ACTE U, SCÈNE I
dire^ c'est un garçon sellier, partisan juré de Tautrc troupe. Quel infâme tapageur! C'est lui, oui, c'est lui qui est cause qu'on a sifBé la comédie intitulée le Monstre le plus épouinnUable de la mer de Calédonie , et qui était pourtant l'œuvre d'un tailleur, [tfodie parent d'un de mes vmsins; mais je promets à ce paltoquet...
DOUA MARIQUITà.
Ah ça ! quelles histoires nous contez-vous lé ? Votre bandit n'est nullement le personnage dont je veux parler.
IN>N SÉRAPIO.
Si fait ! un grand, une mauvaise figure, avec une cicatrice qui lui prend...
D0I9A MARIQUITA
Mais puisque je vous dis que ce n'est pas celui-là .
DON SÉRAPIO.
C'est bien le plus monstrueux escroc... Et quelle vie il a fait passer à sa pauvre femme ! La malheureuse! il la rudoyait autant qu'im chien.
DON A MARIQUITA
Mais puisque ce n'est pas celui-là, encore un coup ! Rengainez donc votre sainte colère ! Mon persoftnage à moi était un cavalier des plus distingués, ne portant ni manteau ni balafre, et n'ayant pas le [rfus léger trait de ressemblance avec votre escroc.
DON SiRAPIO.
Bien, bien; mais laissez-moi vous dire! J'ai unr envie de tous les démons de taper sur c(* sellier. Oh ! il ne se montrera pas ce soir au parterre, ou mor-
bleu ! . . . Mais il fallait me voir Tautre jour 1 Comme nous hii avons jeté de la boue au visage, là-bas, sur la place Saint-Jean ! Figurez» vous qu'il soutenait que l'autre troupe était la meilleure, et que nul ne s'aviserait de l'interrompre. Et maintenant (ns^aaned.} voulez-vous connaître le secret de tout ce bel enthousiasme? C'est que, les dimanches soir, mon individu se rend, avec d'autres drôles de son espèce , au logis de la Ramirez ; et là , ik se mettent à jaser dans l'antichambre avec la suivante. Piûson se dépêche de leur servir quelques maigres tranches de fromage, ou quelques poivrons au vinaigre , ou quelque autre drogue de même sorte. Là-dessus ils s'en vont claquer , comme des possédés, aux places de balcon et aux stalles de pourtour. Mais ils ne l'échapperont pas ; nous avons tous formé une ligue, nous autres les amateurs d'ici , et , à la première comédie qu'ils massacreront sur l'autre scène, n patatras ! sans trêve ni rémission , nous ferons i crouler la salle sous un ouragan de sifflets ! Nous verrons alors...
DOItA MARIQUITA.
Oui , que verrez-vous , si ces enragés vous de- \ vancent en politesse , et commencent la sarabande | avec la comédie de ce soir ?