ACTE 111, SCENE IV
JEANNE
Mesdames, je crois vous être agréable en vous annonçant que Marot m’a donné ce matin un petit coupé et un grand cheval.
MAROT, regardant Fernande.
Oui, j’ai mis ce matin un cheval et une voilure à ses pieds.
JULIETTE
Petite bête !...
MAROT
Moi ?...
JULIETTE
Non ! à votre place, je lui aurais envoyé un âne.
MAROT
Je n’y ai point songé.
ROSIER
Silence ! et asseyons-nous tous... excepté moi. (On s’assied.) Nous allons procéder à la vente publique de la garde-robe de mademoiselle Fmiande, morte, pour l’art, en son domicile, rue Blanche, n° 32. à Paris... Jetez vos bouquets sur la tombe de cette grande artiste... (Doux ou trois femmes jettent leur bouquet aux pieds de Fernande.) et tâchons de pleurer sur sa mémoire.
(Toutes les fetnmes font mine de s'essuyer les yeux avee leur mouchoir.
Marot se mouche.)
JEANNE, a Marol.
C’est indécent!...
ROSIER
Adieu, Fernande! reçois les derniers éloges d’un vieil ami qui va briser sa plume, ne pouvant plus te louer dans son feuilleton du lundi ; reçois une dernière couronne de la main de tes petites camarades qui viennent te l’offrir avec une certaine joie ; tes bonnes amies du théâtre ne demandent pas mieux que de ne plus entendre parler de toi... Adieu !