FERNANDE, MAURICE, MAROT
MAROT, entrant tout essoufflé.
Bonjour, bonjour, ma charmante amie! Je suis heureux, ravi de vous voir; vous m’épanouissez!
Bonjour, Marot. Vous avez fait un bon voyage? Vos nombreux ouvriers se portent bien ? Combien avez-vous de métiers à la Jacquart ?
MAROT, apercevant Maurice.
Je ne me trompe pas... monsieur Maurice Delvigne... que j’ai eu le plaisir de voir à Croissy, il y a deux mois? Je me rappelle que ces dames vous avaient surnommé: Sentiment!
MAURICE) -se levant.
Je ne me trompe pas? Monsieur Marot... l’avenir est à la soierie!
MAROT
Et au caoutchouc, comme disait monsieur Rosier, ( a pan.) Je suis fâché de le retrouver chez Fernande. Il faut se métier des jeunes gens; la jeunesse est un préjugé qui réussit beaucoup !
FERNANDE
Vous voilà donc de retour? déjà 1
MAROT
Comment! déjà? je ne vous ai pas vue depuis plus de six semaines !
FERNANDE
Depuis plus de six semaines! comme le temps passe vile !
MAROT, s’asseyant.
Toujours mauvaise, toujours moqueuse pour ce pauvre Marot! mais le cœur n’v est pour rien, n’est-pas?
FERNANDE, riant.
Au contraire, le cœur y est pour tout.
MAROT, à part.
Elle est froide...
FERNANDE
Rendez-moi donc un petit service, Marot. (Marot se rapproche vivement.) Faites-moi l’amitié d’emporter au plus vite ces marchandises que vous m’avez envoyées ce matin.
MAROT
Vous ne les avez pas déballées?
FERNANDE
Non certainement. ,
MAROT
Je respire! quand vous les aurez vues et touchées, vous ne songerez plus à me les rendre ! (Mouvement de Maurice.)
FERNANDE
Je vous répète, Marot, que je n’ai rien à recevoir de vous. J’ai mes fournisseurs, qui ne sont que des fournisseurs.
Mais, malheureuse amie, ce que je vous ai envoyé, ce que je vous