ACTE 1, SCÈNE Vif
DON ROQUÉ.
Je vois qui tu veux dire. Et c'est précisément aujourd'hui que ce monsieur choisit son temps pour me payer?
MUJiOZ.
Il parait qu'il va s'embarquer à la première brise.
DON ROQUE
Alors il n'y a pas beaucoup d'instants à perdre. Ainsi, pour une misère, vous paurrez tourmenter un honune et le faire sortir de sa maison, selon votre bon plaisir ! Toi aussi , Muâoz , tu n^es qu'un propre-à-rien dans des circonstances pareilles. Quand il s'agit de jeter quatre lignes sur une feuille de papier, tu restes coi ; lorsque je te fais chercher une lettre, tu ne parviens même pas à en déchiffrer l'adresse. Oh! oui, ton pauvre maître...
Mu5;oz.
Mais je veux bien que la peste m'étouffe si vous ne savez pas tout cela depuis un siècle. On voit trop clairement, monsieur, que vous avez soif de disputes. Si je n*y connais rien , que faire à cela? La farce est bonne de venir maintenant , sans rime ni raison, comme un vieux coq, me lancer votre coup de patte !
Hé quoi, Munoz, tu te fâches pour si peu? Je disais cela, parce que s'il y avait moyen que tu pusses m'aider dans certaines choses. .
Mu5ioz.
Au diable la trouvaille! ce serait vraiment beau!
PON ROQUE
Allons, Munoz, ne t'irrite pas. Tiens, voici une prise.
Que la fièvre la hume votre pincée de tabac! j'en ai sur moi.
DON ROQUE
Mais jette donc cela ; c'est du vil rebut !
MU^OZ
Et si je l'aime, moi , le rebut !
DON ROQUE
En voici de ce fameux plant dont usait le père de la Merci *... Tu te rappelles?
(Il passe la tabatière à Munoz, qui, la trouvADt vide, la rend à don Roque. )
MU^OZ
Il n'y a rien dans votre boîte !
DON ROQUE
Ah! c'est juste. J'ai oublié de mettre du tabac dans la tabatière. Mais sois tranquille , j'en mettrai plus tard.
UVfiOZ , à part, en s*en allant.
Que la foudre t'écrase , toi !
(II sort.)
* Ordre de la Merci , institué pour la rédemption des capUfs réduits en esclavage par les Algériens.