si généreusement accepté, ne servit qu'à montrer leur bravoure indomptable, et leur stoique mépris de la mort ! Les Allemands eux-mêmes n'ont pu se défendre d'un hommage à leur mémoire, et la phrase suivante de la Relation du grand état-major est toute à la gloire des survivants de ces charges immortelles :
« Les cuirassiers français se jetèrent sur nos troupes avec une sauvage impétuosité et un héroïque esprit de sacrifice'. »
Attaque de Frœschwiller. — Le maréclial de Mac-Mahon, l'illustre soldat de Malakoff et de Magenta, avait assisté avec une douleur poignante à cette sanglante hécatombe; mais sa fermeté ne l'abandonnait pas. N'ayant plus un seul homme à engag-er pour protéger les débris de son infanterie entassés dans Frœschwiller, il fit avancer les 48 pièces de la réserve d'artillerie et les plaça partie à l'est du village, partie au nord d'Elsasshausen. A ce moment même, l'ennemi déjjouchait de ce point: les deux batteries les plus rapprochées furent assaillies à l'improviste ", tandis qu'elles prenaient position, et couvertes d'une grêle de balles. A peine eurent-elles le temps de tirer une ou deux salves à mitraille; privées de leurs servants et de leurs chevaux, qui tombaient en masse, elles furent envahies et durent abandonner six de leurs pièces sur le terrain, où gisait le commandant de la réserve, colonel do Vassart, mortellement atteint. Un même sort atteignit les (piatre lialteries du -21)'^ placées face à l'esl, en avant de Frœschwiller; elles laissèrent à l'ennemi sept de leurs bouches à feu. Alors le 1" tirailleurs, déjà si éprouvé à Wissembourg, mais qui dans cette terrible journée n'avait que peu donné, intervint, et montra que son dévouement était sans limites, comme son courage.
« Au moment où la réserve générale d'artillerie se déployait, ce régiment était formé en halnille un peu en arrière d'Elsasshausen, défilé par la crête du terrain, les bataillons disposés en ordre inverse.
« Lorsque les tirailleurs prussiens débouchant d'Elsasshausen envahirent les batteries du 9' placées près de ce village, un frémissement d'impatience parcourut les rangs des turcos. Le â' bataillon, commandant de Lammerz, se porta en avant contre les tirailleurs que suivaient de grosses masses sortant de tous les côtés des bois qui se trouvent au sud.
(( Les Prussiens s'arrêtent à cette vue et hésitent à faire demi-tour. Les '2° et 1" bataillons, commandants Sermansan et de Goulanges, se portent vivement à hauteur du bataillon de I^ammcrz. Le régiment marchant en bataille, le cri de « En avant! » se fait entendre d'un bout à l'autre de la ligne. Les turcos, poussant leur cri de guerre, se précipitent sur l'ennemi iiaïonuetle baissée, et déterminent la retraite sans tirer un couj) de fusil. Les Prussiens fuient en désordre et vont se réfugier dans le Petit-Bois puis dans le Niederwald. Les turcos reprennent les six pièces des