U LES COMÉDIENNES
publiquement ? On refusera de se battre avec vous; on aura raison, et vous aurez fait rire la galerie. Voilà tout.
MAURICE
Eh bien ! soit. Ne faisons pas rire... Mais du moins il y a des tribunaux!
FERNANDE
Tiens, c’est vrai! Il va la police correctionnelle... Comme c’est gentil pour une comédienne de se donner en spectacle loin du théâtre, par autorité de justice ! — « Femme Fernande, levez votre voile... » — Comme c’est aimable de la part d’un président qui m’applaudissait peut-être la veille!... Là-dessus, je me plains; on parle de mo'n âge; on viole tout doucement mon domicile ; on pénètre dans ma vie intime avec un peu d’effraction; on me diffame avec beaucoup d’esprit, et... il en coûtera seize francs au gérant du petit journal!... Ce qui m’étonne, c’est de n’avoir pas été condamnée à payer l’amende.
MAURICE
Vous prenez les choses sérieuses...
FERNANDE
Laissez donc, mon ami, je prends certaines choses sérieuses... comme il les faut prendre, en souriant... et, quand elles sont spirituelles, je ris tout à fait. Cela m’arrive quelquefois en lisant les petits journaux.
(Maurice froisse le journal dans ses mains.)