ACTE F, SGÈNK IV
DOM PÈDRE
Oui , parce que vous voulez la faire mourir demoiselle.
LA. TANTE MONIQUE
Qi^elle presse y a-t-il donc à la marier ?
DON PÈDRE
Bravo! Tidée n'est pas mauvaise. Quelle presse?, mais il n'y eu a pas la moindre. Au fait , ma sœur , vous ne vous souvenez plus de vos quinze ans. Quelle presse ? J'adore ce mot-là !
LA TANTE MONIQUE
Je parle sérieusement.
Allons , voilà déjà que vous commencez à divaguer, et les affaires de cette nature demandent de la réflexion et de la prudence. Il est nécessaire qu'elle fie marie.
LA TANTE MONIQUE
Je ne tiens pas à ce que ce soit avec un va-nnpieds.
DON PÈDRE
C'est fort bien. Mais considérez que si elle s'établit selon mes désirs , tout ce que je possède lui reviendra. Léonardo, ma sœur, est un garçon de talent, et plein de bonnes qualités. A Madrid, par les soins de son oncle, il a reçu une éducation excellente ; et lorsque la mort l'a privé de son bienfaiteur, il a renoncé aux projets ambitieux. 11 s'est dit que le produit de sa terre habilement administrée, et, avant tout, ses goûts modestes, pourraient
su LE BARON.
lui assurer une vie heureuse. Alors il est venu ici réclamer la réalisation de la promesse que vous lui aviez faite de la main d'Isabelle. Nos deux jeunes f^ens souhaitent ce mariage ; le village entier se réjouit déjà de leur prochaine union ; et vous l'avez promis , ma sœur !
LA TANTE MONIQUE
Sans doute ; mais souvent les choses gagnent à être méditées. Et tenez. . . je sais ce que j'ai à faire, et je n'ai pas besoin que vous veniez ici me prêcher morale.
DON PÈDRE
Le ciel m'en préserve ! Vous agirez d'après vos inspirations; mais songez qu'il y va du bonheur de votre fille. Ne la tyrannisez pas , n'étouffez pas sa volonté. Croyez-moi, ma sœur, on ne réussit point par des cris et par des violences à éteindre, en un jour, une passion honnête que la mutuelle estime et les années ont rendue inaltérable.
LA TANTE MONIQUE
Soyez sans crainte. . . je m'y connais.
DON PÈDRE
Adieu !
(Tous deux ae lèrent.)
LA TANTE MONIQUE
Dieu vous garde!
DON PÈDRE , à part.
Quelle tête de fer ! ( Haut. ) Je vais aller compter les