‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 23 sur 85 · FRIVOLE · texte numérisé non relu

FRIVOLE

Il me semble qu’un mari a le droit d’applaudir sa femme.

JULIETTE

Du tout ! le mari d’une actrice doit s’effacer complètement... Lorsque le mari a le sens commun, il doit disparaître.

Qu’entendez-vous par disparaître?

JULIETTE

J’entends qu’au théâtre .vous songiez à briller le plus souvent possible par votre absence. Vous avez la rage de vous mettre personnellement en cause quand il s’agit de votre femme. Vous aites avec un ridicule des plus sérieux : « Nous répétons un joli rôle; nous ne voulons pas jouer les travestis; nous n’avons pas besoin

de crinoline... » Je vous ai entendu diro h un auteur qui devait lire : « Y a-t-il quelque chose pour noux? » Tout cela est grotesque I... Vous avez parlé au directeur d’un petit congé pour m’accompagner en province... Ne lui en parlez plus, je vous le détends!

FRiVOLIN.

Mais... c’était avec l’intention de faire votre contrôle.

JULIETTE

Je me contrôlerai moi-môme ! Ceci posé, passons. J’ai quelques visites à faire aux journaux. Allez me chercher un remise ; vous m’attendrez dedans...

FRlVOLIN.

Dedans? j’irai donc avec vous chez les journalistes?

Encore une idée! vous voulez que je présente mon mari aux journalistes? Que penseraient-ils de vous... et de moi? Allez, allez, les remises n’attendent pas.

(Frivolin va pour sortir, Fernande entre.)

FERNANDE, entrant.

Ah! Juliette !... Bonjour, Frivolin... vous partez?

FRIVOLIN, tristement.

Je pars, mademoiselle Fernande , parce que j’arrive ; c'est toujours la môme chose !

(il sort.)

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