SCÈNE V
Adrian^ seul.
Abrian.
e sçay que sitost que la vieille sera ve- ^ nue, qu'elle fourrera sa pelisse de ce bon ^ vin de Velery. Ho ! quel breuvage pour ^ enchanter les fumées et chasser la colère de Testomac ! Je vas faire comme les oyes, je me'
Les Tromperies, Comédie. €5
veux baigner le bec à chaq[ae morceau. Je ne beuz jamais en jour de ma vie autant nj d*un meilleur courage. J'aj descouvert h ma maistresse les amours et larcins de mon maistre ; elle m*en sçait bon gré. Auparavant, Tendlabléeme bayssoit L la mort ; mais maintenant , elle commence à me regarder d'un œil friant et amoureux. Elle me met le bras sur Tcspaule que je parle à elle ; elle me prend par la main et me promet qu'elle se laissera gouverner par moy. Je luy dy souvent ce prouverbe :
Si à la renverse on vous jette, N'en dites mot, ma godinette; Ains souffrez qu'un gentil garçon Fouille soubz vostre polisson.
ElUe en rit et me donne tousjours meilleur courage de m'asseurer de son amour. J'en viendray & bout. G quel bon temps je prendray ! Mes semblables ne sçauroient trouver meilleure aventure que se rendre seigneurs de leurs maistresses. Je sçs^vois bien ce que disoit tousjours le bon Olivier, lequel ne chantoit jamais autre chanson :
L'on ne peut avoir rien de bon Si l'on ne baise sa maistresse, Et si d'une bonne façon L'on ne la fringue et la caresse; Mais si souvent tu Tesperonae Et luy fais ce qu'elle ayme bien , Elle te sera toujours bonne.
Et si n'auras faute de rien.
vu.
66 Làrivet.