LE BARON, LA TANTE MONIQUE
LA TANTE MONIQUE
Qu'estrce qui m*arrive donc , grand Dieu ! ... Oh ! de grftœ, cher baron de mon àme, que signifie... ?
LE BARON.'
Simple moyen d'expérimenter si la ruse peut parvenir à calmer Tenvie , la haine et la ftireur de ces insolents.
LA TANTE VONIOCB.
Vous dites?
LE BARON
Mais que c'était une légère feinte. Sachez que lorsque je promets , moi , c*est pour tenir. N'ayez pas peur.
304 l^E BARON.
LA TANTE MONIQUE
A mesure que vous parliez , je me sentais mourir y je succombais ! Si Ton me saignait en ce moment, on ne trouverait pas une goutte de s^ing dans mes veines.
LE BARON
Je le crois. Mais mon seul but était de leur jet^r de la poudre aux yeux.
LA TANTE MONIQUE
Vous avez bien et très-bien fait !
LE BARON
La précaution n'était pas superflue. Écoutez donc ce qu'il est indispensable de faire encore. Demain, je passe la journée à l'auberge; tnais, vers la tombée de la nuit, je sors d'Illescas. Je laisse à Tolède ma mule , confiée aux soins de l'archidiacre ; je m'empare de son coche , et un attelage de six bétes me transporte , ventre à terre , avant la chute du jour, à Parme , un tout petit village , le premier que l'on rencontre dans mes États , après avoir traversé le lac de Nicaragua. C'est aujourdliui lundi, bien; je serai mercredi chez moi; jeudi... vendredi... Oui, voilà mon compte. Soyez préparées, vousetviMce fille, tenez tout disposé; et samedi, pour sûr, vous verrez arriver à minuit une lettre qui vous sera remise par mon intendant. Puis aussitôt, suivies du majordome et d'un nègre, vous fuyez ces lieux, vous trouvez mon carrosse prêt à vous recevoir; et, comme je vous l'ai confié déjà, le dimanche toutes