‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 35 sur 85 · FERNANDE, MAURICE · texte numérisé non relu

FERNANDE, MAURICE

MAURICE

Comprend-on une pareille audace! une pareille impudence!

FERNANDE

C’est probablement un pauvre garçon qui joue les comiques à

Rlbeuf! (Maurice s’assied tristement dans un fauteuil.) Maurice... (Lui prenant la main.) VOUS SÔuffreZ?

MAURICE

Oui, je souffre de tout ce que je vois... Et chaque jour m’apporte une surprise nouvelle, qui est une nouvelle douleur !

FERNANDE

Une surprise! une douleur!... Que voulez-vous dire, Maurice?

MAURICE

Je vous croyais libre; vous n’êtes qu’une esclave! Je croyais que vous aviez une maison, un intérieur, une chambre pour vous recueillir dans le repos et dans l’affection; eh bien, non! vous n’êles pas seule chez vous; jamais seule, même pour moil C’est une pièce nouvelle qui vous trouble, c’est une lettre galante qui vous distrait, c’est un bouquet anonyme qui vous intrigue, quand ce n’est pas un petit monsieur qui vous insulte !

FERNANDE

Mon cher Maurice, ce sont là les petites misères du théâtre.

MAURICE, so levant.

Mais enfin...

Mais enfin, de quoi vous mettez-vous en peine?... Qu’est-ce qui vous porte ombrage? De3 billets galants que nous brûlerons ensemble; d’innocents bouquets qui seront fanés demain; des adorations banales qui s’adressent à l’artiste, à ses rôles, à ses costumes, et dont la femme ne garde rien pour elle; des médisances de petits journaux qu’on oublie de prendre au sérieux; des impertinences de provincial qu’on a soin de se rappeler pour en rire! Franchement, mon cher Maurice, y a-t-il la rien qui puisse effleurer un bonheur comme le nôtre, et tenez-vous donc tant à vous croire malheureux ?

MAURICE, ému.

Non, non, tu dis vrai, toi seule as raison... Pardonne à ma folie, à mon ingratitude... Je ne veux plus me plaindre, je ne veux plus qu’aimer, je suis heureux I (a pan.) Oh ! je le sens bien, si ce honneur durait longtemps, j’en mourrais !

(Justine entre.)

FERNANDE

Que voulez-vous, Jusline ?

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