‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 20 sur 85 · ACTE 1, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE XIII

FRIVOLIN.

Juliette 1 votre allocution est le plus beau jour de ma vie!

JULIETTE

Oui, mon petit Prudhomme.

ROSIER

Pauvre Frivolin ! il ne lui reste plus qu’à se mettre son violon au cou et à se jeter à la Seinç.

MAROT, à Juliette.

Mademoiselle, quand vous en serez à votre trousseau, n’oubliez pas la maison Marot et compagnie.

JULIETTE

Nous verrons vos prix.

VIRGINIE

Je demande, à propos de noces, que Frivolin nous fasse danser.

FRIVOLIN.

Volontiers... je paye mon violon...

ROSIER, à pari.

Il payera tout, le malheureux 1

(Tout le monde s’apprête & danser. Fernande et Maurice se trouvent sur le devant de la scène.)

FERNANDE

Monsieur Maurice... je vous demande bien pardon... mais, est-ce que vraiment vous ne me connaissez pas ?

MAURICE

Non, mademoiselle.

FERNANDE

Vous n’avez jamais été à Bagnères?

MAURICE

Jamais, mademoiselle.

ROSIER

Comment, jamais ? Vous y allez tous les ans pour voir votre mère!

MAURICE

Rosier...

FERNANDE, à part.

C’était lui!

Ah! mon Dieu! je comprends; oui... c’était à Bagnères que sc passait l’épisode du bal ! et ce jeune homme, c’était donc vous?... Sacrebleu ! je vous en félicite... Je devrais ne pas vous admirer, mais je vous admire !... Je ne sais pourquoi, votre belle conduite me remue... désagréablement... C’est égal, je suis honnête, je suis juste... jeune homme, je voudrais bien être à votre place î

FRIVOLIN, monté sur une table.

Mesdames, je propose un cotillon. Cherchez des valseurs I

(il joue du violon; tout le monde sc place.)

FERNANDE, prés de Maurice.

«Mademoiselle Fernande veut-elle me faire l’honneur de valser avec moi ?... » C’était vous !

MAURICE

Oui, mademoiselle,

FERNANDE

Et sans un mot de Rosier, qui vous a trahi, vous n’auriez pas daigné me reconnaître I

MAURICE, ému.

Ah ! mademoiselle !

FERNANDE

Vous reverrai-je... avant un an?

MAURICE, bas.

Demain.

ROSIER , à Marot.

Dites donc, Marot, je crois bien que voilà un roman qui commence.

MAROT, à Rosier.

Quoi... un roman?... Allons donc!... je suis tranquille... mademoiselle Fernando n’aime pas les mauvaises lectures!...

(On valse. — La toile tombe.)

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