ACTE I, SCENE IX
LA TANTE MONIQUE
Comme il vous plaira; mais n'espérez pas fléchir don Pèdre : il est têtn en diable!
Si celte peur nous arrête , que ferons-nous , je vous prie? Supposez que mes équipages arrivent, que le village se remplisse de postillons et de valets, que mon cousin l'archiduc, refusant d'entendre raison, m'enlève pour la cour... Et Isabelle? et mon amour? Allez , un grand seigneur sans argent est vtn pauvre.sire. Maudit argent ! v«\ , oui , maudit sois-tu !
LA TANTE MONIQUE
Pour assurer votre fuite, suffirai tril...?. Maisi tenez... c'est trop peu de chose, et je rougis presque de vous en faire l'offre. J'ai là cent doublons : s'ils pouvaient vous servir. . .
(Elle tire de sa poche te rouleau que lui a apporté Pascal. Le baron le preâd. )
LE BARON
Donnez toujours!... En or? bien, fort bien. Cela ira comme il pourra. Sur une mule, ma foi!... Aussitôt débarqué, mes ordres sont promptement suivis. Le majordome vous amène un carrosse qui s'arrête à TEnnitage , pour entrer à lUescas lorsque tout le monde sera plongé dans le sommeil. Et d'abord mon homme vient vous avertir, vous et votre fille. Prévenues comme vous le serez, vous partez à deux heures du matin, par la nuit fraîche; et, en crevant six attelages , vous êtes à huit heures et demie rendues à Montépino. lÀ, mon chapelain dit un bout
Sne LE BARON.
de messe, il nous unit, et, si besoin est, il nous bénit ' ; et à dix heures vous êtes ma mère !
LA TANTE MONIQUE
Mais , monseigneur^ . . !
Que craignez-vous?
LA TANTE MONIQUE
Rien. . . Est-ce un rêve ?
LE BARON
. Il sera bon de disposer tout ce qui est nécessaire. Pour ma part, je ne resterai pas les bras croisés... et . . Que je ne vous retienne pas, madame !
LA TANTE MONIQUE
Très-bien. (A part, en 8*en aUant.} Je ne sais plus où j'en suis; j'en perds le jugement... Folle! folle!... . J'en tremble de la tête aux pieds! (EUe sort.)
LE BARON , se promenant avec un air maussade.
Ah! je suis las de mensonges! Cette vieille a beau dire... Je veux le voir, et si au bout du compte il doit payer la dot, qu'il se dépêche, car je suis pressé. On palpe les écus, et bonsoir Illescas! Adieu, sotte engeance ! Il fera du soleil quand nous nous reverrons. Oui , caramba ' .^ . . Et d'ailleurs ce nouveau soupirant, qui est sans cesse sur nos talons, ne me va pas du tout.
> Nw vda : c'est une cérémonie complémentaire de celle du mnriage , et qui sert à le consacrer plus fortement. 'Voir la note pape 51.