‹ Les ComédiesChapitre 183 sur 405 · ACTE II, SCÈNE !V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE !V

LE BARON

Mais qui donc serait assez osé... ?

DON PÈDRB.

Il y a , de par le monde, des fripons qui vivent d*intrigues et de machinations.

LB BARON

Que m'apprenez-vous là ?

DON PàDRK.

C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire, monsieur le baron. Mais, ma foi, les issues sont bien gardées, et j'espère...

LE BARON

Grand Dieu! qu'estril survenu? que se trame-t-il donc?

DON PÈDRE

Oh! une misère. Certain individu, qui ignore, à ce qu'il parait, à qui il s'adresse, s'est mis à mentir, à soustraire de l'argent, et à abuser ma sœur par des flatteries. Il jette la discorde au milieu de notre famille, il cause mille malheurs. Mais le coquin qui nous traite de la sorte n'a qu'à prendre garde!... Ou il fera amende honorable ce soir même, ou je vous invite pour demain à son enterrement.

LE BARON, d'une voix troublée.

Se peut-il?... Mais... mon bon, mon cher monsieur, me permettrez- vous de me retirer? J'ai à écrire... Et si j'ai été pour vous voir... c'était uniquement pour avoir le plaisir de vous voir ! D'ailleurs... en outre...

DON PÈDRB.

Il suffit.

±m LE BARON.

LK BARON

Allez, don Pèdre, j*ai la cêrtitade que des entreprises plus difficiles encore s'aplaniraient aisément devant la sagesse consommée qui vous caractérise. Néanmoins, s'il vous était agréable de vous prévaloir de mon influence, croyez que ce serait pour moi une bien douce satisfaction de concourir de tout mon pouvoir, de tout mon crédit , à la réussite de vos projets.

DON PÈDRE

Fort obligé !

LE BARON

Je me sens entraîné vers vous, monsieur; et je ne saurais vous contempler sans me souvenir de Péro Nuûez de Vargas, mon bisaïeul. Son portrait, qui se trouve dans ma galerie, vous ressemble tant, mais tant!... «

BON PÈBRE.

Est-ce bien possible?

LE BARON

Oui , c'est la même douceur de regard , les sourcils bien arqués, et ce nez prolongé et vigoureux...

DON PÈDRB.

Quelle fatalité! qui jamais aurait pensé...?

LE BARON

Quoi donc?

DON PÈDRE

Je dis qu'il faut jouer de malheur. Comment, on est un grand et puissant, seigneur, et tout cela pour ressembler à un pauvre diable ! Mais c'est une moquerie.

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