‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 22 sur 158 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Nicaise^ Jkerosme,

NiCAISE.

'ay autres fois en beaucoup de choses ) esprouvé la fortune contraire, mais je ) la trouve maintenant très adversaire et , ^ J plus ennemye que jamais. 0 ciel! ô terre ! ô cité plaine de voleurs !

Les Jaloux, Comédie. 75

Jhbrqsiie. Je désire entendre s'il est yray qu'on ayt ravi la fille au sire Nicaise. Ha! le yoicy: Bonjour, comp&re; quel vent vous pousse ^ matin par ces quartiers ?

Nicaise. Helas! je suis si transporté que je ne sçay où je vas ni d'où je viens.

Jherosmb. Vous me semblés tout fasché.

Nicaise. Si je le suis! j'en ay occasion.

Jherosme. Dictes-moy, est-il yray ce que j'ay oy dire de ce jeune homme dYcy près et de yostre

Nicaise. Je n^ay pas peur que je ne trouve assez de tesmoins pour le prouver. Je remercie Dieu que la Cour de Parlement est composée de tant de gens de bien qui me feront justice.

Jherosme, 0 Dieu! quand une chose se doit effectuer, rien ne luy manque. Je suis marry, seigneur Nicaise, non seulement pour Famitié que je vous porte , qui est si grande que tout yostre ennuy m'est desplaisir ; mais pour ce que ce malheur s'est rencontré en vous, qui desiriez tant me faire plaisir.

. Nicaise. Cecy vous semble*-il honneste, seigneur Jherosme? vous semble-il que cestuy-cy Pajt faict comme jeune homme indiscret et sans considération ? Je ne cesseray jamais de poursuyvre la justice de ma cause que je ne le voye au gibet.

Jherosme. A la vérité, son audace a esté grande^ mais foxa vous dire ce qui m'en semble, sans en estre* requis, je ne suis pas d'advis que le ponrsnyviez en justice. Bien trouvé-je bon qu'on s'infimne comme etpourqpioy U a faict ceste meschanceté, par ce quje je vous ose asseurer qu'au-

y6 Lariyet.

trefols il a esté en volonté de vous la faire demander en mariage.

Nie AISE. Oy, me la faire demander après le coup ! Je luy feray cognoistre qu'il n'a faict cest outrage à un trespassé. Allons !

Jheroshe. Mettez à part ceste colère, oubliez ceste passion et retournez k vous : car vrayement, si son intention est de Tespouser, prenons le cas qu'il ayt fait un acte de jeune homme.

NiGAiSE. Déjeune homme! dictes de volleur.

Jherosme. Encores pis. Mais laissez -moy dire : Je croy que l'alliance n'en seroit que bonne et honorable, et que vostre fiUe seroit bien pourveue. Je vous prie, soyez content que j'alle parler k luy, car je me veux employer en ceste affaire, et m'asseure faire en sorte que paisible mariage en réussira.

Nie AISE. Le mariage s'est faict trop tost à mon dam et deshonneur, mais je vous jure qu'il n'est pas où il pense.

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