SCÈNE VI
Fierabrasj Alfonse , Richard,
FlERABRAS.
aria mort ! par le sang ! ventre de. . . je , renie , elles sont leans ; car j'en vy hier I au soir sortir Perrine , et quand je luy
» ay demandé qu'elle y alloit faire, je me
suis aperceu qu'elle s'entretaiÛoit en ses respon- Be& ; aussi les poltrons s'entendoient ensemble et ayoient prins leur assignation. Non , non , il n'y a personne en tout le monde qui sache mieux trouver la vérité que moy. Mais , par la chair de tous les dannez! si je p'en fais une horrible, cruelle et diabolique vengeance , je suis content qu'on me dise : Fils de putain , mets bas les armes!
Alfonse. Je ne sçay pourquoy il est- ainsi en colère contre moi.
. FlERABRAS. Et biei^! Alfonse, que veut dire que cest homme de bien de ton compagnon p'est «orty quant et toy? Avez-vous délibère me rendre le mien, ou non ? .
ÂLFONSS. Regardez, seigneur Fierabras, que
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ne me preniez pour un autre , car je n^eus jamab affaire avec vous, jjue je sache.
FifiiUBBAS. Ains tu y as eu trop affaire , ne fust-ce qu^en ce à quoj tu as tenu la main.
Alfonse. Je ne me souvien avoir jamais tenu la main à chose qui vous touche.
FiERABRÂS. Quoy ! je ne me souvien ! Comme si tu n'avois pas aydé a enlever ceste*là, et mes biens quant et elle !
Alfonse. Qui , cestc-là ?
FiERÂBRAS. Voyez comme il luy sied bien nyar la vérité !
Alfonse. Quant à yos biens , je ne sçay que c'est. Bien est vray que j'ay une jeune fille en ma maison , mais je suis asseuré qu'elle ne vous appartient. Est-ce d'elle que vous parlez ?
FiERABRAS. Tu as uue jeune fille en ta maisou? est-il vray? Si tu pouvois honnestement le nyer, je m'asseure que tu n'eusses tant attendu. Il ne faut que tu dises : Elle ne vous appartient. Je suis plus meschant que toy ; fay-la venir 1
Alfonse. Soyez meschant tant que vous voudrez, mais elle n'est vostre.
FiERABRAS. Je sçaurois volontiers qui te donne la hardiesse d'oser contester contre moy. Fay la sortir , et ne cause pas tant.
Alfonse. Voulez-vous que je dise la vérité? Vous estes un homme, etc»
FiERABRAS. Quel homme? que veux-tu entendre par ton et caetera L Veux-tu dire que je ne sois homme de bien ?
Alfonse. Qui dict le contraire, sinon toy ? puis qu'il te faut respondre par toy.
FiERABRAS. Que veux-tu donc dire par cela?
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Ah ! teste de ! je yoy lien que je ne seray cognea jùsques à ce que Tay e laissé de mes marqués.
Richard. IJn limasson lïdssebien les siennes.
ÂLFONSE. Que diable ! quand j'en auray bien enduré, qu'en sera-ce ? Oy , je l'ay dict et diray encores que tu es un homme , etc. Tu youdrois donc qu après mille peines et travaux que j^ày sQufiferts pour me Tacquerir, je te la donnasse.
FiERABRAS. Vois-tu, jesçay bien que, si tu ne me la rends amiablement ou qu'elle ne veuUe venir de son bon ^ré, que je Tiray quérir jusques à ton lict et la traisneray hors par les cheveux.
Alfonse. Toy! tu la traisneras hors de ma maison par les cheveux ? Par la mort ! je -ne jure pas; il fandroit que tu fusses plus habille homme que tu n'es et mieux accompagné. Entrepren, entrepren-le , pour veoir !
Richard. Hé, Monsieur, laissez-le là ! Voulez-vous ici estriver quatre heures à l'appétit d'un sac perse?
Alfonse. Sac perse toy-mesme! taj-toy, 6e n'est pas pour luy. A qui pense-il avoir affaire ?
a. FiERABRAS. Donc tu penses que je ne sois homme pour faire. ..
b. Alfosse. Je pense que tu ne me sçaurois faire que...
a cela et autres choses aussi cent mille... b. la moiie, encores en cachette, et quand tu te...
a. fois plus grandes, jusques à t'en...
b. vondrois efforcer de le faire, tu verrois , qnoy?
a. faire veoir l'espreuve.
fa. Que ma Renée t'appartienne?
y% LàKIYBT.^
FiERABRAS. Qaelle Renée? cestai-cy me pense faire perdre mes ambles?
Alfonse. 0 que ta te mesles de beaucoup de choses !
FiERABRAS. Voire toy.
Alfonse. Me veux-tu croire? va-t'en à tes' affaires et ne te mesle point des miennes.
FiERABRAS. Gomment, des tiennes? Gestes-cy sont-ce pas les miennes? Qu'en despit de la chienne, de la mastine, de la louve, de la..., à peine que je ne dy.
Alfonse. Ne rinjuriez point!
FiERABRAS. Si je pensois que pource que j'ay dict tu pensasse dire chose qui peust offenser rhonneur du moindre cheveu que j'ay en la teste...
Alfonse. Que me ferois-tu ?
FiERABRAS. Je sçay bi^i quoy , je ne te dis autre chose.
a. Alfonse. Brave si tu peux, je ne te crain ; et si...
b. FiERABRAS. Voyez comme il parle 1 0 ciel ! à ce que...
a. tu ne t'ostes d'ici ou bien tu ne...
b. j^ voy, tu ne scais les choses que j'ay...
c. Richard. Hé, Messieurs ! que celuy qui a plus de...
a. reserres la langue entre tes dents, je te...
b. faictes en Perse, car tu pai*lerois plus...
c. cervelle, le monstre. Retirez-vous, monmaistre; si vous...
a. ferây charger de boys, comme tu le mérites, sans...
b. sagement. Mais je cognois bien que tuas...
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c. M^artz rien dû sien, que vous demande-il ?
a. que tu saches d'où cela Tiendra.
b. aiyie que je te face cognoistre que je suis. Alfonse. Que dis-tu, faire cognoistre?
FiERÂBRAS. Que dis-tu, faire charger de bois? ÂLFONSE. Que me feras-tu? dy un peu.
FiERABEAS. Dy le toy-mesmes.
Alfonse. Fay que je t'entende.
FiERABRAS. Mais toy, que je te Foie dire encore un coup.
Richard. Je vous prie parler d'accord , sans faire icy assembler tant de peuple.
FiERABRAS. S'il ne me rend ce qui m'appartient, comme yeux-tu que je me taise?
Alfonse. Si je n'ay rien à toy, comme yeuxtu que je te le rende?
a. FiERABRAS. Comme peux-tu niei* que, te demandant tout à ceste heure ma sœur Magdelaîne,
b. Alfonse. Quelle sœur ? quelle Magdelaine? va en la malheure,
c. Richard. Voulons-nous estre encore icy longuement? Si vous...
a. tu as dict qu'elle estoit chez toy. Yoy comme...
b. que Dieu t'envoye ! voyez un peu quel beau service...
c. ne laissez tout cela, je vous jetteray de la boue.
a. tes propos se rapportent !
b. cestui-cy me faict ce matin.
FiERABRAS. Ce n'est de merveilles si tu
criois bien haut, tu as une armée cachée en ta maison.
74 Larivey*
Alfonse. Une poignée de gens semble une armée à tes semblables.
Richard. Monsieur, entrez au logb;yous nV vez point dlionneur quereller contre cest éventé.
FiERABRAS. Allez! allez ! nous Yous trouverons bien ; vous ne serez pas toujours si forts , non , et deussé-je vous venir chercher juscpies chez vous et vous en tirer pièce à pièce.
Alfonse. Entrepren-le seulement.
FiERABRAS. Quand je n^aurois qu^une dague en une main et Tautre main lyée sur le dos, et que tu fusses armé jusques au dentz, je te ooâibattrois ; mais il ne m aviendra jamais estriver contre aucun que je ne Testropie pour le moins d'une jambe.
Richard. Le moindre mal est tousjours bon ; que ferois-tu?
FiERABRAS. Par la mort! 0 vertu! je ne sçay que je doy faire , je suis en si grande colère, que les chienà ne mangeroient pas de ma chair, tant elle leur sembleroit amère.