AC?TE IV, SCÈNE IX
MAROT, entrant.
Eh bien, monsieur Maurice» que faites-vous donc? votre femme vous attend !
FERNANDE
Sa femme! sa femme!
(Elle chancelle.)
MAURICE, prenant le bras de Marol.
Ah! monsieur, qu’avez-vous fait?
MAROT
J’ai fait mon devoir !
FERNANDE
\ Marié ! vous êtes marié !
MAURICE
Fernande!... ne m’accusez pas!... Mon amour faisait votre malheur... j’avais dû vous fuir!., et pourtant ma pensée était toujours près de vous!... Il fallait mettre entre nous un obstacle, un monde; j’ai jeté entre votre amour et le mien, non pas l’amour d’une autre, mais un devoir, une famille!... Ah ! j’ai bien souffert! mais dans ma douleur j’ai du moins l’orgueil d’avoir su vous aimer!
FERNANDE, avec exaltation.
Perdu pour moi !... je n’avais que lui au monde!... je savais bien qu’il reviendrait... je l’attendais tous les jours!... et le voilà I... il est marié!... autant mourir alors!...
MAURICE, effrayé.
Mourir! ’
MAROT, à part.
On n’en meurt pas ! j’ai passé par là...
FERNANDE, exaltée.
Rassurez-vous... Est-ce que je n’ai pas tout ce qui peut me faire vivre?... des costumes.... des rôles... des mensonges?... Non, je ne mourrai pas!... je vivrai comme les autres! Oh! elles ont bien raison... est-ce que nous sommes faites pour aimer !... Votre dévouement m’a rendu un bien grand service... Je vais être libre,
FERNANDE
Et maintenant, va rejoindre ta femme !
MAROT, à pari.
Je l’ai sauvée!...