‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 62 sur 85 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FERNANDE, puis MAURICE.

(Fernande s’assied près d’une table.)

FERNANDE

Qu’est-ce donc que j’éprouve aujourd’hui ? Ai-je le droit de me plaindre? Je devrais me trouver si heureuse, si heureuse !...

(Maurice est entré pendant ce petit monologue. Il s’est arrêté au fond du théâtre; il est ému, pâle; Fernande l’aperçoit et court â lui.)

FERNANDE

Comme vous êtes pâle, Maurice!...

MAURICE

C’est bien possible. Je me suis hâté pour aller au théâtre. J’ai couru... Par malheur, je n’ai trouvé personne... J’ai pris le parti de vous rapporter l’engagement et le manuscrit.

FERNANDE, prenant vivement le rouleau.

Ah! merci...

MAURICE

De quoi? de n’avoir trouvé personne?

FERNANDE

Non... d’être revenu.

MAURICE

11 est tard, je vais me retirer.

îl

FERNANDE

Sitôt I...

MAURICE

Il est près de minuit.

FERNANDE, qui a sonné, à Justine qui entre.

Y a-t-il de la lumière et du feu dans ma chambre?

Oui, madame.

FERNANDE

C’est bien ! je n’ai plus besoin de vous.

(Justine sort.)

MAURICE

A votre place, Fernande, ie serais pressée d’être seul pour lire ce beau rôle qui yous était aestiné.

FERNANDE , vivement.

Nous le lirons ensemble.

MAURICE

Mais...

FERNANDE

C’est une première représentation... Je veux que nous y assistions tous les deux... de loin!... Le veux-tu?

MAURICE

Je rentrais pour écrire à ma mère...

FERNANDE

Tu écriras ici; je t’attendrai. Je ne lirai pas sans toi. (a part. Oh ! oui... j’ai besoin que son amour me défende !

A bientôt.

FERNANDE

A tout à l’heure.

(E'.ie sort.)

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