JULIETTE, JUSTINE
JULIETTE, entrant.
Bonjour, Justine.
JUSTINE
Bonjour, madame Frivolin.
JULIETTE
Ne me nommez pas ainsi ; c’est bien assez d’être madame Frivolin pour mon mari... c’est trop!... Mademoiselle Fernande estelle levée?
JUSTINE
Mademoiselle s’habille.
JULIETTE
Eh bien ! Justifie, quelle soirée! Voilà un succès pour ta maîtresse ! un vrai triomphe ! Sentiment est déjà venu ce matin ?
JUSTINE
Oh! non, madame... Il est trop tôt pour monsieur Maurice... et surtout pour mademoiselle Fernande.
JULIETTE
Je comprends... Il faut sauver les apparences!.. Cette pauvre Fernande s’inquiète du public... même à la ville!., elle joue sa petite comédie. Je connais le programme do son spectacle... Monsieur Maurice vient tous les jours à midi... à ce qu’il paraît?...
JUSTINE
Après le déjeuner de mademoiselle, pour la conduire à sa répétition...
JULIETTE
Dans l’après-midi, voyage sentimental aux Champs-Étysées, au bois de Boulogne , les stores tout grands ouverts !.. On rentre, et d’ordinaire on dîne en tête à tête, a quatre heures quand elle joue, à six heures quand elle ne joue pas... Le soir, il l’accompagne au théâtre, et il la regarde iouer en rêvant dans une stalle. Après le spectacle, il la ramène a sa porte, lui baise le bout des doigts, et se retire jusqu’à la comédie du lendemain !
FR1VOLIN, entrant.
Avez-vous vu ma femme?... Tiens, la voilà!
JULIETTE
Mon mari ! Quel crampon que cet homme !
Je vais prévenir mademoiselle.
(Elle sort à droite.)