ACTE 11, SCÈNE VI
» compagnie, et j’agiterai mon mouchoir blanc Charles lkdl’y, » élève au lycée Napoléon. » (Riant.) Un lycéen sortant de sa coquille!.. Singulières lettres d’amour ! c’est ridicule!.. Tiens! un nouveau journal ! (Se levant après avoir lu.) Ah ! C’est trop fort 1
FERNANDE
Qu’avez-vous, Maurice ? vous pâlissez devant le premier numéro d’un journal ?
MAURICE
Ah 1 c’est trop fort !
FERNANDE
Qu’y a-t-il de si fort dans ce journal? vous le flattez!
MAURICE , lui tendant le journal.
Voyez !
FERNANDE, lisant. '
a Depuis un mois, on rencontre tous les jours, à trois heures, » aux Champs-Elysées, notre charmante comédienne, mademoi- » selle Fernande/qui se promène et rêve dans une voiture. Elle » est accompagnée dans sa promenade et dans son rêve par » un monsieur portant perruque et décoré de la Légion d’hon- » neur. La sagesse bien connue de mademoiselle Fernande nous » fait supposer que ce respectable personnage est monsieur son » père. »
MAURICE
Qu’en dites-vous ?
FERNANDE
Je dis... je dis que depuis un mois vous ne m’avez pas quittée un seul instant. Je me suis promenée et j’ai rêvé presque tous les jours aux Champs-Elysées... (Prenant la main de Maurice.) U y avait quelqu’un dans ma voiture; mais vous ne portez encore ni décoration ni perruque... Ce journal peut m’égratigner tout à son aise... je ne le sens pas. ,
Maurice.
Quoi I vous n’êtes pas furieuse?
FERNANDE
Allez, allez, mon pauvre ami, j’ai dédaigné mieux que cela !
MAURICE
Eh bien, Fernande, j’aurai de la colèr#t de l’indignation pour deux... et j’irai trouver le rédacteur de l’article !
FERNANDE
De quel droit? à quel litre? Qui êtes-vous pour me défendre