SCÈNE XIV
ROISJOLI, indiquant la mise en «cène.
Ici Lorédan et la princesse entrent par le deuxième plan à droite ctj’improvisatrice par le premier plan à droite aussi.
(Dardard et Vktorine entrent, et avec madame Godiuut ils remplissent le théâtre.) MADAME GROUILLARD.
Ah! voilà un oranger qui est bien gênant!
YERTPIGNON.
On l’ôtera demain.
MADAME CROUILLARD.
Mais si on l’ôte, il n’y aura plus de coulisses.
BOISJOLI
On mettra autre chose.
MADAME GROUILLARD.
Mais si on met autre chose, ce sera tout aussi gênant?
, ROISJOLI.
On ne mettra rien.
MADAME CROUILLARD.
Mais si on ne met rien, ça...
BOISJOLI
On fera un raccord demain.
VERTPIGNON.
Enlrez donc, madame Verduret, vous êtes sortie trop tôt, et vous rentrez trop tard !
MADAME VERDURET, à droite et passant la tète t travers l’oranger.
11 n’y a plus de place sur le théâtre, et je ne veux pas chiffonner mon costume, je vais parler de la coulisse!
VKRTPIGNON.
Mais non 1 mais non! ma situation serait perdue l
ROISJOLI.
Vous devez remettre mystérieusement un billet à la princesse... vous ne pouvez pas crier votre aparté!
MADAME VERDURET.
Alors, rangez-vous pour que je passe mystérieusement. (Les autres se retirent au fond.) Ah! bon! il n’y a plus personne.
TOUS
Nous sommes là.
MADAME VERDURET.
A présent, qu’est-ce que je dis?
DARDARD, bas.
La lettre! donnez la lqttrel...
TOUS
La lettre! la lettre!
MADAMB VERDURET.
Ah! vous m’étourdissez; et puis j’ai un brodequin qui me gêne !
VERTPIGNON.
Mais qu’est-ce que fait donc le souffleur? (Furieux.) Soufflez donc, Monsieur, soufflez!
MADAME VERDURET, qui arrange son brodequin.
Il ne peut pas, il dort... mais je ne suis pas embarrassée, moi!... Quelqu'un vient... fuyons!... (r.hantcpie rit aux éeiats.)
VERTPIGNON, se lcrant.
Ohl c’est trop fort, vous me massacrez. Madame... si vous ne dites pas le texte, donnez au moins le billet, il fait situation.
MADAME VERDURET, rcutraut.
Ali! ça me revient... Allez! j’y suis.
VERTPIGNON, se rasseyant.
Attendez que j’y sois aussi ; une, deux!
MADAME VERDURET, chantant.
O femme! j’ai pour loi, là cachée, une lettre.
Que, loin de tout regard, je devais te remettre.
La voilà... .
(Elle donne la lettre à madame Godinot.)
DARDARD.
Ciel!
MADAME GODINOT, i part.
L’écriture de Dardard ! (Elle lit.)
VERTPIGNON, désespéré.
Ça ne marchera jamais!
BOISJOU.
Si, nous ferons un petit raccord demain.
MADAME GODINOT *
Ah! je me meurs! (Elle tombe assise sur lea genoux de madame Grouillard qui est sur la chaise à gaucho et laisse glisser la lettre dans le trou du souffleur.)
MADAME VERDURET.
Elle se trouve mal!
FOLLEYII.LE.
C’est une attaque de nerfs !
VERTPIGNON.
Il ne manquait plus que ça! (On emmène madame Godinot.) CHANTEP1E, à Vertpignon **.
Rassurez- vous, mon cher auteur, ça manque un peu d’ensemble; mais, pour un opéra de salon, ça va très-bien.
VERTPIGNON.
On ne répétera donc rien du tout?
BOISJOU.
Si, nous avons là le chevalier et I princesse, nous pouvons dire le duo final.
VERTPIGNON, & Chantepie.
Je pleurais en l’écrivant, Monsieur!
CHANTEPIE, a part.
Bon! je vais rire en l’écoutant! (Grouillard s’agite dans le trou du souffleur.)
* Au fond, mad. Gronil. mad. God. mad. Verd Vicl. Dard.
** Chant. Vcrtp.