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SCÈNE II

DON LUIS, DON CLAUDE

DON LUIS

Ëh bien 1 il est temps de rentrer à la maison. Nous avons laissé attendre pour toi le souper jusqu'à onze heures, et en définitive tu n'as point paru. Ne t'avise plus jamais de faire ainsi le déserteur pendant la nuit.

DON CLAUDE

Le i'uit est que je me suis attardé non loin de chez

Yous^ au domicile d'un de mes amis, qui se voit affligé d'une toux très-opiniâtre, d une forte fièvre, et d'une...

DON LUIS

Attention ! . . . Pareille chose ne t'arrivera plus, ou ce sera peine inutile de revenir, car tu trouveras les portes closes et tes effets déposés à l'auberge. Il faut, en conscience, que tu n'aies pas le moindre tact, pour qu'hier, chez don Juan (et note bien que c'était ton premier début dans cette demeure), tu te sois livré à de si folles incartades. Fumer là où personne ne touche un cigare ; siffler, se frotter les jambes l'une contre Tautre; nettoyer du doigt les petites tasses . de chocolat , et les lécher encore ; puis interrompre, quand on parle, le reste de la société, et ne point proférer une seule réponse qui accuse soit du discernement , soit de la réflexion ! Qu'est-ce que c'est que ces lourdes fadaises que tu débitais ? et qui t'avait permis de courir à travers la maison, de faire fondre le beurre dans la cuisine, et d'arroser le chat avec une cuve d'eau bouillante?

DON CLAUDE

De cette façon, lorsque j'irai quelque part, je saurai que je dois m'y comporter comme une bAchc. Si vous nous ôtez ainsi toute liberté...

DON LUIS

On ne vous l'ftte pas, la lil)erté; mais elle doit avoir pour limites le respect et la prudence.

DON CLAUDE

Alors je ne sais plus comment nie tenir. Si nous

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