PREFACE
Mais qui sont-elles, d’où viennent-elles ? on ne sait. Où vont-elles? on l’ignore. Elles apparaissent tout à coup, resplendissent un instant, puis s’éteignent. La lyre brisée, adieu la chanson. Pour la foule, elles naissent le jour de leur début, elles meurent le soir de leur représentation d’adieu.
Voici pourtant que j’essaie de les faire revivre, ne fùt-ce qu’une heure, ces enchanteresses adorées du parterre, qui ont été le ravissement de l’esprit et des yeux. A travers les chroniques, les correspondances, les pamphlets, entre les critiques outrées et les éloges hyperboliques , je me suis efforcé de ressaisir leurs physionomies véritables.
Intéressé par les caprices de leurs destinées, par leurs revers et par leurs triomphes, il m’a paru que leur histoire pouvait avoir le charme et l’attrait du roman.
Écrire la vie des comédiennes illustres, n’est-ce pas d’ailleurs écrire la légende du théâtre et aussi un peu la chronique des mœurs ? ne sont-elles pas l’étincelle qui anime l’œuvre? ne sont-elles pas le vivant reflet de leur époque?
Dans ce travail assez long, je n’ai suivi aucune règle, je ne me suis astreint à aucune méthode. Pour les autres comme pour moi j’ai toujours redouté la monotonie des classifications, l’ennui de la chronologie.
Pour publier ces études comme pour les préparer, je me suis adjoint un collaborateur qui a de l’esprit, dit-on : le hasard.