‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 38 sur 85 · ACTE H, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE X

offre, n’est pas une marchandise ordinaire ; c’est un objet d’art, une merveille, une étoffe des Mille et une Nuits. Ou a tissé le dessin d’un de nos plus grands artistes... On a monté un métier nouveau pour cette robe... et la robe une fois terminée, j’ai déchiré le dessin et brisé le métier... Qu’en dites-vous, maintenant?

FERNANDE

Je dis mainteuant que vous vous êtes donné une peine bien inutile.

MAROT

Songez-y donc, Fernande! ç’est une robe qui n’aura pas sa pareille dans* le monde 1

FERNANDE

Raison de plus pour que je la refuse ; on dirait, en me la voyant

E orter, que je promène une réclame en faveur de votre farique.

MAROT, à Maurice.

Comprenez-vous cela, monsieur? je voudrais lui donner tout mon sang... et je n’ai jamais pu réussir à lui faire accepter un chiffon !

MAURICE

Mais, je comprends cela, monsieur Marot ; à quel titre voudriez vous donc lui taire accepter quelque chose?

A aucun titre... je n’ai que le droit d’une bonne amitié. Je ne demande rien; je suis l’ami des artistes I Que voulez-vous que je fasse de cette robe? Il n’y a qu’une sultane qui soit digne de la porter.

FERNANDE

J’ai votre affaire. Juliette doit jouer, pour un bénéfice, ses J'rois Sultanes de Favart... Votre robe de {sérail lui servira de costume, ‘

MAROT

Jamais!... J’ai déchiré le dessin... j’ai brisé le métier... Je brûlerai la robe et j’en recueillerai les cendres, comme si Fernande l’avait portée !

MAURICE, bas k Fernande.

Renvoyez le pauvre homme!

FERNANDE

Marot, quand partez-vous?

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