‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 63 sur 85 · ACTE 111, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE VI

MAURICE, seul; il tombe dans un fauteuil.

Oh! mon Dieu!... mon Dieu!... quelle horrible lumière!... J’ai entendu ses plaintes, ses regrets... Elle ne me disait pas la vérité... elle me mentait! Je m’imaginais que le théâtre était bien loin de nous, au bout du monde... il était ici, dans cette maison. (Montrant la chambre de Fernande.) Dans cette chambre, je me croyais seul avec elle... et j’ai vécu sans le savoir avec tous les personnages de son affreux Roman comique !... Ils étaient là, invisibles, autour de moi, les directeurs, les régisseurs, les comédiens, les femmes de théâtre...

FERNANDE, dans sa chambre.

Maurice !

(Un moment de silence, Maurice semble écouter encore.)

MAURICE

Elle m’appelle. Déjà elle devine, elle dévore les pages enivrantes de ce rôle, qui est son regret, son espoir, son orgueil...

FERNANDE, dans sa chambre.

MAURICE

Ah! pauvre femme! pauvre artiste ! laisse tomber le masque oui ne sert même plus à te déguiser... C’est le théâtre qu’il te faut!... Maintenant, si j’acceptais ton dévouement, il me semblerait que je te vole ton bonheur, ta fortune, ta vie! Oh! n’est-ce pas que je devrais rougir, Fernande, ma Fernando bien-aimée? (il s’arrête effrayé.) Plus bas, malheureux! (n écoute.) Non... Elle ne m’appelle plus... Elle lit... Fernande!... Fernande!... elle ne m’entend pas... (il enir’ouvrc la porte de ta chambre.) La voilà devant le public... on l’applaudit... et demain, elle dira à quelque Juliette : « Mon devoir est d’aller jusqu’au bout dans le sacrifice!... » Non, non !... ce sacritice, je n’en veux pas!... C’est à moi de me sacrifier! (Avec déchirement.) C’est à moi de renoncer à elle, sans pouvoir jamais l’oublier... Elle sera libre, elle sera heureuse!... Adieu!... adieu !...

(il sort.)

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