‹ Les ComédiesChapitre 135 sur 405 · ACTE U, SCÈNE VU. 20i · texte numérisé non relu

ACTE U, SCÈNE VU. 20i

PÉPÉ

Dame! je veux bien, si ces messieurs...

DON A AGUSTINA.

Non , non , il n'est pas nécessaire .

DONA MARIQUITA

Ainsi , ma sœur, vous allez mieux ?

DON ÉLEUTÉKIO.

Tu te sens soulagée ? '

DONA AGUSTINA.

Oui, un peu.

DON SÉRAPIO.

Ah! sur ma foi, un coup pareil est &it pour émouvoir.

DON ANTONIO

Mais ne pourrait*on connaître la cause de cette défaillance ?

DON ÉLEUTÉRIO.

La cause, monsieur! la cause! Parbleu! c'est qu'il y a une race de serpents et de malintentionnés... C'est que... Oh! tenez, ne me parlez pas de ces gcn&-là , car, voyez-vous. . . Les infâmes ! Quand donc leur a^t-on offert une comédie plus parfaite ?

Ah çà ! mais je n'y suis pas encore.

DONA MARIQCITA.

Écoutez, monsieur; l'histoire est bien simple. Ce jeune cavalier est à la fois mon frère, le mari de cette dame, et malheureusement aussi l'auteur de la maudite pièce qu'on a représentée ce soir. Nous sommes donc allés pour la voir ensemble; mais

20i LA COMÉIME NOUVELLE, OU LE CAFÉ.

lorsque nous sommes arrivés, on en était déjà au second acte. Là H y avait d'abord une tempête, puis un conseil de guerre, puis un ballet, puis un enterrement, et vmtera; puis, en dernier lieu, après tout ce tintamarre, vint la scène où la dame parut conduisant par la main un petit garçon, et ce petit garçon et la dame étaient tourmentés d'une faim atroce. Le petit garçon criait : « Maman , du pain ! » Bt làdessus la mère répondait en invoquant Démogorgon et le chien Cerbère. Juste au moment où nous entrions , ce colloque entre la mère et le marmot venait de commencer. Il fallait voir le parterre ! comme il se démenait ! comme on toussait ! comme on éternuait! comme on bâillait! Enfin, de tous côtés, c'était un tapage infernal! Bref, comme je vous Tai dit, voilà la dame qui arrive; mais à peine a-t-elle annoncé qu'elle n'a pas mangé depuis six jours , à peine le marmot a-t-il commencé à crier, a Maman, du pain! » et la dame à répondre qu'elle n'en a pas, que toute la foule, s'il vous plaît, déjà poussée à bout par la tempête, le conseil de guerre, le ballet et l'enterrement, se hâte de monter un nouveau sabbat. Le tumulte s'accroît de plus en plus, les mugissements se propagent de côté et d'autre; et alors éclate une telle décharge d'applaudissements ironiques, et un tel concert de coups exécutés sur les bancs et sur les balustrades, qu'il semblail que toute la salle dAt rouler à terre. On baissa la toile, on ouvrit les portes, et le torrent s'élança dehors, au milieu d'une grêle do jurons. A celte vue,

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