PROLOGUE
. uand U prmt envie à l'authetr de cesie comédie, 1 quHl dénre presentemenl vous faire veoir, H aem» [ bloU quoêi que ce fiai à regret, pour es qu*il luy * esioit advis qu'etle n^estoit bien parée ny agencée cctHttte il désiroiif affim de voue donner^ Messieurs et Dames, quelque agréable contentottenl, encores qu'elle soil toute simple, ne dressant ses actéous qu'à la constance, du nom de laquelle il l'a voulu nommer. Je sçay bien que plusieurs ne pren-nent goust qu'à l'antiquité, dont ils font si grande estime qu'ils la logeroient volontiers au ciel, blasmant tous ceux qui ne les ressemblent et ne sont de leur opinion. Autres veuUent que, comme les aages sont variables et diffèrent l'un de l'autre, et ajoutant qu^aujourd'huy l'on n'use des mesmes choses dont l'on usait il ff a vingt ans, qu'ainsy les modernes comédies ne do^ vent être pareilles à cOles qui estoient il y a mil six cens ans passes et plus, nostre vivre n'estant pareil au leur. Ceux-là disent qu'en Grèce ou à Romeonusoit d'un autre langage, d'au" ire façon de vivre, d'autres costumes, d'autres loix, et, ce qui importe le plus, d'une religion toute contraire à la nostre chrestienne et catholique, et autres finalement ne s'en esloignent du tout, encores qu'ils se soient oubliez aux reigles, préceptes et usages qu'ont tenu les anciens recommandables comiques, qui seront tousjours prisez et estime» d'un chacun; mais, quoy qu'il en soit, il faut surtout que les comédies soient faictes pour tnëtnife, et encore pour donner plaisir, Parquoy, pour revenir à
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noatre propos, il est malaisé pie les hommes puêasmt faire «ftoM qui agrée à un chacun^ l'un ayant les aureiUes sourdes^ Vautré les yeux esblouys^ et cesluir-cy Vesprit esgaré en ses fantastiques contemplations» Cestpourquoy nostre autheur, qui en eecy a voulu imiter les Latins, les Itaflens, et autres comiques tant anciens que modernes, portera patiemment le blasme qui luy pourroii être imputé par aucuns, qui, par avanture, en ce récit penseront estre blasmez, à quoy il n*a jamais pensé. Se diray bien que, si quelcun a opinion n'estre vray semblable ce qui est raconté de la bonté et fidélité des femmes et des hommes intro^ duicts es actes de la scène, peut estre parce que peu souvent se trouvent des femmes si chastes et fidelles, et des hommes si rares en bonté, ce néanmoins {recours aux histoires) s'en trom^ vent plusieurs de Vun et Vautre sexe qui ont esté, et en y a encores à présent qui sont semblables aux nostres en amour, foy et exemple de chasteté, Quoy qu*il en soit, Vautheur vous prie accepter sa bonne volonté, requérant un chacun prendre place et se disposer à entendre patiemment et sans bruit ce que veut commencer à dire Biaise, qui sort avec le Pédant. Les voicy : ouvres les oreilles, et vous orrez conter merveiUes,
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